# Lancement de L’Oréal Professionnel Homme

mannequin l\'oreal professionnel hommeL’Oréal Professionnel invitait mercredi soir plusieurs blogueurs à l’occasion du lancement de sa nouvelle marque : L’Oréal Professionnel Homme.

Je dois dire que dans un premier temps je me suis demandé pourquoi la Marque ciblait les blogueurs pour cette opération. Les produits professionnels sont vendus exclusivement à travers le circuit des salons de coiffure, à priori il est peu probable que nos comptes-rendus incitent nos lecteurs à l’acte d’achat. Pourtant, c’est un travail d’éducation qui a été fait auprès de nous (un client exposé et sensibilisé à une marque professionnelle sera plus enclin à demander à l’essayer en salon, et à l’acheter) ainsi qu’une démarche de connaissance mutuelle (qui j’espère se poursuivra dans la durée). Mon doute sur la légitimité de cette opération s’est très vite dissipé.

Quelques mots sur la marque. L’Oréal Professionnel Homme souhaite répondre aux nouveaux besoins des hommes, qui enrichissent les traditionnelles gestuelles d’hygiène (douche /rasage) de nouveaux rituels. Après la peau, le cheveu devient un élément d’attention : pellicules, chute, manque d’éclat…L’Oréal Professionnel Homme apporte des produits spécifiques (par leur texture, leur odeur, mais aussi un packaging fortement identitaire…). A titre personnel, j’utilise déjà des produits L’Oréal Professionnel (notamment le gel « Playball ») que je considère réellement supérieurs à des produits de grande consommation.

Revenons à la soirée. Le speech et le classique Powerpoint ont très vite laissé place à la pratique. Pour commencer, démonstration de Color 5′, produit qui estompe les cheveux blancs. Si la première démo a été faite sur un mannequin homme poivre et sel, très rapidement c’est l’unique blogueur pourvu de (quelques) cheveux blancs de l’assemblée qui a pris sa place : l’ami Eric Maillard. Résultant probant, Eric en est sorti très « fresshhhh ».

C’est ensuite TOUS les blogueurs qui ont pris place sur les bacs à shampoing pour profiter du talent des coiffeurs / créateurs présents et tester les produits de la gamme en conditions réelles. Certains ont même changé significativement de coupe, comme Baptiste, Mry ou Cyril par exemple (photos chez Greg).

Servie par un casting de blogueurs animés d’un sympathique esprit de camaraderie et par une très belle organisation, la marque L’Oréal Professionnel Homme se construit une belle image et un capital sympathie. Soulignons la présence et l’implication du Management de la Division des Produits Professionnels de L’Oréal (Marketing, Communication, Direction, Formation…) dans l’évènement. Je trouve cela très important, car il n’y a qu’en venant à notre rencontre que les marques, mais surtout les décideurs, nous connaîtront.  Les opportunités de parler en direct avec ses clients sont toujours à saisir ; nous ne sommes pas cette entité mystérieuse et effrayante appelée « les blogueurs », nous sommes VOS clients.

Pour conclure, comme beaucoup, je dois souligner le travail de Virginie Muti et Olivier Billon, l’équipe Internet & CRM de la Division des Produits Professionnels, qui a organisé à merveille cet évènement, SANS AGENCE, mais avec une vraie connaissance de son métier et de la blogosphère. Félicitations.

PS : L’Oréal Professionnel Homme ayant été très généreux, je peux faire profiter ceux qui sont intéressés de mon petit « sac cadeau » (shampoing et après shampoing « contrôle + » pour cheveux indisciplinés, gel « WET » effet mouillé, crème discipline et brillance « BRILLANTINE », cire brillance et tenue « WAX »). Envoyez-moi un mail en précisant ce que vous voulez tester (attention, je n’ai qu’un produit de chaque).

