Après des années de publicités envahissantes, beaucoup ont décidé de bloquer l’apparition des publicités sur les sites qu’ils visitent. On pensait que tout allait bien dans le meilleur des mondes. Mais il semble que la guerre entre régies publicitaires, sites et bloqueurs de pub soit déclaré. Au point que certains sites n’hésitent plus à déclarer que « BLOQUER C’EST VOLER ».

Attention, si vous utilisez un Bloqueur de publicités, vous menacez l’équilibre du monde ou au moins celui d’Internet. C’est ce qu’essaye de nous faire croire certains sites.
De plus en plus, on commence à voir des bandeaux incitant les visiteurs à désactiver leurs bloqueurs de pubs pour avoir accès au contenu, écrit ou vidéo.

Moins de pubs = moins de recettes

dark_banner Tout d’abord, le plus célèbre bloqueur de publicités AdBlock a fait depuis une dizaine d’années des petits. Et ceux-ci sont devenus tellement populaires, qu’ils seraient utilisés chaque jour par environ 20 millions de personnes sur Mozilla Firefox et à peu près autant sur Chrome. Les chiffres sont probablement bien supérieurs et la progression est constante.
Cela semblerait anodin mais en 2012, les pertes causées par AdBlock à Google s’estimaient à environ 3 milliards $.
A l’heure où la publicité est presque le seul modèle privilégié par les sites pour se rémunérer, la « disparition » des bandeaux publicitaires (si ce n’était que ça) est vue comme une catastrophique économique, une mort annoncée d’un Internet gratuit, auxquelles il faudrait immédiatement remédier.
Par exemple, on estime aujourd’hui qu’entre 5 et 12% des publicités sont bloquées et que si ce niveau atteignait les  50% diviserait, on diviserait les valeurs boursières de Google et Facebook par 2.

Facebook Ads

Omniprésente, intrusive et inadaptée

Il faut dire que la publicité sur Internet est souvent abominable.
Seule moyen de rémunération actuel (hors abonnement), beaucoup de sites ont largement abusé, quitte à trop tirer sur la corde.
Pubs clignotantes, bannières mobiles, animations flash transparentes aveuglaient les Internautes. C’était sans parler des pop-up et des pop-under (de vicieuses fenêtres qui s’ouvrent par derrière) qui pouvaient surgir par milliers selon la « respectabilité » des sites que vous visitiez.
D’ailleurs l’inventeur du pop-up, Ethan Zuckerman, s’est récemment excusé de l’avoir créé. Il s’agissait à l’origine de séparer d’une même page, la publicité du contenu, pour éviter comme cela est arrivé une fois, qu’un constructeur automobile fasse involontairement la promotion du sexe anal.

Aujourd’hui les traditionnelles bannières seraient presque inoffensives en comparaison des vidéos en autoplay (qui se déclenchent toutes seules), qui s’arrêtent quand vous changez d’onglet, ou de Youtube/Dailymotion qui vous imposent 30 secondes de réclame avant un visionnage.
Les chaînes de télévision ont également envahi le créneau puisque pour profiter d’un replay ou d’une VOD, vous devez visionner des spots entiers, que vous ne pouvez évidemment pas accélérer. A ce moment-là, le sentiment de matraquage est profond.
Si vous rajoutez les centaines de traqueurs qui enregistrent et analysent vos visites, vous saturez. Trop de pub, tue la pub et lorsque vous donnez le moyen aux Internautes de la bloquer, aucune raison de se priver.

Chantage

LequipeDésormais des sites comme L’Equipe ou Gameblog exigent que vous retiriez votre bloqueur pour avoir accès aux contenus, aux vidéos. Moins autoritaires, d’autres vous informent que la publicité est le seul moyen de faire vivre « un site libre, indépendant, animé par des journalistes de qualité »…
Il se peut que vous laissiez laisser tenter une première fois mais s’il s’avérait que votre expérience utilisateur était à nouveau gâchée par une publicité trop envahissante, vous risqueriez bien de ne plus vous faire avoir. C’est ce que j’ai fait et j’ai donc décidé de me passer d’une « Interview exclusive avec Didier Deschamps ».

Internet a construit son modèle sur ce mode de financement et tout le monde cherche des solutions pour sortir de l’impasse.
Des sites comme Buzzfeed intègrent énormément de « publicités natives ou indigènes» (native advertising). Il s’agit de liens sponsorisés, proches du publireportage, qui cherchent à être moins intrusifs et plus en rapport avec le site. Le problème, c’est que le lecteur ne sait plus s’il s’agit d’une critique, d’un article ou d’une publicité. Déotonlogie.

bloquer c'est voler

Pas de solution? qu’il meure!

L’un des problèmes majeurs, c’est que les utilisateurs de bloqueurs ne choisissent pas réellement les pubs qu’ils filtrent. Par défaut, ils les stoppent toutes même ceux de sites respectables et respectueux des lecteurs.
Pour bien faire, il faudrait qu’ils les autorisent et les mettent sur une liste blanche. Mais tout ceci est fatiguant et il faut vraiment être sensibilisé au problème pour remettre volontairement de la publicité.
Je le fais pour certains sites, dont selon moi, le contenu en vaut la peine. Pour le reste, bloquer, ce n’est pas voler, c’est se préserver d’une pollution visuelle, sonore et intellectuelle. Et si l’écosystème n’est pas viable tel quel, et bien qu’il meure!

Et vous, seriez-vous prêt à débloquer la publicité ?