L’histoire de la petite chouchou de l’Amérique et ex futur reine de la pop : ascension, déclin et hypothétique retour en grâce.

L’ascension fulgurante

britney spears hit me baby one more timeEn 1999, Britney apparaît dans le paysage audiovisuel international et fait l’effet d’une bombe : son single Hit Me Baby One More Time envahit les ondes radios tandis que son clip tourne en boucle sur les chaînes musicales.
Impossible de passer à côté. A l’époque, je moque cette gamine à peine plus jeune que moi, pourtant déjà, comme tous les hommes, je ressens le paradoxe  de ce produit de l’Amérique puritaine. Derrière un discours rôdé sur la virginité et une pop bubble gum, Britney dégage quelque chose de sensuel, voire de sexuel.
Avec ses chorégraphies impeccables et ses t-shirts au-dessus du nombril, la jeune chanteuse fait un carton auprès des ados : elle place son single et son album à la tête des charts américains et internationaux.
Il faut attendre 2000, après quelques titres guimauves, pour que nous retrouvions l’émoi de Hit Me Baby One More Time avec le titre Oops, I did it again. Britney, vêtue d’une combi moulante rouge le clip, confirme un potentiel indéniable à jouer sur deux tableaux : chanteuse pour petite fille et fantasme secret des hommes. Mais ce serait être ingrat que de ne pas reconnaître que déjà ces deux titres sont de véritables bombes : il suffit d’écouter les nombreuses reprises de ces titres à la sauce rock pour se convaincre de leur qualité.
Cependant, une jolie frimousse et deux tubes ne suffisent pas à donner corps à l’ambition de Britney : faire aussi bien que son idole Madonna.

britney spears i'm a slave for you

C’est avec son album suivant que l’américaine entame son entrée dans l’histoire ; elle fait une croix sur son image de gentille petite fille et emboîte le pas de son concurrente Christina Aguillera en proposant des titres sulfureux et moites comme I’m a Slave 4 U (clip dans lequel elle lance la mode du string par-dessus le pantalon…) ou Me Against the Music (en duo avec Madonna, où le public retiendra son baiser avec la Ciccone durant les MTV Music Awards) et Toxic.
Avec son image moins lisse, Britney se hisse réellement au rang de star internationale crédible et confirme son statut de sex symbol.

Le déclin

Succès trop rapide, trop jeune ? Britney fait les mauvais choix, s’entoure des mauvaises personnes et s’enfonce peu à peu. A des succès professionnel mitigés se mêlent des déboires personnels : mariages, divorces, disputes pour la garde des enfants, la vie privée de Britney devient plus intéressante pour le public que sa carrière.
S’ensuit naturellement un pétage de plombs en règle. Britney la puritaine, celle qui soutenait la politique de Bush en Irak, devient tout à coup un simple objet médiatique, un membre de plus de la tribu des people trash …
Evaporée l’image de pin-up sexy et innocente, de « success girl ». La sympathie du public se transforme en acharnement, sauf pour une poignée de fans qui vénèrent une ex-star déjà has been à moins de 30 ans. Et tandis que je regarde, comme tout le monde, l’ex-chanteuse se raser le crâne presque en direct, je me demande comment on peut en arriver là, si c’était la fatalité ou pas, si j’aurais la même chose dans les mêmes circonstances : trop de pression, trop jeune, trop d’argent, trop de trop. Je pense à Mickael Jackson, puis je passe à autre chose.

britney spears madonna kiss

La rédemption, impossible ?

britney spears womanizerAprès une traversée du désert, Britney Spears tente un retour gagnant avec Gimme More, en août 2007, avec le bras droit de Timbaland. Si le titre est un succès, sa prestation lors des MTV Music Awards la ridiculise dans le monde entier : chorégraphie approximative, playback manifeste et polémique autour des circonstances de la prestation. Tant pis, le come back ne sera pas pour cette fois, Britney replonge un coup (hospitalisation, perte de la garde des ses enfants …).
2009 verra-t-il le retour de la chanteuse au top ? Avec le single Womanizer et l’album Circus sorti en décembre 2008, de nombreuses apparitions en public, une confession télévisée, la chanteuse semble à nouveau sur les rails. Bon, il faut quand même avouer que malgré la confiance affichée de son staff, la futur ex-star a perdu en grâce : mouvements lourds, gestes mécaniques et surtout, une flamme qui a disparu de son regard. Cette petite étincelle qui faisait tout le charme de la blondinette a-t-elle disparu pour toujours ?

Britney, chanteuse adulée, idole d’une génération de jeunes filles et sex symbol bien sage, a laissé la place à Spears, la people trash et mal-aimée. Pour moi, Britney Spears raconte surtout la fragilité de l’être humain, comment l’explosion des repères conduit à l’explosion de la personne. Britney n’est pas la première à céder sous la pression de la célébrité : Marilyn Monroe, Mickael Jackson, Kurt Cobain et bien d’autres. J’espère que sa destinée sera moins tragique que celle de ses prédécesseurs.

