BlogPour la majorité des blogueurs, bloguer est une passion, un loisir ou une passade. Mais comme vous le savez, certains franchissent le pas de la professionnalisation. En dehors des exemples « spectaculaires » qui peuvent susciter l’intérêt des médias, je vous livre aujourd’hui mon expérience personnelle qui peut profiter à ceux qui se poseraient la question de franchir le pas.

La professionnalisation prend des formes différentes : on a le cas de blogueurs qui arrivent à vivre des revenus publicitaires de leur blog. C’est en général ce cas de figure qui intéresse les journaux, qu’ils présentent comme des success story.
D’autres mettent à profit leur expérience acquise dans l’écriture sur le web au service de magazines online, de portails. On trouve encore le cas des personnes qui changent complètement de métier en s’appuyant sur l’expertise acquise à travers leur blog : une experte comptable qui devient responsable des contenus éditoriaux sur un magazine féminin online, un employé de mairie qui évolue vers une agence de communication online, un autre qui après avoir exposé sa passion sur le web décide d’en faire son métier* …

Autant de parcours qui seraient presque inenvisageables sans le web.

Mon silence de ces dernières semaines s’inscrit dans ce sujet : depuis le début de l’année, j’ai pris les fonctions de Responsable Marketing Interactif pour une marque de cosmétiques de luxe, après avoir exercé pendant plusieurs années le métier d’acheteur dans l’Industrie du même Groupe.

Ce changement professionnel radical n’aurait pas été possible sans ce blog. Avec toute la force de conviction dont j’aurais pu faire preuve, je n’aurais jamais pu convaincre un responsable des ressources humaines, ou un responsable opérationnel de ma légitimité sur un tel poste. C’est ce que m’a apporté le blog : la possibilité de montrer un savoir faire  et une expérience éprouvés « live », de montrer des chiffres, de présenter des cas vécus de l’intérieur.

Pour autant, passer de l’autre côté de la barrière, celle qui sépare le consommateur (représenté par le blogueur) de la marque, n’est pas chose facile.
Armé de mes convictions (voir cet article sur les marques d’amour), d’expériences vécues avec plus ou moins de bonheur avec des annonceurs et des agences, ainsi que de quelques compétences techniques et d’un bon réseau, je pensais naïvement avoir toutes les clés en mains pour « assurer ».

Si aujourd’hui tout se passe pour le mieux, je dois dire que j’avais peut-être sous estimé une part importante de mon métier : éduquer les gens à Internet, aux nouveaux comportements utilisateurs… étape par étape, tout en douceur.
J’ai du revoir mes ambitions à la baisse (en termes de délais de mise en œuvre des projets), car à vivre immergé dans ce média, on en vient à oublier parfois que sa façon de consommer l’information, de communiquer et d’utiliser les outils est extrêmement avancée. Ce qui peut conduire à un décalage avec des interlocuteurs dont le niveau de connaissance du web peut varier énormément. Le blogueur qui veut changer de métier devra donc faire attention à ne pas trop idéaliser la fonction dans laquelle il se projette.

La deuxième difficulté, c’est la perte de liberté. Le blogueur fait ce qu’il veut. Il est seul maître à bord : il décide de la direction artistique de son blog, des sujets, des tons employés. Il a également la main sur le back office. Dans une « structure professionnelle », pas question de mettre en ligne quelque chose sans avoir l’aval de toutes les personnes concernées : RP, marketing, communication, direction …
C’est valable dans mon cas, mais c’est tout aussi vrai pour le passionné de cinéma qui se ferait embaucher par Warner : exit la mise en ligne sauvage de bandes annonces, de diffusion du casting sur le site officiel d’un film sans autorisation de toutes les parties prenantes.
On peut donc avoir un sentiment de relative « impuissance » ou de perte d’indépendance. A part s’il veut se lancer en freelance, le blogueur devra bien intégrer cela dans son projet.

Mais ces points qui tiennent de l’adaptation ne sont rien au regard de l’épanouissement qu’apporte le fait de travailler dans un domaine qui nous plaît réellement. Je pense que tous les blogueurs qui ont réussi à changer de vie professionnelle grâce à leur blog mesurent la chance qu’ils ont d’avoir pu choisir leur travail, alors que beaucoup doivent assumer des choix qu’ils ont fait à la sortie du lycée ou à peine plus tard.

Pour conclure, je dirai que si vous avez un rêve, une passion et que vous rêvez d’en faire votre métier, le blog est le moyen idéal d’y parvenir. Cependant, cette démarche demande du temps, beaucoup d’investissement personnel et de la réflexion sur ses motivations.

*exemples presque réels

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  1. Je ne pensais pas que des blogueuses et blogueurs pouvaient avoir une ouverture professionnelle sérieuse!!!!!

  2. Eh oui, c’est parfois un peu frustrant…mais au fond, c’est un peu ce challenge interne qui me motive dans ce job. Avoir le sentiment qu’on peut, même à mon petit niveau, changer un peu les choses, convaincre des gens, faire évoluer un peu les habitudes et les reflexes de communication. En tous cas bravo pour tes nouvelles fonctions, j’espère que tu t’épanouiras dans ce nouveau poste.

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Société