# Il n’y a plus de style
Dans nos maisons et appartements on mange sur une table en verre d’inspiration industrielle, on regarde la télévision dans un canapé aux lignes minimaliste posé à côté d’un fauteuil Louis XIV, à la lumière d’une lampe baroque. Et la cuisine est composée d’éléments bricolés pour donner ce côté fait main si tendance.
Les filles dans la rue abordent leggings 80’s, paletots à la Jackie Kennedy ; pour les chaussures il y a le choix, derbys masculins, ballerines, escarpins très Dita Van Teese ou Van’s pour les plus décontractées. Idem chez les hommes ou le street wear façon Abercrombie côtoie le costume 40’s tandis que les jeunes tecktoniks se font des battles avec des fans de hip hop, méprisés par les jeunes rockeurs à mèches dans leur slim.



Design, architecture, mode : la profusion des styles a tué le style. Il n’y a plus de courant dominant, plus de style leader. On mélange les genres sans complexes, confortés dans nos choix par une offre hyper-abondante.


Mais que retiendrons-nous des années 2000 ? Dans 10, 20 ans qu’elle image nous viendra immédiatement en tête ? Si l’on reprend l’exemple de la mode, j’ai le sentiment que chaque saison ne fait que revisiter les décennies passées.
Pour certains, c’est le symptôme d’une société en manque de culture, de réflexion. On pioche un peu partout parce que finalement rien ne caractérise notre société, elle est en quête d’identité.
C’est peut-être aussi parce que notre société n’est plus aussi uniforme que par le passé. « La masse » n’existe plus, nous sommes des sommes d’individualités (pour preuve la disparition du terme « la ménagère de moins de 50 ans », qui ne veut plus rien dire). C’est le syndrome Internet. Il faut de tout pour tout le monde, il faut parler à toutes les « niches ».
Mais rentabilité oblige, il faut séduire le public le plus large possible. Au final, les marques font un peu de tout, pour plaire à tout le monde, mais personne n’ose plus, personne ne prend plus de risque. Et plus rien n’est nouveau.
Revisiter le passé, c’est une façon de ne pas avancer, de ne pas regarder devant nous. Comme si l’avenir nous faisait peur. Si cette hypothèse est la bonne, peut être que la nouveauté, le style, reviendront avec l’optimisme.
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# Facebook et moi
A l’apparition d’un nouveau service, les early-adopters se répartissent en trois groupes : les « pour », les « contre », et les « analystes »…
C’est le cas, pour Facebook depuis quelques mois. Tandis que certains deviennent addicts, d’autres se lassent. Comme d’habitude, il y a des débats, mais au final des usages émergent.
Pout tout savoir sur Facebook, je vous renvoie chez Aziz, docteur es Facebook.
En ce qui me concerne, je l’utilise surtout comme outil de «marketing personnel ». Je choisis ainsi les informations que je souhaite rendre disponibles et celles que je veux mettre en valeur : contact, lien vers mon blog, notes importées…
Deuxième utilisation, Facebook est pour moi un moyen de centraliser mes contacts (amis, contacts pro, blogueurs, agences…) et de suivre leur évolution. L’outil ne permet pas encore de trier ses contacts (pro, perso…) et de choisir les infos que j’autorise à afficher à ces différents groupes de personnes. Donc en ce qui me concerne, je fais l’impasse sur les applications ludiques de facebook. Je ne souhaite en effet pas de mélange des genres : pas queestion qu’un chasseur de tête voie mes photos de vacances, ou que ma hiérarchie sache que mon nom de stripteaser est « John Bootyshaker » ( je ne suis en aucun cas strip teaser, il s’agit juste d’une application Facebook existante !).
Par ailleurs, j’ai récemment créé le Facebook Group okcowboy. Mon souhait serait d’y regrouper mes lecteurs, de les découvrir. J’aimerais également proposer un contenu complémentaire à celui du blog. En somme, créer une communauté…
Pour acéder à mon profil, c’est ici. Et pour le group okcowboy, c’est là. J’espère vous y retrouver prochainement.
# En voyage avec Catherine Deneuve et Louis Vuitton
Après André Agassi et Steffi Graf, avant Mikhaïl Gorbatchev, c’est Catherine Deneuve qui nous emmène en voyage sous l’objectif d’Annie Leibovitz.