PS2 : Comme d’habitude, c’est avec ma casquette “blogueur “que j’étais présent, pas en tant que “L’Oréalien”. Ce compte-rendu se veut aussi objectif que possible.

l\'oreal professionnel homme

# Le cyberpunk est mort

Cyberpunk
J’évoquais dans un billet le steampunk, le cousin du cyberpunk. J’avais envie d’approfondir  ce courant qui est majoritaire aussi bien dans le cinéma que dans la bande dessinée et même la musique. Comme évoqué, le cyberpunk est un mouvement basé sur l’omniprésence des réseaux informatiques, la disparition des limites homme/machine et sur le courant politico-culturel contestataire punk. Wilson Gibson est le pionner de la cyberculture grâce à son livre Le Neuromancien (1984), d’autres auteurs comme Philip K. Dick (Blade Runner, Minority Report), Georges Orwell (1984) contribueront à lancer le mouvement. Le Neuromancien est une dystopie, parfaite opposition à l’utopie, un récit de fiction se déroulant dans une société imaginaire, dans laquelle la drogue et la violence sont omniprésentes. Le héros est un pirate informatique, capable de se connecter au cyberespace, une matrice virtuelle de données et de programmes, en se branchant directement à un ordinateur. Ils ne sont pas nombreux à posséder ce don et sont donc très recherchés. Ca vous rappelle quelque chose ?

Apocalypse now
Les œuvres cyberpunk ont souvent mis en relief les défauts de la société. Elles décrivent de façon apocalyptique les problèmes de surpopulation de pollution, de criminalité, du gouffre entre une minorité de très riches et une majorité de très pauvres. Les thématiques se déclinent sur les thèmes de la politique (tyrannie fasciste ou communiste), méga corporatisme, post-apocalypse, clonage, le tout informatique et les sous-genres se spécialisent dans chacun d’entre eux. Avec la suppression des interfaces homme / machine, le cyberpunk voit dans la libre circulation de l’information une voie de progrès, une force de libération. Le héros utilise la technologie pour se retourner contre la machine elle-même. En ce sens, la technologie intégrée à l’homme est un espoir, un moyen d’améliorer son existence, une porte pour un futur. Ici se trouve la confrontation avec le mouvement punk qui revendique « No future » quand le cyberpunk affirme « Future is now ».

Hacktivisme
Le (anti)héros cyberpunk transcende pratiquement toujours la dichotomie homme-machine dans son usage des technologies du virtuel.  Avec une attitude résolument punk, il résiste au déterminisme face aux multinationales et autres matrices, au pouvoir quasi-divin. Hacker de génie, il se retrouve souvent seul, utilisant ses dons ou son pouvoir pour devenir l’épine dans la colonne vertébrale du système. Sur la symbolique de David et Goliath, il prône la désobéissance civile, libère l’information et par conséquent, les populations. L’hacktivisme, s’est créé sur cette base idéologique, faisant porter sur le hacker une mission de libération, les regroupant aux seins de communauté, certains travaillant à combler les failles (les White Hats), d’autres à les exploiter (les Black Hats). Il n’y a pas de manichéisme dans l’hacktivisme, car ceux qui réparent les failles le font parfois au profit de… multinationales !

Stalker un jeu cyberpunk

Sur tous les supports, les cyberpunk se développent bien. Esthétiquement il laisse une grande liberté d’expression et supporte les variations futuristes (Matrix) comme post apocalyptiques (Mad Max).

Les mangas Akira, Ghost in the Shell, les films Blade Runner, ExistenZ, les livres de Philip K Dick et de William Gibson sont de bonnes références pour illustrer le genre. Musicalement, l’indus, la Drum & Bass, la Goa ne sont pas littéralement cyberpunk mais elles sont régulièrement associées au genre pour leurs côtés futuristes et sombres.

Le cyberpunk est mort
Paradoxalement, en donnant naissance à de nouveaux concepts technologiques, les auteurs cyberpunk ont atteint l’apogée du mouvement dans les années 1980 avant la démocratisation d’Internet et des réseaux informatiques. Les années 2000 n’ont été qu’une prolongation du mouvement avec l’emploi des nanotechnologies et de la génétique. Les textes de fiction de l’époque ont, d’une certaine manière, façonné l’imaginaire de notre société et inspiré les innovations actuelles (écrans tactiles, bras bioniques…) par un processus de médiation culturelle.

Ils ont anticipé l’avenir imminent, non seulement l’avenir esthétique, mais l’avenir technique, politique et social de la société postmoderne, celle que nous vivons.

#L’Homme Magazine et tour d’horizon de la presse masculine

L\'Homme Magazine juin juillet 2008 Ariel WizmanL’Homme Magazine

2008 sera l’année des magazines masculins. Après GQ et L’Optimum, le dernier né des guides de survie pour messieurs s’appelle sobrement L’Homme Magazine.
Arrivé sur le marché près de quatre mois après la concurrence, le premier numéro de l’Homme Magazine (juin/juillet) doit absolument se démarquer s’il compte bousculer les toutes fraîches habitudes du lectorat des mensuels masculins.