Et pour vous ? Britney : compassion, indifférence ou mépris ?

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  1. Plutôt de la compassion en ce qui me concerne, mais je relève deux choses:

    1) Ce n’est pas sur son troisième mais sur son quatrième album (In the zone) qu’apparaissent les titres « Me against the music » (pas interprété avec Madonna lors des MTV Video Music Awards, d’ailleurs – c’était « Like a virgin », en trio avec Christina, dont tout le monde a oublié la présence) et « Toxic »: or la phrase donne l’impression qu’ils sont sur le troisième album « Britney ».

    2) La vraie traversée du désert (enfin bon, quatre ans, un best of, deux mariages et deux gamins entre « In the zone » et « Blackout » [fin 2003 / fin 2007], c’est pas vraiment pire que le délai entre deux albums de Madonna, non plus!), elle la doit surtout à ses choix privés, bien plus qu’à une carrière en dents de scie : c’est vrai que l’énorme tube n’est pas systématique chez Britney, mais elle a surtout épousé naïvement un gros naze qui n’en voulait qu’à sa notoriété et qui l’a grillée musicalement jusqu’à ce qu’elle s’en sépare… M’enfin bon, ce n’est jamais qu’un avis! ;)

  2. @vinsh -
    Merci pour ces précisions! J’avoue, je ne suis pas un expert et malgré consultation de wikipédia, j’ai réussi à me tromper. Merci d’avoir rectifié :)

  3. Moi, aucun des trois, j’aime bien Britney et je ne m’en suis jamais caché !
    Pas de compassion, ni d’indifférence ou encore de mépris, juste le soutien classique de l’amateur de musique. Je ne suis pas le méga fan mais Britney fait toujours partie de ma discothèque et Womanizer décoiffe pas mal (le clip aide aussi… on ne peut que constater son retour en « forme » !!!).

    Toutefois, il est vrai que ses déboires privés ne lui ont pas donné une bonne image… mais la faute à qui ? On en revient à l’éternel débat de qui était le premier entre la poule et l’oeuf ? Est-ce les médias qui ont amené Britbrit dans ce simulacre de soap-opéra ou est-ce Britbrit qui s’est jetée elle-même dans la mouise et qui en a nourrit les médias ?

    Tout ce que je constate, et comme tu l’as dit Florian, ce n’est, au final, qu’une pauvre fille qui a été très mal entourée ! J’espère que son retour est véritable et qu’elle nous sortira encore de nombreux tubes… histoire de donner le change avec une Madonna un peu déclinante…

  4. Belle analyse de la carrière de Britbrit.
    Il y un article à son sujet dans le Tecknikart de décembre, qui utilise l’expression Puriputaine… je trouve que c’est extremement bien trouvé.

    Elle est vraiment forte la Mikey Club Girl :
    Meme les plus fervant refractaire à la pop musique, ne peuvent pas rester insensible à Toxic… (meme s’ils n’oseront jamais l’avouer…)

    Finalement, je trouve que sa descente en enfer ne la pas vraiment desservie.

    Par ce que, finalement, une vraie « traversée du desert » se serait traduit par une absence totale dans les médias, ce qui a été plutot l’inverse.
    Ca reste une base du marketing, toujours faire parler du produit, en bien en mal, peu importe ! Il faut occuper l’espace médiatique et à ce petit jeu là Britney fait aussi bien que notre Président…

    Si elle arrive à allier morceaux qui dépottent et mode de vie borderline, elle reviendra au top, car plus personne n’a envie de voir la gentille petite écolière…

  5. Entièrement d’accord avec ton analyse, j’ai trouvé (à ma grande surprise), son dernier single, Womanizer, particulièrement bon (il est même dans mon iPod !), un morceau bien taillé pour grimper dans les charts. Par contre la chorégraphie est, comme tu le dis si bien lourde, et Britney bouge comme un balai brosse ! Étonnant ! Bref on sent que ce n’est pas encore parfait.
    Sans doute les stars d’aujourd’hui n’auront pas la longue carrière d’une Madonna…

  6. Quitte à verser dans le « Britneyo scepticisme » J’ai aussi un peu l’impression que le « ressort est cassé », ET que Britney risque à terme (alors pas de chute brutale mais un déclin insidieux, avec une concurrence de plus en plus rude ) de ne plus faire parler d’elle qu’ « ès qualité d’ Icône Trash » (Destin qui risque d’être celui de Paris Hilton, même si là il n’est plus du tout question de Talent !!! Parenthèse « pronostic / prospective people-istique ») . . . C’est d’ailleurs plutôt paradoxal de croiser sa trajectoire avec celle de Christina Aguilera, qui, avec sa « Bitchy attitude » plus tôt revendiquée, aurait pu sembler plus prédisposée à la « trashy-sation rampante » . . .
    ps: MAIS Quand même « Toxic » ET  » I am a Slave 4 U », Ou deux grandes contributions (qui ont VRAIMENT « de la gueule », surtout pour la première ) à l’esthétique de la « BOMBasse commerciale contemporaine » !!!

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