Love 80sLes années 80 ont souvent été décriées mais force est de constater qu’elles sont devenues vecteur d’inspiration ces derniers temps, et pas seulement au niveau musical. Le fait est que cette décennie a été celle du tout et n’importe quoi et que l’on a trop souvent retenu que le n’importe quoi. Avec le recul, on peut légitimement penser que les gens étaient plus libres et heureux à cette époque là,  et que cela a été une source incroyable de créativité.

Partant de ce postulat candide, j’ai choisi trois disques représentatifs de ce revival années 80 dans ce qu’il a de plus noble.

Twin ShadowMon premier est un projet : Twin Shadow derrière lequel se cache un dominicain : Georges Lewis Junior, et dont le premier album sort en France le 15 novembre. Un album qui certes, ne révolutionnera pas la musique, mais dont vous n’êtes pas prêt de vous débarrasser. Moins pêchu que le Time For The Devil de John & Jehn et moins électronique que le dernier Thieves like us, Forget se positionne en ambassadeur d’une new wave chic et mélodique.

Des percussions synthétiques donc, adoubées la plupart du temps d’une basse rugissante et de lignes de synthétiseurs. Le disque dans son ensemble dégage une nostalgie certaine, y compris au niveau des paroles ; Lewis est allé chercher les sentiments enfouis au plus profond de lui-même, notamment issus de ses premières romances et au final ils s’avèrent avoir un écho pour chacun d’entre nous. En partant d’une démarche personnelle, d’une vraie introspection, Forget parvient immanquablement à vous transporter dans une autre époque de votre vie, celle que l’on regrette. Pas très joyeux donc mais juste parfait.

En écoute : Slow

WarpaintMon deuxième vient du groupe de girls américaines : Warpaint dont tout le monde parle depuis leur fantastique premier EP sorti l’année dernière : Exquisite Corpse. Le quatuor vient en effet de publier son premier effort, intitulé The Fool, moins tempétueux, mais qui creuse un peu plus le sillon d’une pop rêveuse qui doit autant à The XX, à Blonde Redhead qu’aux Cure. Un rock désenchanté avec des guitares cristallines sous tension et capable de créer une multitude d’atmosphères musicales. Prenant !

En écoute : Undertow

Ariel PINKOn finit par le meilleur ?! à vous de juger mais le plus ambitieux et le plus barjot, ça c’est sur. Ce bordel musical organisé, c’est Ariel Pink qui le propose, en compagnie de son groupe : les Haunted Graffiti sur un disque fantasque et qui pourtant s’avère être le plus produit de l’énergumène. Contrairement aux deux disques évoqués précédemment, Before Today parcourt toutes les années 80 et même bien plus. On démarre tout d’abord sur de la funk tout droit tiré d’un film d’horreur (Hot Body Rub) ; on poursuit avec du psychéglam sur Bright Lit Blue Skies ou l’estat, de la coldwave sur Fright Night, de l’intemporel sur Round And Round, de la disco sur Beverly Kills, du rock sur Butt-House Blondies et Little Wig, de la ballade dégoulinante façon Prince : Can’t Hear My Eyes.

Et puis il y a la voix d’Ariel, capable de s’adapter à chacun des courants musicaux proposés de manière ahurissante.

Une multitude de références viennent donc à l’esprit, sans pour autant faire de l’album un vulgaire pastiche. Au contraire, bien que forcément déroutant de prime abord, Before Today se révèle être une œuvre accomplie et emblématique d’un postmodernisme décomplexé. Un très grand album.

En écoute : Round and Round

Join the conversation! 2 Comments

  1. Warpaint et Twin Shadow tournent en boucle dans mon iPod
    Je vais m’intéresser de plus près à Ariel Pink !

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