Le premier numéro de GQ proposait un nombre indécent de pages, avec près de 30% de pub. En contrepartie le prix de lancement était de 1€ seulement.
L’Homme Magazine s’affiche quant à lui à 5.90€ (versus 3.4€ pour GQ) mais est quasi exempt de pub. En main, le mensuel fait un peu léger pour son prix.

A l’intérieur, la mise en page est tout ce qu’il y a de plus efficace ; « less is more » comme dirait l’autre. Police helvetica noire, pour les titres et le texte. Un onglet rouge indiquant la rubrique vient rehausser un peu le tout.

Par contre, la photographie et la qualité ne tiennent pas la comparaison avec un GQ, beaucoup plus luxueux. L’Homme Magazine bâcle la fin de son numéro qui prend des airs de VSD.
Au niveau du contenu, grosse déception. L’info n’est pas de toute fraîcheur (retour sur l’iPhone), les thématiques calquées sur celles de GQ (au point de reprendre dans sa rubrique « style » la saga Lacoste abordée dans le GQ n°2 - et le désormais facile portrait de dandy, ici Ariel Wizman).

Bref, à trop peaufiner sa sortie, l’Homme magazine manque cruellement de saveur alors que GQ et consorts trouvent leur ton et leur identité.

L\'Officiel Hommes - Printemps été 2008L’Officiel Hommes

Pour son numéro 12, l’Officiel Hommes ravira les amateurs de photographies en tout genre. Les articles sont vite survolés et semblent là pour justifier la présence des sempiternelles sélections « musique, expos, livres, DVD… ». La valeur ajoutée de ce trimestriel réside surtout dans la beauté de l’image et de son approche tranchée de la masculinité : le magazine montre un homme sensuel et charnel autant que casse-cou et bagarreur. A acheter ne serait-ce que pour faire plaisir à madame. (312 pages, 6€)


Upstreet

Le magazine anglais se veut pointu et élitiste, aussi bien dans ses articles, sélections que dans son approche de la mode. Upstreet s’adresse à un homme exigeant dans ses choix culturels, haut de gamme dans son style de vie, et qui ne souhaite surtout pas passer inaperçu. (tous les 2 mois -159 pages , 1€)

GQ

GQ juillet 2008 Alain Chabat

Pour son numéro 5, GQ prend ses marques et se détache de ses aînés américains et anglais. Il semble que le magazine se prenne moins au sérieux. Ca tombe bien, parce qu’il reste des lacunes surtout quand il faut aller chercher de la news bien fraîche : « Pork and beans qui cartonne déjà sur les ondes américaines », nous dit-on… (on en parlait en mai sur okcowboy) ; Beigbeder interviewe Michael Youn, le comique trash tendance d’il y a 5 ans…

Heureusement, il reste “GQ Salon”, la série d’articles intelligents, et “la Saga”, qui à chaque numéro retrace l’histoire d’une marque mythique (ce mois ci Ralph Lauren).(178 pages, 3.40€, à feuilleter sur http://www.gqmagazine.fr/)

# Pin-up : Betty Page, Queen of Pin-up (2/2)

betty page maillot de bainDans le précédent article consacré aux pin-up, je vous ai introduit, si vous ne le connaissiez pas, le personnage de Bettie Page. Les Marilyn Monroe, Veronica Lake, Rita Hayworth and co. n’ont malgré leur succès jamais exploré aussi loin leur potentiel d’érotisme, de fantasme, d’admiration, de culte que Bettie Page.

De Bettie à Betty

Bettie naît en 1923 dans le Tennessee dans une famille modeste. Elève modèle, elle ne fréquente que peu les garçons et préfère s’adonner à la rédaction du journal de son lycée. Elle obtient une bourse scolaire et devient enseignante en 1944. Elle se marrie divorce un an après et déménage à San-Francisco où elle enchaîne les jobs de secrétaire et devient mannequin.

