Diffusée sur Netflix, cette série britannique se compose d’une douzaine d’épisodes indépendants les uns des autres. On appelle ça, une anthologie, comme la série True Detective.
La première et la deuxième saison ne comportent que 3 épisodes chacune, la troisième six épisodes, tous suffisamment bien réalisés pour vous accrocher, voire vous scotcher.
Je trouve juste incroyable que cette série ne soit pas plus connue…

Originellement diffusée en Angleterre sur Channel 4, vous pouvez y accéder légalement sur Netflix.

Le principe de Black Mirror est assez simple. La série s’inspire de notre vie quotidienne, en extrait une composante liée au numérique (portable, réseaux sociaux, télé…), la transpose et l’amplifie dans un futur très proche, quasi actuel. Tous nos travers sont mécaniquement disséqués, amplifiés mais terriblement réalistes. De quoi normalement vous poser des questions.

Au delà du réel

Sans rien dévoiler de l’intrigue, l’épisode 1 de la saison 3 se projette par exemple dans un monde où vous vous donnez une note, un « rating », à chaque instant, à votre collègue, votre boulanger et où vous en recevez un également.
Pour ceux qui ne connaissent pas le rating, il s’agit des étoiles, des notes que vous mettez déjà aujourd’hui aux restaurants sur Tripadvisor, à votre disque dur sur Amazon, à votre hôtel Booking, à vos chaussures Decathlon.
Mais cela ne concerne plus uniquement les produits puisque vous notez déjà votre chauffeur Blablacar, votre hôte Airbnb, votre artisan, etc… Tout le monde réclame des notes, gage d’un service, d’une qualité appropriée.
Ainsi, il ne faut pas pousser très loin le concept pour que vous puissiez noter vos collègues, votre proprio, vos clients, vos voisins, votre assureur, votre chauffeur de bus, qui feraient de même avec vous. Vous seriez alors un magnifique 3,2 sur 5. Ce qui est bien mais pas top.
Durant 40 à 90 minutes, les scénaristes de Black Mirror vous refléter la face sombre du monde que nous construisons chaque jour un peu plus.

Une réalisation et une photographie hyper réaliste

Black Mirror est une magnifique série avec un jeu « très anglais ». Elle maîtrise parfaitement la distance qu’elle met entre le thème de l’épisode et vous. Elle sait vous submerger tout en étant très éloignée. Outre une photo hyper réaliste, elle compte énormément sur d’excellents comédiens, de parfaits inconnus, au style très british : une idée géniale qui renforce énormément le téléspectateur dans son processus d’identification.
Vous êtes très loin de Matrix et des stars hollywoodiennes. Ici vous êtes un mec ou une fille lambda qui vit dans une banlieue quelconque d’une ville banale anglaise. Dans le miroir, c’est vous!

Cette anthologie extraordinaire sait parfaitement aborder les sujets très profonds, voire tabou dans notre société et qui sont très rarement traités à la télévision.
Notre rapport aux Morts, à la Justice, aux Médias, au succès, au voyeurisme, tout est inspiré, issu de nos vies, fondu dans notre quotidien. Parfois, vous ne verrez pas le rapport immédiatement ni le problème mais le talent des scénaristes saura vous faire comprendre, au moment voulu…

Véritable coup de cœur, Black Mirror devrait être montrée à tous les adultes et adolescents qui se jettent à corps perdus dans la société du numérique, des médias et du spectacle, sans toujours en mesurer les enjeux et les impacts. Malheureusement, comme dans d’autres domaines, il y a fort à parier que seuls ceux qui sont conscients des dangers feront l’effort de la regarder.

Join the conversation! 1 Comment

  1. Merci pour la série, épisodes inégaux mais vraiment intéressante.

    En 2015, tu avais écrit un billet sur le Big Data, tu en penses quoi 2 ans après ?

    A bientôt !

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