Ernesto Miranda…« tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous devant un tribunal. Vous avez le droit à un avocat et si vous ne pouvez pas vous en payer un, un avocat vous sera commis d’office».

Tout le monde a déjà entendu cette phrase, une des plus célèbres du cinéma américain. Pourtant peu savent pourquoi elle est prononcée ni qu’on la doit à Ernesto Miranda, un criminel de l’état d’Arizona en 1966.

Celui qui a déjà vu une série ou un film policier américain, a forcément entendu ce paragraphe prononcé au moment de chaque arrestation. La scène s’accompagne généralement d’un passage de menottes en règle, c’est à dire la tête sur le capot de la voiture ou le genou entre les homoplates. Si le méchant est vraiment méchant, un flingue sur la tempe n’est pas superflu.

A l’origine du droit Miranda…

… on trouve un criminel, Ernesto Miranda.
Dans les années 60, cet homme d’une vingtaine d’années, enlève et viole plusieurs femmes. Possédant déjà un casier judiciaire bien rempli, l’homme est retrouvé et arrêté par la police, puis avoue ses crimes sans présence d’avocat. Cependant, il se trouve que Miranda n’a pour niveau scolaire que celui de l’école élémentaire.

Si la Justice va bien condamner Miranda pour ses crimes, elle retiendra toutefois que les aveux d’un homme ne peuvent pas être obtenus sous la contrainte et les invalidera. En se basant sur les Droits civiques américains, la Cour Suprême décidera donc que « nul n’est tenu de témoigner contre soi-même » et que « l’accusé a droit à un avocat ». En clair, parler c’est témoigner et vous n’êtes pas obligé d’avouer.

Miranda rights

C’est ainsi que les droits Miranda doivent être annoncés à n’importe quelle personne en état d’arrestation.

« You have the right to remain silent. If you give up that right, anything you say can and will be used against you in a court of law. You have the right to an attorney and to have an attorney present during questioning. If you cannot afford an attorney, one will be provided to you at no cost. During any questioning, you may decide at any time to exercise these rights, not answer any questions, or make any statements. »

« Vous avez le droit de garder le silence. Dans le cas contraire, tout ce que vous direz pourra et sera utilisé contre vous devant un tribunal. Vous avez le droit de consulter un avocat et d’avoir un avocat présent lors de l’interrogatoire. Si vous n’en avez pas les moyens, un avocat vous sera désigné d’office, et il ne vous en coûtera rien. Durant chaque interrogatoire, vous pourrez décider à n’importe quel moment d’exercer ces droits, de ne répondre à aucune question ou de ne faire aucune déposition. »

Pour les états frontaliers, les officiers peuvent traduire ces droits et même rajouter : « Si vous n’êtes pas citoyen américain, vous pouvez contacter votre consulat pour n’importe quelle question ».

En Virginie, on précise que ces droits n’ont pas de limite de temps et qu’il est possible « de mettre fin à l’interrogatoire à n’importe quel moment et d’exercer son droit au silence ».

Enfin, dans certains états, les policiers demandent une confirmation:
« Comprenez-vous les droits que je viens de vous citer ? »
« Avec ces droits en tête, souhaitez-vous me parler ? »

Et ailleurs?

Dans la plupart des pays occidentaux, les personnes interpellées ont les mêmes droits élémentaires. Elles sont notamment informées du crime ou du délit pour lesquelles elles sont arrêtées, elles peuvent demander un avocat et garder le silence. Pour les personnes étrangères, l’assistance ou la présence d’un traducteur est requise.
Selon les pays, vous pourriez également avoir droit à un coup de fil à un ami.

Désormais lors de votre prochaine arrestation, vous repenserez que l’on doit ces droits civiques élémentaires… à un criminel.