C’est en 1951 qu’elle rencontre Irving Klaw qui la met en scène dans des photos fétichistes, en particulier de bondage. Elle rencontre un vif succès dans ce genre distribué sous le manteau.
En 1954, elle rencontre Bunny Yeager, super model de l’époque, et réalise avec elle des photos qui seront parmi les plus connues. C’est d’ailleurs ces photos qui la font connaître auprès de Hugh Heffner(créateur de Playboy). Bettie fait la couverture du mois janvier 1955 de Playboy.
Vers 1959, Bettie prend sa retraite et se consacre à la religion. Elle finit par disparaître et laisser derrière elle le mystère Bettie Page. Jusqu’au années 90, personne ne sait si elle en vie ou si elle se cache. Une équipe de journalistes la retrouve à Los-Angeles, où elle vit tranquillement dans l’anonymat. Ayant laissé son passé de modèle derrière elle, elle ignore qu’un véritable culte lui est voué. Depuis, avec Hugh Heffner et son armée d’avocats, elle tente d’être indemnisée des royaltees non perçues depuis plusieurs décennies sur ses photos et produits dérivés. On estime à plus de 20 000, le nombre de photos de Bettie Page.

Qui est Bettie Page ?

betty page combi cuirbetty page january playmate playboyLe succès de Bettie page est essentiellement lié à la contradiction de son personnage. Celle que l’on nomme «The Body», «L’Allumeuse du Tennessee», «La Reine des plaisirs défendus», «The Queen of Bondage» “The Dark Angel,” est loin d’être le personnage sulfureux que l’on pourrait penser. Bettie faisait son travail de modèle avec enthousiasme, consciencieusement. Même lorsqu’il s’agissait de participer à des séances de bondage, Bettie prenait beaucoup de recul, voire faisait preuve d’une certaine naïveté :

betty page plage« Je ne sais pas ce que cela veut dire d’être une icône ». Je n’ai jamais pensé à moi comme étant cela. Je trouve ça étrange. Je ne faisais que poser, penser à faire le plus de poses différentes possibles. Je gagnais plus qu’en étant secrétaire. J’avais beaucoup de temps libre. Vous pouviez revenir travailler après plusieurs mois d’absence. Je n’aurais pas pu faire ça si j’avais été secrétaire. »

Cette distance avec le métier se ressent dans ses photos. Tantôt naturelle, tantôt sophistiquée, parfois timide, parfois audacieuse, allumeuse ou réservée, il émane une véritable fraîcheur des photos de Bettie Page, même dans les poses les plus perverses. Son expression si particulière, si ambiguë faisait dire au magazine Playboy, dont elle fait la couverture en 1955 : « [ce magnifique sourire] suggère aussi bien le fruit défendu que la tarte au pommes… ».

Ce personnage à multiples facettes, ce mystère, ses expressions équivoques suffisent à faire fantasmer des milliers d’hommes à travers la planète et à inspirer autant de femmes. Quand elle disparaît, Bettie laisse derrière elle un fan club qui se pose toujours la question : Qui est Bettie Page ?

Entre culte et merchandising?

Bien qu’underground aujourd’hui encore, Bettie Page a fortement influencé l’art populaire : starlettes, cinéastes, dessinateurs et peintres, nombreux sont ceux qui empruntent à Bettie ou à son imaginaire. A commencer par Dita Van Teese, qui avec une frange aurait tout du parfait sosie. D’ailleurs, saviez vous que la frange de Bettie est due au hasard : « [Jerry Tibbs] a été celui qui m’a fait porter la frange.[...] Un jour, il m’a dit ‘Bettie, tu as un grand front. Je pense que tu serais plus jolie si tu te faisais une frange pour le couvrir’[...]. Ils disent que c’est ma marque de fabrique. »

rocketeer bettypinup02

Parmi les dessinateurs on trouve Dave Stevens, créateur du comic book Rocketeer. Stevens a prêté les traits de Bettie Page à la fiancée du héros. Greg Theakston, illustrateur d’affiches de films, dessinateur pour DC comic a tenu pendant plusieurs années le magazine The Betty Pages, un comic en son honneur. En France, le duo Le Pennetier / Berthet redonne une jeunesse à Bettie à travers le personnage de Poison Ivy dans la BD « Pin Up » (1994).

Récemment, le film The Norious Bettie Page (2006) revient sur l’histoire singulière de cette icône. Il est impossible de recenser tous les clins d’oeils, plus ou moins appuyés, au travail de Bettie.

betty page bougieLe merchandising quant à lui, licencié ou non, se gave de l’iconographie du model, avec plus ou moins de bonheur (souvent moins).