Journeys de Louis Vuitton. Rien à vendre dans cette campagne internet. Il ne s’agit « que » de faire partager les valeurs fondamentales de la marque : le voyage, la bagagerie de luxe, le raffinement… Chaque intervenant nous raconte une partie de lui, son rapport au voyage et à une ville, on partage son intimité en « fouillant » son bagage…
Cette campagne a le mérite de communiquer « gratuitement » : ici pas de lancement de produit, pas d’opération promotionnelle. Uniquement une communication sur l’univers et les valeurs de la marque. Le luxe, en somme.
Pour ne rien gâcher, le site est impeccablement réalisé, il y a une véritable atmosphère. Le voyage Parisien de Catherine Deneuve sera en ligne le 22 novembre.
# Le beauf sur Internet (6/6)
Revenons pour ce dernier article à Internet, où chacun peut exprimer, consciemment ou non son côté beauf.
- Vous affichez des milliards de widgets, de bannières et de gifs animés sur votre site ou blog. Cela fait de vous un Jacky de l’Internet. Ce sont en effet l’équivalent des néons, des becquets arrière et des autocollants dans le tuning :vous êtes un beauf (ou une fille ;))
- Vous avez un skyblog : vous êtes un beauf.
- « Troller » ou poster des commentaires anonymes pour critiquer (sans arguments), insulter, prouve votre lâcheté et votre étroitesse d’esprit : vous êtes un beauf (parfois juste un con…).
- Vous utilisez un langage SMS limité à 200 mots sur un forum, un site, un blog. Cela équivaut à s’exprimer dans la vie réelle en argot devant n’importe quel interlocuteur : vous êtes un beauf (même si vous avez 15 ans).
- Vos mélangez vos contacts professionnels et personnels sur votre profil public Facebook. Mais surtout vous publiez des photos de soirées trop arrosées ou de vous en maillot de bain. C’est comme être saoul à la fête de fin d’année de votre boîte et de vomir sur les pompes de votre boss ; vous ne savez pas vous tenir : vous êtes un beauf (ou inconscient).
Attention, internet devenant omniprésent dans nos vies, nous sommes toujours à deux doigts de passer pour un beauf sur internet…
Cet article conlut “La semaine du beauf”. Ce que j’ai essayé de montrer à travers ces articles, c’est que “le beauf” c’est toujours celui qui est dans la classe sociale en-dessous de nous. Et qu’à cet égard nous sommes tous le beauf d’un autre. J’espère également que vous aurez relevé les deux niveaux de lectures de ce cycle. Le premier est le regard certes moqueur mais aussi sympathique sur le beauf. L’autre, c’est l’aspect
“trash social”, souvent triste, touchant des familles plus que modestes ayant peu accès à la culture…
# Groland, nation du beauf (5/6)

