erika moulet

Des jolies filles à la télé, ca n’a jamais manqué. Depuis l’époque des speakerines, des potiches du Juste Prix ou du Télé achat, il n’était pas difficile de les observer sur le petit écran. Aujourd’hui, on peut aussi les entendre sur les chaînes d’informations comme iTélé ou LCI. Faut-il s’en réjouir et y voir un signe d’évolution des mentalités, un pas de plus vers la parité ou ces belles plantes ne serviraient-elles qu’à cacher la forêt des discriminations ?
Surnommées les « new babes » par GQ, les jolies journalistes déferlent sur les chaînes infos.

A ce jeu-là, les chaînes privées semblent avoir des viviers sans fond dans lesquels puiser. Ainsi sur iTélé, on trouve Anne Solenne Hatte, Amandine Bégot, Capucine Graby, Lorraine Denis.
Sur LCI, Erika Moulet, sur Canal +, Emilie Besse, Ele Asu, sur M6, Claire Barsacq, Melissa Theuriau, Celine Bosquet, sur W9, Sidonie Bonnec, Marie-Ange Casalta et sur Direct 8, Clélie Mathias.
France 2 n’est pas en reste et les présences de Marie Drucker, Tania Young, Sophie Le Saint ont considérablement féminisé et rajeuni la chaîne publique.
Ce qui ne devait être qu’une vague de jolies journalistes est en fait un raz-de-marée.

Si les miss météo sont aujourd’hui en concurrence avec les journalistes, cela impacte-t-il le traitement de l’information ?

Une réalité cachée

Si sur la forme, les journalistes sont plus nombreuses à l’image, le fond, lui, ne change pas. Les femmes ne sont pas crédibles l’information. Les hommes oui. C’est du moins ce qu’on peut penser en observant, les analystes, les experts qui commentent l’actualité et qui sont à majoritairement (70%) des hommes. Statistiquement, plus un sujet est sérieux, moins les femmes sont présentes et plus leur temps de parole est court.
Lorsqu’elles apparaissent à l’image, les femmes sont sollicitées pour des rôles de victimes ou sur des sujets « légers ». Lorsqu’on aborde le pouvoir d’achat, vous n’échapperez pas non plus à l’interview « femme au foyer qui fait les courses et les comptes ».
Parallèlement, sur les plateaux de talk-shows, les femmes apparaissent majoritairement derrière les invités homme, c’est-à-dire dans le public.
Loin des réalités encore, elles sont souvent sélectionnées sur casting et permettent apparemment à l’œil du téléspectateur de se reposer lorsque le discours est fatiguant.
Pour l’anecdote, si vous faites attention, les filles du Canal Football Club sont souvent les mêmes d’une semaine sur l’autre, placées et habillées différemment. Elles s’occupent du vestiaire.

On n’attire pas les mouches avec du vinaigre

Derrière l’argument de vente évident que représentent ces journalistes (elles ne le sont pas toutes d’ailleurs), on peut s’interroger sur le bienfait de leur présence.
On se rassurera en pensant qu’il vaut mieux une femme journaliste qu’une femme objet qui retourne des lettres sur un plateau de jeu.

Mais on ne peut s’empêcher de se dire que si elle n’avait pas eu un physique avantageux, elle n’en serait pas là, que finalement le talent ou le professionnalisme importent peu. Je me demande ce que pense les intéressées? Et si on faisait le même procès à Laurent Delahousse?

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  1. Même si je suis a priori « plus que prompt » à applaudir sans réserve cette forme de « Racolage cathodique éclairé », je ne peux de fait m’empêcher de penser que ce formatage plastique imposé reflète aussi (fatalement ?) un formatage idéologique du discours médiatique dominant . . .

    à Bientôt, Antoine

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Société

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