Malgré tous les efforts déployés à travers cet article, certain(e)s arriveront à la fin de cette note (maintenant) en se disant : « so what ? ». Ce à quoi je répondrai par un citation du site officiel : « pour ceux qui comprennent qui était Bettie Page, aucune explication n’est nécessaire ; pour ceux qui ne comprennent pas, peut-être qu’il n’y a pas d’explication possible. Pourquoi ? parce que Bettie Page était et reste un phénomène underground, une curieuse « bad girl next door » - une sorte de plaisir coupable collectif… ».

# Dyson et le prodesign

Le 22 mai, Dyson ouvrait un nouveau Showroom sur Paris et c’était l’occasion pour eux, par l’intermédiaire de l’agence Via Nova Spheris, de présenter deux nouveaux modèles dans leur gamme.

Aspirateurs Dyson Ils sont beaux, ils sont biens, ils sont petits et un peu chers. Je vous renvoie sur le site officiel si vous voulez plus d’infos, car pour ma part, ma passion des aspirateurs s’arrête là. Non, ce qui m’a plu en fait, c’est le discours des gens chez Dyson, la philosophie pour être plus précis. Dans cette entreprise pas comme les autres, on refuse de dire que les aspirateurs sont « design ». Ils ne sont pas beaux, parce qu’ils n’ont pas été conçus pour ça. Lorsque le produit trouve sa forme, ses lignes, son esthétisme grâce à sa fonction, on touche du doigt le concept de Prodesign.

Naissance du good design
Après la guerre, les USA, qui ne sont pas préoccupés par la reconstruction, ont la main mise sur le design. En 1950, le conservateur du Museum of Modern Art Edgar Kaufmann Jr publie « What is good design ? », un livre dans lequel il définit sa vision du design, en 12 principes, très novateurs mais également contraignants.
Dans un premier temps très suivis, ces principes se sont peu à peu avérés dépassés, car tendant à un idéal du design. Un nouveau courant commença alors à émerger. L’idée était de partir de l’objet en lui-même. Si cet objet répondait à un certain nombre de critères alors il relevait du design sinon il appartenait au marketing, à la décoration, l’étude de style, la mode, à la grande consommation.

Changement de mentalité
Le prodesign est un design d’innovation, d’invention basé sur 7 critères : l’utilité, l’ergonomie, la simplicité, l’écologie, la durabilité, le coût, l’esthétique et l’innovation.
Pour résumer, l’objet prodesign est un objet socialement utile, à base de matériaux écologiques et durables, accessible à tous financièrement et qui mette en avant de nouveaux matériaux, des nouvelles technologiques.
Tous ces critères ne doivent pas obligatoirement être réunis mais ils permettent d’évaluer le potentiel de novation d’un produit.
Si ces critères vous semblent évidents, regardez autour de vous le nombre d’objets polluants, excessivement chers, compliqués et vous comprendrez que les logiques de marketing, de gaspillage, de consommation ont de beaux jours devant elles.

Tente Quechua

La tente Quechua de Décathlon est un bon exemple de prodesign. Je parle de cette tente à arceaux qui se déplie toute seule en quelques secondes. Cet objet, en 1000 ans, n’avait pratiquement jamais été amélioré. Les peaux de bête tendues entre quatre piquets avaient juste été remplacées par de la toile… Ce produit est l’illustration parfaite d’une recherche basée sur l’optimisation de gestes, de matériaux et de prix.

Un aspirateur prodesign
Dyson est un ingénieur et non un designer. Avant de mettre au point l’aspirateur qui porte son nom, il a inventé ou amélioré des bateaux et des systèmes d’arrosage. Il avait également, sur des brouettes de jardin, remplacé la roue avant par une boule et élargi les pieds pour éviter qu’ils s’enfoncent dans la terre.
L’aspirateur sans sac n’est pas né d’une volonté marketing. Son design est inspiré de la technologie des hottes de scieries, qui séparent la sciure de l’air grâce à un effet cyclone. Dyson a donc trouvé une solution mécanique au problème de sac qui se bouche et se colmate. C’est tout l’esprit du prodesign que de proposer une solution à une fonction insuffisamment remplie.