Depuis 15 ans maintenant, Moustic, Benoit Delépine et Christophe Salengro donnent vie au Groland. Groland est Le pays du beauf. A travers les différentes mises en scènes de
Groland dans les programmes de Canal + (Canal International, le 20h20, Groland Sat, 7 jours au Groland, Bienvenue au Groland) c’est finalement la France profonde qui est décrite : le journal télévisé de la Présipauté est en effet très proche du journal régional de France 3, ou du 13h de TF1.
L’équipe du Groland, constituée de beaufs qui se revendiquent comme tels, est sans concession avec les habitants du petit pays qui sont présentés comme « chaleureux et amicaux mais aussi lâches et alcooliques ». Le grolandais correspond à l’image du beauf traditionnel, celui de Coluche, Desproges et consort…
Regarder le journal de Groland revient à peu de choses près à regarder les infos régionales sur France 3 et le journal de 13 heures sur TF1. Les gens y sont souvent modestes, plus bêtes que méchants, avec un penchant pour l’alcool. Les élus locaux sont des escrocs qui profitent de la bêtise de leurs concitoyens, et les journalistes, plus intelligents
que la moyenne, sont des manipulateurs qui orchestrent l’actualité au profit de l’audimat et de leur confort personnel.
On trouve aussi un parallèle avec les personnes mises en scène dans la télé réalité. Je pense aux invités de Julien Courbet dans ses différentes émissions (les disputes de voisins, les victimes d’escroqueries que l’on sent à 10km…), aux protagonistes de Confessions Intimes etc…Souvent, Groland doit pousser à l’extrême ses parodies pour espérer dépasser la réalité…
15 ans d’émission. Le français se moque du beauf mais finalement le français aime le beauf (à moins que le français aime juste se moquer)
# Beaufs du monde (4/6)
Le beauf n’est pas l’apanage de la France. Fort heureusement. Petit tour d’horizon de ce qu’on trouve à l’étranger.
Le beauf américain. Trois termes désignent les beaufs américains : redneck, white trash et Joe Six pack. Le redneck (cou rouge) est proche de notre plouc national, généralement assimilé à un paysan de l’Amérique profonde. Dans l’imagerie collective, le redneck conduit un pick-up boueux et rouillé, porte une casquette de trucker ainsi qu’une salopette informe et sale. Il est généralement accompagné d’un molosse et ne quitte pas son fusil. On prête aux redneck des mœurs particulières (généralement dans les films d’horreur où ils sont portés sur l’inceste et le viol : voir le très culte Délivrance).
Redneck
participant aux Olympiades Redneck
Le Joe Six Pack ( en référence au pack de bière) a été immortalisé par Homer Simpson et je n’en dirai pas d’avantage.
Le white trash (déchet blanc) désigne les individus les plus pauvres et les moins pourvus d’éducation. Le terme, très péjoratif sous entend qu’ils ne méritent même pas d’appartenir à une classe (d’où le mot trash).
De manière générale, le beauf américain répond à cette définition : “the glorious absence of sophistication.”
Il est à noter qu’aux US, ces termes ne correspondent pas à notre terme, bien qu’ils reflètent la classe sociale et le “lifestyle“.
Le beauf belge : Ci-dessous, le beauf belge ou baraki. La vidéo ci-dessous (tirée de la très bonne émission J’irai dormir chez vous) présente un cas de beaufitude aggravé par un machisme qui nous fait revenir au début du siècle.
J’irai dormir chez vous - Belgique
Le beauf anglais ou « chav ». Il est le reflet de la « trash culture » : bière, pub, foot, anti-intellectualisme, tendance à la violence (merci l’alcool) et le classique combo « homophobie / racisme ». (Tiens, c’est la même définition que « supporter du PSG »). A gauche, une “chavette”.
Le beauf allemand ou “der Spiesser”. J’ai tellement de mal à dissocier les mots « beauf » et « allemand » que je vous laisse faire la description
Le beauf roumain. Si les beaufs sont si présents en Roumanie, c’est surtout à cause de la dictature…
Les nouveaux beaufs roumains sont arrivés en 2004 : ils portent des chemises brillantes fluo, aiment la dance et dansent sur des ailes d’avion…
Votre expérience est la bienvenue pour enrichir cette « base de connaissance » : quid des autres pays?
# Le beauf et la culture (3/6)
Le beauf aime le cinéma. Mais à 8€ la place, il en veut pour son argent. Il faut des explosions, des flingues, des filles et si possibles des voitures qui font des dérapages. Parfois, il se paye aussi un teenage movie, histoire de faire le plein de blagues sexuelles et scato. Il s’orientera donc préférentiellement vers un blockbuster américain.
Et ce n’est pas l’arrivée de Dujardin et Youn qui suffira à changer l’image intello-chiant des films français.
Le beauf aime la lecture. La lecture, pas les livres. De toute façon quand un livre est bon il est adapté au cinéma. Le beauf préfère le magazine. Pour les hommes: FHM, Guts, Max, Entrevue, Choc … de l’actu, de la mode, des reportages … et des femmes à poil. Les femmes préfèrent Public ou Voici : people, conseils minceurs…Ces magazines généralistes suffisent largement à faire le plein d’info.
La presse spécialisée remporte également un franc succès : Tuning magazine, Muscle et Fitness…
Bon, j’avoue, je décris un peu les lectures du beauf évolué. Le beauf de base se contente du programme télé et du dernier numéro des éditions Del Prado…
Le beauf aime la musique. Bien sûr c’est une question de génération et de sexe.
Kevin va spontanément vers la musique électronique (de préférence de la bonne vieille machina ou du hardcore qui exploite à 100% les performances des amplis de la 206 Rallye). Brenda tout comme sa maman Gisèle, connait par cœur les derniers tubes de la Star Ac (dont elle achète tous les singles…mais uniquement les singles). Quant à Jean-Louis le papa, il n’a qu’une idole : Johnny. Bryan, le petit dernier n’écoute pas de musique. En fait si, il écoute toutes les musiques à partir du moment où il peut danser la Tecktonik l’électro danse.

Mais ce que préfère le beauf, c’est la télé. Oublié le bon vieux temps où la famille Groseille crachait sur la présentatrice du 20h. Depuis l’arrivée de la télé-réalité, le beauf et sa famille ont enfin trouvé des programmes de divertissement qui leur correspond : il n’y a pas à réfléchir, les gens parlent comme eux et surtout ils offrent de l’espoir : la célébrité, si éphémère soit-elle…
Ce qui fait de moi le beauf de quelqu’un car je l’avoue, je ne suis pas fan de cinéma français et je peux regarder 4 émissions de real tv d’affilée sur MTV.




