Bruno, l'afficheEn 2006, Sacha Baron Cohen créait l’évènement en propulsant au sommet du box office le personnage de Borat.
Le monde découvrait alors un comique dont les seules limites sont celles que le public est capable d’accepter … ou non.
En 2009, Baron Cohen remet le couvert avec l’adaptation au cinéma de Brüno, l’un de ses trois personnages fétiches après Borat et Ali G.

Brüno est un jeune homosexuel Autrichien de 19 ans, animateur de Funkyzeit l’émission de mode la plus regardée dans les pays de langue allemande (en dehors de l’Allemagne), dont le rêve est de devenir le deuxième autrichien le plus célèbre de tous les temps après Adolf Hitler.
Cumulant les maladresses et les extraversions, Brüno doit cependant se résigner à quitter son pays pour atteindre son rêve. Et comme Borat, les Etats-Unis lui apparaissent comme le pays de tous les possibles.

Tourné sous forme de mockumentary, un documentaire parodique, Brüno est une fiction dans laquelle les protagonistes sont en fait les victimes de fausses interviews / situations orchestrées par Baron Cohen.
Dans sa quête de gloire, l’animateur autrichien croisera entre autres des stars de la télévision US, des spécialistes de la conversion homo / hétéro, des échangistes, des fans de catch de l’Arkansas ou le panel test de shows télé. Chaque situation se prête à confronter des individus au personnage naïf et outrancier de Brüno mais aussi à leur propre travers : homophobie, appât du gain, puritanisme extrême…

Bruno pour GQEn faisant dériver des situations normales vers l’irrationnel et en plaçant ses interlocuteurs en dehors de leur zone de confort, Sacha Baron Cohen parvient à obtenir des réactions aussi drôles que pathétiques qui font aussi bien hurler de rire que  grincer des dents.
Car l’humour du britannique est volontairement provocateur, politiquement incorrect et no-limit : pour mettre en exergue les défauts des individus et de la société, il n’hésite d’ailleurs pas à se mettre en danger, parfois même physiquement.
Brüno est une satyre hardcore, aux divers niveaux de lecture : c’est tout autant une comédie barrée qui fera hurler de rire les ados (pour ses séquences scriptées aussi scabreuses que délirantes), qu’un pamphlet sociétal. Le magazine GQ allant même comparer Brüno à Candide.

A n’en pas douter, Brüno est la meilleure comédie en salle actuellement et depuis bon moment. Un film culte et radical, à aller voir en connaissance de cause.Bruno et l'enfant


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  1. Je l’avais vu lors de son passage au grand journal de Canal et j’avais eu du mal à comprendre l’engouement des chroniqueur pour ce personnage vraiment vraiment trop « über » pour moi.
    Avec explication, j’ai bien l’impression qu’à défaut d’être mon prochain film culte cela pourrait bien faire parti des films à voir.

  2. Ravi de voir que mon manque d’assiduité n’entame pas ta fidélité.
    Je te recommande en effet chaudement ce film, même si je suis conscient que tout le monde ne peut pas adhérer à cet humour.

  3. Pour avoir vu le film, je confirme les plusieurs niveaux de lecture.
    Souvent trash, Brüno ne met pas mal à l’aise que les protagonistes de son film über provocateur.
    A voir tout de même…

  4. Je suis partagé. D’une part, il est difficile de savoir si les « victimes » (disons le paasteur) étaient au courant de la façon dont l’entrevue serait menée et de son but.

    Il y a aussi divers niveaux de comique: les techniques d’encaluge du début n’ont pour prétexte que de provoquer de gors rires gras alors que la séquence avecle bébé noir dans un talk show du Texas demande un décodage baucoup plus raffiné.

    En fait, je en suis pas même pas certain que l’homosexualité du personnage soit importante. Tout comme pour Borat, Ne serait-ce pas plutôt son imbécilité qui fait sa différence?

    Je trouve l;a déamrche intéressante, en partie, mais je suis loin de crier au chef-d’oeuvre du cinéma vérité

  5. Je suis partagé. D’une part, il est difficile de savoir si les « victimes » (disons le paasteur) étaient au courant de la façon dont l’entrevue serait menée et de son but.

    Il y a aussi divers niveaux de comique: les techniques d’encaluge du début n’ont pour prétexte que de provoquer de gors rires gras alors que la séquence avecle bébé noir dans un talk show du Texas demande un décodage baucoup plus raffiné.

    En fait, je en suis pas même pas certain que l’homosexualité du personnage soit importante. Tout comme pour Borat, Ne serait-ce pas plutôt son imbécilité qui fait sa différence?

    Je trouve l;a déamrche intéressante, en partie, mais je suis loin de crier au chef-d’oeuvre du cinéma vérité

  6. Tout à fait d’accord avec toi ! Au-delà d’un film que certains prendront au premier degré et diront « c’est nul, abject et vulgaire », c’est une vraie critique du monde d’aujourd’hui vu d’en haut, dans ses excès et ses ridicules. On risque de sortir en disant « c’était bizarre ce film, mais j’ai bien rigolé », au fond on a quand même bien besoin de lui.

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Culture

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