Airblade Dyson

Lors de cette soirée, j’ai ainsi découvert un autre objet prodesign, qu’auparavant je détestais : le sèche-mains. L’airblade de Dyson est pour le coup vraiment révolutionnaire. Comme vous le voyez, lorsque vous glissez vos mains dans l’appareil, une fine mais puissante lame d’air froid (d’où Airblade, héhé) vient décher vos mains en douceur. On se demande alors comment personne avant n’avait pu y penser plus tôt…

Néanmoins, il existe une contrepartie à cette logique de design, qui d’ordre financière. En effet, proposer des nouveaux matériaux, des nouvelles formes ou techniques de production nécessitent la plupart du temps de déposer des brevets et ca coute de l’argent, beaucoup d’argent selon les business auxquels on touche.

# Pin-up: des filles qu’on épingle (1/2)

Pin-Up pour Coca-Cola« [La pin-up] attend, la pointe des seins braquée vers le ciel à un angle de DCA, la taille réduite à sa plus étroite expression, et la croupe généreusement bombée, bien fendue ; ses cheveux retombent, en vagues brillantes, sur des épaules dénudées mais chaudes - ça se sent - dont une étoffe transparente dessine la rondeur avec précision. Quand on les voit, les jambes sont longues et lisses, et l’intérieur de la cuisse souvent apparent, malgré l’interdiction de la censure américaine [...]
Ceci n’est qu’un modèle de pin-up girl. Ils en font de tous les genres. Je ne vais pas vous les décrire, ce journal se refuse en général à insérer des textes très pornographiques, et il faudrait, pour être complet, que je vous décrivisse aussi mes réactions. »

Eccéité de la pin-up girl par Boris Vian La Rue, numéro 11, 20 Septembre - 4 octobre 1946

Histoire de la pin-up
La première pin-up fut imprimée dès 1897 dans le magazine américain Life. Dès le début, les pin-up girls connurent un succès auprès des hommes aussi bien que des femmes. Celles-ci incarnaient en effet une nouvelle représentation de la Femme, sophistiquée et libérée.

VargaLa popularité des pin-up augmente au début du 20e siècle, notamment après la première guerre mondiale avec l’apparition des Pulp Fictions, ces romans sur papier bas de gamme dont la couverture mettait souvent en scène des pin-ups. Dans les années 30, Alberto Vargas peint à l’aérographe des pin-up pour le magazine Esquire. Il connaît un succès mondial avec ses filles qui illustraient les articles de ce magazine largement distribué.

Mais l’apogée de la pin-up a lieu dans les années 50. La deuxième guerre mondiale a permis l’expansion du phénomène grâce aux GI qui emmenaient leurs pin-up préférées dans leur paquetage. Certains pilotes ornaient même leur avion de ces splendides créatures de peinture (nose art).
La pin-up fit également beaucoup vendre : calendriers, cartes postales, boîtes d’allumettes…tout support imprimable était bon pour accueillir une demoiselle peu vêtue. Nul doute d’ailleurs qu’une partie du succès commercial de Coca-Cola provient des premières campagnes publicitaires jamais avares de jolies pin-up.

Art FrahmGil Elvgren

Les années 70 voient arriver un changement de taille : la généralisation de l’utilisation de la photographie. Les pin-up jusqu’alors peintes à l’aérographe prennent vie et offrent le statut de star aux plus célèbres des modèles : Ann Sheridan, Veronica Lake, Rita Hayworth
L’apparition de magazines comme Playboy aura finalement raison de la pin-up : et oui, le consommateur masculin préférera l’anatomie dévoilée des mannequins plutôt que le coquin suggéré des pin-up.

Le fantasme :
Comme le dit Boris Vian, des pin-up, il y en a de tous les genres. De la femme fatale à la « Girl next door », la pin-up explore le subconscient masculin et lui livre tous ses fantasmes. Provocante mais jamais vulgaire, elle incarne un idéal féminin qui séduit l’homme sans se mettre à dos les femmes qui voient en elle un modèle et non une rivale.
La pin-up à travers ses différentes représentations au cours des années retranscrit également l’évolution des mœurs, notamment en termes de sexualité et de représentation de la femme.
La pin-up se couvre et se découvre en fonction du contexte culturel et moral ; elle est mise en scène comme Housewive qui fait tomber sa culotte ou en soutien de guerre drapée du drapeau américain. Sous le pinceau des artistes « cheesecake » (autre nom du genre) l’image de la femme ne fait que renvoyer le regard que l’homme porte sur elle.

