hipster bobo

Si on excepte Franck Ribery et« The Bitch King Joffrey », vous trouverez là les trois personnes les plus détestés dans notre société. On entend parler d’eux très souvent dans les médias ou dans les conversations quotidiennes, avec une connotation très négative. Ainsi on n’entend jamais « Whaouh, tu as un joli look bobo » mais plutôt « pff, on dirait un hipster ».
Mais ce qui est surprenant, c’est que contrairement à Franck Ribery et Bitch King Joffrey, les hipsters, les bobos et les geeks n’existent pas, ou du moins ils ne sont pas ceux qu’on imagine.

Le bobo

hipster boboLe bourgeois-bohême est un sociostyle né aux débuts des années 2000, inventé par David Brooks et qui décrit à l’origine les « nouveaux urbains aisés ». A la base, le concept était américain et décrivait une « nouvelle » classe sociale très aisée, financièrement décomplexée et concernée par les problèmes sociétaux (tiers-monde, Tibet, contrôle des armes…). Qu’on soit d’accord, on parle du  californien qui gagne 100 000$ et qui s’inspire de Ghandi ou de la mythologie Woodstock pour augmenter sa fortune et combattre la faim dans le monde. Ce serait donc presqu’un mec bien.
Et puis le concept est arrivé en France…
Dans une étude réalisée pour Slate, on observe comment le concept s’est transformé en France.
Aujourd’hui le bobo serait donc « riche, snob, de gauche et prétentieux » plutôt « artiste, prof d’université ou journaliste » avec de fortes valeurs « écologistes ». Les bobos par excellence, selon le sondage sont Jack Lang et BHL.
Etrangement, au fur et à mesure, l’une des notions premières du bobo qui était culturelle a été totalement dépassée par le côté politique pour finalement devenir la nouvelle gauche caviar. A gauche comme à droite, le bobo est détesté par la classe moyenne pour son côté décomplexé, tout comme il est détesté par les extrêmes pour son côté bien-pensant, pas assez radical.
Le bobo c’est en fait le fantasme absolu et contradictoire de tout un pays qui n’aime pas les contradictions.

Crédit: Vahram Muratyan – http://parisvsnyc.blogspot.fr/

Le hipster

essentials-of-a-hipster-designerdNouvelle coqueluche des médias, le hipster c’est un enfoiré qui refuse le mainstream, qui cultive une insolence intellectuelle, sensé choisir les nouvelles tendances musicales, vestimentaires et pileuses. Tout le monde le déteste, parce qu’il est versatile, superficiel, physiquement reconnaissable et par nature différent de Vous, la populace.
Le problème c’est qu’aujourd’hui, nous sommes tous des hipsters. Les lunettes grosses montures, les jeans slim, les casquettes, les tatouages, les piercings, les barbes et les baskets vintage sont portés partout. Tout le monde est  la recherche du dernier tube, du prochain groupe sympa ou de la future série Canal+ mais personne ne se revendiquera hipster.
Dans cet article très second degré (ou pas), il faudrait pourtant remercier le hipster pour tout le mal qu’il s’est donné en sélectionnant pour lui et ensuite pour nous, le meilleur de la musique, du fooding ou de la mode.
Mais personne n’aime les hipsters, parce qu’avec eux, vous ne serez jamais tendance, jamais à la page et que c’est saoulant de passer toujours pour un homme des cavernes.

Mais si tout le monde est hipster, que tout le monde les déteste, c’est que le hipster est une supercherie, la psychose du mec plus branché que vous, plus mode que vous, plus frimeur que vous. Superficiel, nombriliste, hyperactif et dépressif, le hipster n’est que le produit et le reflet de notre société. Comme la tendance n’est pas à l’amour fraternel et partagé, le hipster est donc devenu le « bouquet missaire » sur qui tout le monde adore se défouler. Normal qu’il prenne cher !

Le geek

Il y a un an déjà, geek chicl’omniprésence du geek nous rendait fou. Aujourd’hui  la situation n’a pas changé et elle s’est même dégradée. Pire, les millions de joueurs de GTA5 sont des geeks tout comme les milliards d’utilisateurs de smartphones. Votre mère est une geekette qui joue à Candy Crush et vous ne l’aviez même pas remarqué. Tout ça n’a vraiment plus aucun sens.

 

 

Le plus choquant en fait, c’est que nous sommes en permanence à la recherche de nouveaux concepts sociaux qui n’ont plus de sens à partir du moment où ils sont surexploités ou réinterprétés.
En réalité, ils ne perdent pas leur sens, ils en gagnent de nouveaux, ceux que les médias puis M. Tout le Monde va leur donner. C’est une réalité actuelle: ce sont les utilisateurs qui trouvent leurs propres usages, qui adaptent l’existant.
Ils ont décidé que le bobo, le hipster et le geek seraient des ordures. Qu’il en soit ainsi.
Désormais, vous ferez attention la prochaine fois qu’on vous parlera de ces trois-là et vous remarquerez qu’en fait, ces gens n’existent pas vraiment… contrairement au Roi Jeoffrey.

Join the conversation! 2 Comments

  1. Le bobo n’est pas né dans les années 2000…

  2. Le livre « Bobos in paradise » de David Brooks est paru en 2000 et il marque communément le début du phénomène bobo.

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Société

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