Le retour de la « corporate attitude », avec aujourd’hui le « Bon Sens », ou la chose la moins bien répartie sur Terre avec l’humour.

Problème : Un train de marchandises, composé d’une motrice et de 14 wagons chargés, part de Marseille à 8h35 pour rejoindre la gare de Villeneuve Saint-Georges, plate-forme de triage. Il s’arrête en gare d’Aix-en-Provence durant 5 minutes pour laisser la voie libre à un express puis, il s’arrête de nouveau à Lyon Perrache durant 15 minutes pour changer de conducteur. Il roule cependant à une moyenne de 75 km/h et le trajet total dure 7h30. Une mouche modifiée génétiquement a un comportement particulièrement curieux. Elle part de Villeneuve-Saint-Georges (gare d’arrivée) à la même heure de départ que le train, soit 8 h 35. Elle vole à 200km/h de moyenne et se dirige directement vers le train. Chaque fois qu’elle rencontre le train elle retourne sans délai à son point de départ pour revenir de nouveau vers le train qui bien sûr entre temps a progressé. Elle répète son manège inlassablement jusqu’à ce que le train arrive à destination. Ses allers-retours sont de plus en plus courts et en conséquence plus fréquents. Son parcours peut être représenté graphiquement comme un signal amorti peu à peu.

Question : Quelle distance (arrondie au km) la mouche a-t-elle parcourue ?

La solution à ce problème est, vous vous en doutez, d’une simplicité enfantine. La difficulté de l’exercice repose tout simplement dans le fait que l’information est très dense. Il y a une multitude de détails qui parasitent la résolution du problème.

La vie d’entreprise ressemble un peu à ce cas de figure. Les cas auxquels nous sommes confrontés peuvent généralement être ramenés à des sous-problèmes très simples. Mais on a tendance à considérer qu’un problème sera résolu dans les meilleures conditions si l’on a le plus d’informations possible. Cela semble pertinent au premier abord. Les tableaux de reporting se multiplient dans tous les sens, les tableaux croisés dynamiques prolifèrent, les diagrammes et camemberts se reproduisent à vitesse grand V, car on a tendance à croire que l’information contient la réponse.

Or c’est la question elle-même qui nous dit quelles informations retenir.

Ce qu’il est intéressant de constater, c’est que c’est ce dernier mode de raisonnement qui nous a été enseigné dans notre modèle français. La vie d’entreprise tend à nous désapprendre la simplicité et le bon sens (dans une certaine mesure… ne généralisons pas). Ceci est en partie du au fait que l’information est de plus en plus facilement disponible. Et qui dit disponible, dit forcément utile. Nos amis « marketeux » nous l’ont bien appris.

Par ailleurs, l’erreur n’étant plus possible pour une entreprise dans un contexte concurrentiel fort, on se dit que qui peut le plus peut le moins…

Résumons nous, pour avoir la Corporate Attitude, il faut faire preuve de bon sens : recensez et analyser l’information avec toujours cette idée en tête : « Où dois-je aller ? ». Mais comme mon propos n’est pas de vous mettre en porte à faux avec votre hiérarchie, n’oubliez pas d’avoir une batterie de tableaux dynamiques en back up…

Enfin, j’attends vos réponses au problème et le temps qu’il vous a fallu pour trouver la réponse.