pin-up piepin-up balancoirepin-up-7

Inaccessible, candide, fraîche, et pleine de promesses, ou encore fatale et ensorcelante, la pin-up a su conquérir pendant près d’un siècle la faveur du public. Mais avec le développement du porno dans les 80’s, la pin-up est tombée en désuétude. Pourtant…

Le retour des pin-up

Betty PageOn assiste depuis la fin des années 90 à un revival discret de l’imagerie pin-up. Aujourd’hui le mouvement, bien qu’encore marginal n’est plus négligeable.
Les années 90 ont vu naître une reprise d’engouement pour une icône underground des 50-60’s : Betty Page. Cette célèbre pin-up a marqué par son physique (notamment sa frange) mais également pour ses clichés fétichistes où l’expression naïve et angélique de son visage contrastait avec la mise en scène parfois glauque des photos. Elle était par ailleurs capable d’endosser le rôle de naïade comme celui de maîtresse dominatrice. Elle a inspiré nombre de dessinateurs et artistes

Le mythe Betty Page est à mettre en parallèle du mouvement néo-burlesque apparu à la fin des années 80. Le new-burlesque rend hommage aux spectacles de cabarets des années 1900 à 1930, mais aussi aux 50’s d’inspiration rockabilly.
Dita Van Teese, danseuse burlesque et icône rock est l’exemple le plus connu de ce courant. Pour l’anecdote, sa liaison avec Marilyn Manson a été le point de départ de sa célébrité. A cette période Marilyn Manson était dans sa période burlesque avec son album « the Golden Age of Grotesque », hommage aux années 30 cabarets (années 30 à Berlin…).

Autre exemple du retour des pin-up, le succès toujours présent des Suicide Girls. Même esprit Burlesque Punk / Rock à la sauce Girl Powa.

Les années 50 célébrèrent une pin-up aérographée, sex-symbol coquin aux jambes interminables, à la taille inexistante qui narguait naïvement l’objectif.
Aujourd’hui, des créatures ultra-photoshoppées et assexuées s’étalent sur les magazines, tandis que des clones de Barbie siliconés s’agitent devant des caméras numériques pour finir dans les archives d’un site de porn.

Avec les pin-up a disparu notre capacité à fantasmer et à imaginer. Un petit quelque chose de la Féminité peut-être aussi. Moi, je suis un peu nostalgique de cette période que je n’ai pas connu.

# Voyage au pays de Galles

Blogrider et l’Office du Tourisme du Pays de Galles ont récemment envoyé deux blogueurs (artscape.fr et dernier-exile.com) pour découvrir cette région et relater leur expérience sur leurs blogs.
Les deux blogueurs ramènent de leur séjour un carnet de voyage ainsi que de nombreuses photos.
Cette initiative permet de faire la promotion de cette partie du Royaume-Uni d’une manière originale et pertinente.
En effet, le choix des destinations voyages / vacances se fait de plus en plus sur internet et nombreux sont les internautes à attacher de l’importance aux commentaires faits sur leur destination potentielle.  
Par ailleurs, une telle opération donne un peu de visibilité à un pays qui n’arrive pas forcément dans le top des destinations vacances.

Baie de Rhossili, Pays de Galle, Royaume Uni, (c) Artscape2008

Baie de Rhossili, Pays de Galle, Royaume Uni, (c) Artscape2008

Le récit de voyage des deux blogueurs est intéressant dans la mesure où ils mélangent style narratif du blog et bons plans / adresses des guides de voyage. Les photos sont nombreuses et permettent d’imaginer les paysages traversés par nos deux blogueurs.
Enfin, on voit que ces derniers ont eu à cœur de restituer un compte-rendu documenté (histoire du Pays de Galles) et vivant (nombreuses anecdotes) ce qui ravira autant les amateurs d’histoire que d’aventures humaines.

Si vous aviez en tête cette destination, je pense que ces récits sauront vous décider au regard de l’enthousiasme de Sophie et Thierry.

Je vous invite à découvrir les récits de nos voyageurs :

- Le récit de  Sophie : jour 1, jour 2, jour 3, jour 4
- Le récit de Thierry : jour 1, jour 2, jour 3, jour 4 , jour 5, jour 6, jour 7

Plus d’informations sur l’Office du Tourisme du Pays de Galles.

Billet sponsorisé par Blogrider

Next Page →