Abre Los Ojos (1998) est le film qui a servi de modèle à Vanilla Sky sorti 2001. Abre Los Ojos mélange les genres : suspens, anticipation, sentimentalisme. Ceci le classe forcément dans l’inclassable. Mais pour peu que l’on se laisse entraîner dans le labyrinthe, on en ressortira, surpris, désorienté, touché.

Connexion. César est un jeune héritier, flambeur, désinvolte et suffisant. Il multiplie les conquêtes et brise les cœurs, ne se souciant que du jour présent. Sa vie change lorsqu’il rencontre Sofia, dont la fraîcheur remet en question ses certitudes. Ce bonheur soudain et affiché n’est pas du goût de Nuria.Celle-ci souffre d’aimer Cesar en secret et n’être que « la copine de baise ». Elle décide de changer leur destin dans un accident de voiture. Elle y meurt, César en sort défiguré.

Reconnexion. César, se retrouve en Hôpital psychiatrique. Il tente avec son médecin de retracer le chemin qui l’a conduit à l’enfermement. Au fil de son introspection, il découvre comment la paranoïa et la confusion l’ont mené à tuer celle qu’il aime.

Scratch. Une fois le décor posé, on partage le trouble de César, dont la vie post accident ressemble à un CD scratché ( forward / cut / backward…). On se surprend à aimer ce petit con arrogant au destin brisé. Et la belle Sofia…On suit le héros dans la reconstruction du puzzle, et on contemple avec la même surprise le tableau achevé.

Alors que le film part sur des notes de suspens, il se termine dans l’anticipation : c’est d’ailleurs à ce moment du film que se décidera qui adorera ou détestera le film. Il n’en demeure pas moins que le choix proposé à César à la fin est du film en est sa clé de voûte, qui nous projette alors en nous même, on s’interroge, et on se demande de quel côté du parapet sauter.

Un film qui ne laisse pas indifférent, à préférer à Vanilla Sky, trop fidèle et trop lisse.

Post-Sciptum : la critique intellectuelle inutile

Celle-ci, écrite un dictionnaire à portée de main ( ça marche aussi avec celui des synonymes), a pour seule vocation de mettre en valeur son auteur. Pour faire partie des bonnes critiques, celle-ci se veut forcément négative : ce qui plaît à la masse ne peut plaire à l’élite Pour faire une bonne critique, il est préférable de ne pas voir le film. On s’affranchira ainsi d’être influencé dans son jugement. Un exemple ici : http://insideadream.free.fr/cinema/ouvre_les_yeux.html