19 février 2013

# Atoms For Peace / PVT

Peu d’écriture pour moi ces derniers temps, c’est rien de le dire ; non pas que l’activité musicale ne soit pas riche bien au contraire. Le début de l’année a déjà été marqué par quelques bons disques : l’album d’Asaf Avidan en mode intime sans ses Mojos (Different Pulses), un Foals qui alterne en éclairs de génie et plus anecdotique sur Holy Fire (moins bon que Total Life Forever tout de même) et le retour dans la douceur du boss Nick Cave sur un Push The Sky Away d’une beauté immaculée.

Et ce n’est que le début, 2013 s’annonce riche avec les retours prometteurs de Depeche Mode et de Sir David Bowie, des canadiens de Suuns, des Strokes, d’MGMT mais aussi des frenchies de Phoenix et les premiers albums de Woodkid et de Kavinsky en attendant le retour annoncé de nos casqués préférés : Daft Punk qui sont à priori au travail en bonne compagnie. Du bon son en prévision c’est certain mais vous l’imaginez bien si je suis en train de taper ces quelques lignes c’est pour vous présenter deux grands disques qui devraient vous accompagner toute l’année et plus si affinités.

Atoms For Peace : Amok

atoms Le premier sort le 25 février prochain et si le nom du groupe Atoms For Peace ne vous dit encore rien, il s’agit ni plus ni moins du nouvel album de Thom Yorke, chanteur charismatique de Radiohead. Alors pourquoi prendre le titre d’une chanson de son premier album pour en faire le nom d’un groupe ? La réponse est simple : suite à la sortie de The Eraser en 2006, Thom a souhaité jouer l’album en concert avec une formation spécialement constituée pour l’occasion. Le casting est de choix puisque le producteur Nigel Goldrich considéré comme le 6ème membre de Radiohead, Flea le démentiel batteur des Red Hot Chili Peppers, Joey Waronker (batteur reconnu) et Mauro Refresco rejoignent l’aventure.

Atoms For Peace est donc, comme le veut l’appellation un supergroupe mais à deux visages, distillant des prestations de hautes volées quand les emplois du temps de chacun le permet et le projet de quasi un seul homme : Thom quand il s’agit d’entrer en studio ; bien sur Nigel a contribué à la production et les autres membres ont pu amener leur patte, ce qui rend d’ailleurs le disque plus décomplexé que son prédécesseur. D’ailleurs si l’apport du groupe peut paraître minimal au premier abord, il suffit de réécouter l’album solo de Thom et la transformation faites des chansons en live par le groupe (cf youtube) pour être persuadé de la vraie influence de chacun sur les tribulations du maître. Ajouté à cela le penchant de Thom pour le DJing et vous obtenez Amok, un disque pourtant tout aussi électronique que The Eraser mais dont il ne se dégage pas du tout la même chose. Dès Before Your Very Eyes, l’optimisme est de mise, petite boucle de riff de guitare, crépitement, beats discrets avant que l’électro prenne le dessus. Dans la même veine « j’ai déjà envie de me désarticuler complètement » : Dropped et son déluge de beats qui ferait passer Idioteque pour un titre plat, la lancinante Unless ou encore Amok, complètement obsédante avec une basse omniprésente, les gémissements de Thom en arrière plan et un piano limpide en fin de course. Vous l’aurez compris, l’album regorge de pépites et outre les deux excellents titres déjà sortis (Default et Judge, Jury And Executioner), je ne peux éviter de citer Stuck Together Pieces simplement belle et Reverse Running et ses collages électroniques. Un grand disque, extrêmement percutant et déjà indispensable.

En écoute:
Atoms For Peace : « Default »

PVT : Homosapien

PVT HomosapienComme j’ai décidé de vous gâter, je vais également vous parler du nouveau PVT. D’abord nommés Pivot, les Australiens avaient perdu quelques lettres en 2010 pour délivrer un fantastique album : Church With no Magic, débroussaillant l’indie pop avec une électro tranchante. Difficile de donner une suite aussi dense à priori. Mais comme pour Thom Yorke précédemment, ces gars là ne sont à l’aise qu’avec une musique défricheuse de sons, de nouveautés. Et c’est dans l’isolement le plus total qu’Homosapien est né et avec lui le nouveau son PVT. Ce qui saute d’abord aux oreilles c’est l’omniprésence et la beauté de la voix de Richard Pike, leader du groupe et une construction des titres plus académique. Le tout est clairement plus humanisé sans pour autant que la recherche musicale soit mise de côté. Shiver est une entame en forme de douceur électronique avec la voix magnifique de Richard ; Evolution tout comme Nightfall pourraient peut-être être les premières chansons à faire écouter à une personne pour lui faire découvrir PVT et cela n’est pas anecdotique car symptomatique de l’évolution du groupe vers une certaine retenue. Enchainant les perles sans baisser de niveau, le groupe alterne entre rugosité (Homosapien, Electric, Casual Success), chansons aériennes (Vertigo, Ziggurat). Deux titres parviennent néanmoins, dans ce défilé, à surpasser les autres : Cold Romance et New Morning que Thom Yorke lui-même aurait à mon avis aimé écrire. Un album cosmique d’un groupe à part et illustré par une magnifique pochette de Winston Chmielinski.

En écoute:
PVT : « Cold Romance »