# Le trash, un phénomène de société
Préambule : Vous pourrez atteindre la plupart des oeuvres citées (musiques, films, livres) à travers cette liste et ainsi avoir accès aux jaquettes, résumés, extraits sans passer par de nombreux liens hyper-textes.
- Des magazines comme “Choc” ou “Public” font la part belle au voyeurisme et n’hésite pas à montrer des peoples dans des situations dégradantes. Le terme trash s’applique si bien que certains « journalistes » n’hésitent pas à faire les poubelles pour chercher du sensationnel. On qualifie de « télé poubelle » les émissions de télé-réalité…c’est souvent justifié. « Trash » est aussi le nom d’une exposition exhibant les déchets des stars Hollywoodiennes.
- Les films de tueurs en série avec hémoglobine à volonté font des entrées au cinéma et se présentent en tête de gondoles dans les vidéos-club. Rappelons-nous qu’il y a quelques années ces films étaient à l’arrière de ces établissements et rarement diffusés au cinéma (Freddy et autres Halloween). Aujourd’hui le carton de Canal+ en termes de série télévisée s’appelle “Dexter” et raconte le quotidien d’un justicier serial killer.
- Même Marilyn Manson au style de vie Trash est maintenant « pipolisé » et suscite tout au mieux une incompréhension des parents. Lui qui était expulsé des villes par les forces de l’ordre lors de ses premières tournées américaines à cause de l’imagerie véhiculée et de ses mœurs (Prêtre de l’Eglise Sataniste, consommation de stupéfiants backstage et parties fines avec les groupies) remplit désormais des salles comme Bercy et chante l’amouuuuurr perdu…

- Les campagnes de santé publique surfent désormais sur le Trash pour impacter fortement des téléspectateurs qui ont tout vu : spots de la prévention routière à grands renforts de sang et de démembrements, spots contre le tabac avec visuels de poumons noircis, spots contre la drogue avec des photos d’héroïnomanes à la limite du soutenable, portraits de femmes battues pour les campagnes anti-violence conjugale…Le trash est un bon outil de communication pour sensibiliser sur des sujets douloureux.
- Les clips de rap US sont en filiation directe avec l’univers du porno. Dans une moindre mesure le look « Lolita » des ados et pré-ados appartient aussi à cet univers hyper sexualisé omniprésent dans le Trash.
Cette démocratisation du Trash peut s’expliquer par un contexte social et politique. Notamment dans les cultures japonaises et anglo-saxonnes où les normes sociales peuvent être étouffantes. Même en France le politiquement correct domine, et le trash permet de relativiser et de mettre ce monde à distance. C’est aussi un moyen de revenir à une certaine animalité dans un univers où tout est concept, analyse, intellectualisation…psychanalyse.
Pas étonnant que face à ce phénomène de banalisation, les adeptes du Trash « hardcore » se radicalisent et aillent dans une exploration plus profonde du genre. Les limites sont toujours repoussées pour le meilleur ou pour le pire : dans une société où une partie de la jeunesse a appris la sexualité à travers les films porno, il n’est pas étonnant de voir apparaître des genres comme le gonzo, un porno hyper violent. Du côté de la violence extrême, on trouve le « snuff movie », un film avec tortures et mises à mort réelles. Cet univers était décrit dans « 8mm » un film culte avec Nicolas Cage. Précisons que ce type de films est rarissime, à la limite du mythe.
Le trashboy de la première heure lui, continue à vouer un culte aux œuvres « mineures », fidèles à une certaine esthétique et un discours « engagé ». « Saw » est un film gore, mais ne sera jamais trash car il ne remet rien en question, ne choque pas autrement que visuellement, ne sert aucun propos.
Le véritable Trash est toujours un mélange graphique et psychologique qui touche au plus profond de nos sentiments et fais appel à nos démons les plus enfouis : “enfouis”, underground, c’est bien le terme, il n’est pas encore arrivé le temps où ” August Underground” passera en prime time, tant mieux. Même si le trash se démocratise,”le Trash d’initié” a encore de beaux jours devant lui.
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“Putain! c’est trash !”
cria ma cousine en regardant la scène de torture de Wolf Creek…. “Pffffff, mais qu’est-ce qu’elle y connait au trash celle-là !?” pense tout bas le trash-boy. 
Le Trash en tant que genre cinématographique est très codifié, notamment par son caractère subversif, son refus des tabous, son esthétique: il s’inscrit avec les films d’horreur pures et durs dans le cinéma dit de genre. Nous avons vu dans les précédents articles qu’il était relativement élitiste et confidentiel. A côté de cela les œuvres cinématographiques “trash grand public” comme Saw ou Hostel se banalisent et ce, même auprès des mineurs qui s’empressent de télécharger ces films en divx et de les “faire tourner” à leurs potes. Parce que oui, le trash se banalise, il est même dans sa forme la plus soft, à la mode.
Mercredi 20 juin 2007 · Rédigé par Florian
Classé dans médias, société
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