30 septembre 2008

# Bye Bye Bling Bling

bling bling hip hop 1En moins d’un an, le « Bling Bling » a quitté l’underground et la sphère hip hop pour atterrir dans la bouche de tous les journalistes et de Madame Michu.

Or, diamants, surenchère de brillance et d’éclat, mais aussi goût pour l’ostentatoire et l’excès, la démesure et l’accumulation, le Bling Bling était une des tendances fortes de 2008. Pour preuve, l’utilisation du mot par toutes les couches de la population, de Claire Chazal au buraliste du coin.
Une simple Rollex et une paire de Ray Ban sur notre Président sont désormais qualifiés de Bling Bling par ses détracteurs. Le mot est devenu synonyme du « mauvais goût des nouveaux riches ».

Le Bling Bling ne désigne désormais plus les spinners (jantes qui tournent sur elles-mêmes par inertie) sertis de diamants de certains 4X4, ni les montres à 100k€, les grillz (bijoux qui recouvrent les dents des rappeurs) et encore moins un lifestyle promu par les figures de proue du Crunk.
Le Bling Bling renvoyait aux autres une image de prospérité (réelle ou factice) ou du moins un (mauvais) goût pour l’ostentatoire, et était censé prouver la réussite de rappeurs partis de rien.

Absolut Vodka One Million Paco RabanneFaussement inspirés par l’air du temps et le goût pour la customisation des consommateurs, de nombreuses marques se sont lancées dans le Pimp Bling Bling : téléphones, ordinateurs portables, bouteilles de vodka, vêtements, flacons de parfum…à grand coups de dorures ou de diamants (la plupart du temps de la peinture dorée et du verre).

Mais le concept connaît ses dernières heures, au grand dam de la ménagère de moins de 50 ans, qui disposait d’un nouveau mot dans son vocabulaire pour épater ses copines et montrer sa branchitude.
La surconsommation jusqu’à l’écœurement mais surtout le contexte  financier et économique actuel risquent de changer la donne plus vite que prévu.
Avec un pouvoir d’achat à la baisse, un fossé entre les riches et les pauvres qui se creuse, le tout saupoudré d’un climat de plus en plus puritain, le Bling Bling fait désormais « déplacé ».

Au mieux, vos accessoires Bling Bling vous feront passer pour quelqu’un de superficiel, au pire pour un provocateur qui étale vulgairement  ses signes extérieurs de richesse.
Et même si notre société est durablement ancrée dans le matériel, il y a fort à parier que le consommateur se recentre un peu plus sur l’essentiel et affiche des choix plus discrets : simplicité, qualité, raffinement.

Le Bling Bling est mort, une bonne nouvelle pour les gens de goût que vous êtes.

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  1. Si en France le bling bling devient out, en Italie (du sud), ca bat son plein! Pas un t-shirt, une paire de chaussures, un sac a mains ou un jean sans la lignee de petits brillants et autres « diamants* » qui les decorent…
    Et je ne parle pas des paillettes astucieusement posees lors de la seance maquillage sur le visage de ces demoiselles…

    La panoplie complete: boucles d’oreilles, maquillage paillete donc, bagues, bracelets, colliers, mais surtout: le petit diamant colle sur les dents (si si), les ongles (et a tous hein, on n’en oublie pas), la boucle de ceinture entierement faite de brillants, le petit haut qui brille (au choix les diamants ou des ecritures/logos couleur or ou argent), la couture de jean cousue avec diamants, et les chaussures! Le sac a mains et la veste sont evidemment assortis. Quelquefois le telephone et/ou sa pochette aussi.

    Ce n’est pas du tout considere ici comme marque de mauvais gout ou signe de prosperite, ce n’est pas vulgaire, c’est juste la mode, qui s’applique a tous et a toutes.
    La clientele est ciblee: 13-35 ans.

    L’Italie est le pays ou tout est encore beaucoup base sur l’apparence, ou l’on se montre, ou la vie elle meme est un theatre et il n’est pas question de manquer un acte.
    On se pare, on se decore, on brille et on illumine.

    Et c’est toujours autant surprenant, meme apres presqu’un an ici!

    (* les diamants: il ne s’agit pas de vrais diamants mais de brillants, en verre ou en plastique la plupart du temps).

  2. Je n’ai malheureusement pas l’impression que le bling-bling soit mort, au contraire, c’est une tendance lourde, qui n’est pas si récente, et qui est là pour rester!

    PS: Oui, c’est désolant 🙂

  3. Je pense qu’il y a confusion ici entre le vrai bling bling, qui consiste à tout saupoudrer de brilants et de glamour, et l »ostentation.

    Il y a une différence entre l avraie Rolex sertie de dimants et une montre à quelques dollars serties de pierres du Rhin.

  4. Pour moi, il n’y a pas de confusion.
    D’un côté il y a le bling bling hip hop, un style partie intégrante d’une culture.

    De l’autre, une expression détournée de son sens premier et une tendance grande conso pour le clinquant.

    Mon propos ne concerne évidemment que la tendance de consommation. La « crise » actuelle n’étant qu’à ses débuts, on ne verra ses premiers impacts que dans quelques mois.
    La mort de la tendance bling bling ne sera donc réellement visible que dans quelques mois…

  5. Très intéressante réflexion qui rejoint celle de mon cahier de tendances sur buzz2luxe (en cours de rédaction…). Il y a eu l’affaire du Vogue India qui a aussi remis les pendules à l’heure. Jeff Koons à Versailles, Kate Moss en or, le crâne en diamants de Hirst, on voit aussi le phénomène en art contemporain, depuis le petit monde des collectionneurs et des spéculateurs avec un nouveau mouvement, ou plutôt nouvelle classe baptisé « Art affairs ». D’où un contre-courant culturel émergenant qui serait de montrer l’autre version du monde, de l’art brut à l’art povera. La ferrari en fossile de Mason Massacre est ce beau vestige bling bling. Le plaqué or, ça finit toujours par rouiller.

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