Pendant ces vacances, pas grand-chose à se mettre sous la dent. J’ai l’impression que cette année encore, en août, la France s’est arrêtée. Si en plus, on rajoute les JO en Chine, rien ne va plus. Pourtant au cinéma, un film a su retenir mon attention, voire m’a rendu impatient : Batman, the Dark Knight. Après la déception de Batman Begins, reprise mièvre et fade, qui avait bradé et vulgarisé (au sens propre) les codes burtoniens de la chauve-souris, l’arrivée annoncée du Joker et celle de Double Face laissaient supposer de belles choses. Une visite dans une salle obscure m’a éclairé…
Rien de nouveau dans le ciel de Gotham
Batman veille sur Gotham City aux côtés de son ami, le commissaire Gordon. Tous les deux sont accompagnés du brillant procureur Howard Dent, « chevalier blanc » qui cherche à mettre toute la pègre derrière les barreaux. Apparaît alors, un nouveau criminel, un clown psychopathe adepte du chaos, qui promet de se débarrasser de la chauve-souris dans les airs de Gotham City.
“Batman continues“
Par rapport à Batman Begins, vous retrouverez toujours Christian Bale, qui n’a toujours pas la profondeur d’un Bruce Wayne tourmenté. Il garde encore dans les yeux la folie sournoise présentée la première fois dans American Psycho mais joue très bien les fils à papa, un brin « branleur » au lieu du dandy milliardaire. Après la vilaine Batmobile, le Tumbler, sorte de Hummer bondissant et ridiculement grossier, vous aurez droit à la vilaine moto, pas bondissante mais ridiculement grossière. Disparue la batcave, ici Batman se cachera dans un container ultra lumineux au milieu d’un terrain vague(!). On conservera également le même costume en plastique, beaucoup trop rigide pour le personnage, le rendant plus proche de Robocop que de Catwoman. Enfin la voix est elle aussi ridiculement trop grave…
Why so serious ?
Pourtant le film a sur jouir de bonnes critiques à une époque où le cinéma de divertissement américain est souvent critiqué, surtout quand il s’agit de super-héros. En effet, Batman the Dark Knight délivre un superbe héros dans une ville dévastée aux valeurs en berne, le Joker. Le film ne repose que sur son sourire et la présence du chevalier noir n’est ici qu’un pâle faire-valoir. A côté de la piètre prestation de Christian Bale, Heath Ledger sait nous faire oublier le Jack Nicholson au maquillage impeccable, qui restait pourtant selon moi, sur une parfaite représentation de fou comique, assassin déjanté motivé par la vengeance et la mort de Batman. Ici, le joker est un psychopathe, profondément anarchiste, dont le seul dessein est d’être l’auteur du chaos dans Gotham City. Batman n’est qu’un obstacle dans cette course, qu’il convient évidemment de supprimer, si possible en s’amusant.
A coup sûr, Heath Ledger rentrera dans la légende du cinéma (tout le monde parle d’un Oscar posthume et ce sera mérité) en incarnant véritablement, 2 heures 30 durant, la Folie, la Violence et l’insaisissable Chaos, à l’image d’un Malcolm McDowell dans Orange Mécanique. Sa mort violente, au sortir d’un tournage qui l’aura profondément épuisé physiquement et mentalement, renforcera sa légende, dans la lignée des Brandon Lee, James Dean, étoiles filantes trop vite éteintes dans le ciel du septième art. Le film vaut également le détour pour cette performance magistrale ainsi que pour celle d’Aaron Eckhart dans le rôle d’Harvey Dent, également très bon.
Magnifiquement filmé, entre les gratte-ciels de Chicago, on évolue ici dans un Gotham City, très contemporain, loin des tableaux que Burton pouvaient peindre. Très bien réalisé, cet opus met en lumière les qualités de Christopher Nolan (Mémento) aux travers des jeux de lumière, des explosions et une très belle scène de braquage. Le tout est soutenu par une excellente bande originale. Le “bourdonnement” du Joker est une spendide idée!
Vous l’aurez compris, The Dark Knight est à voir malgré certaines faiblesses dues à mon avis à Christian Bale. A l’instar de la trilogie Star Wars, le vrai héros apparaît ici sous les traits lacérés du Joker. Souvent plus complexes, les Dark Vador et autres Hannibal Lecter sont souvent à l’origine des plus belles légendes. C’est encore une fois le cas.


C’est l’annonce d’un grand film avec un réalisateur surdoué qui joue avec les codes temporels et qui adore mener son spectateur en bateau. Comme dans Mémento son deuxième long métrage, qui avait fait parler de lui pour la qualité de son scénario mais également parce que l’on suivait les évènements de façon anti-chronologique. Il est également le réalisateur de la nouvelle et très noire trilogie des Batman (Batman Begins, et le prochain
Le Prestige, tiré du roman éponyme de Christopher Priest, oppose deux amis magiciens surdoués. Borden (Christian Bale) a la magie dans le sang mais une condition modeste. Angier (Hugh Jackman) est un aristocrate au sens du spectacle et de la mise en scène.