# Batman The Dark Knight: critique

RuinesPendant ces vacances, pas grand-chose à se mettre sous la dent. J’ai l’impression que cette année encore, en août, la France s’est arrêtée. Si en plus, on rajoute les JO en Chine, rien ne va plus. Pourtant au cinéma, un film a su retenir mon attention, voire m’a rendu impatient : Batman, the Dark Knight. Après la déception de Batman Begins, reprise mièvre et fade, qui avait bradé et vulgarisé (au sens propre) les codes burtoniens de la chauve-souris, l’arrivée annoncée du Joker et celle de Double Face laissaient supposer de belles choses. Une visite dans une salle obscure m’a éclairé…

Rien de nouveau dans le ciel de Gotham
Batman veille sur Gotham City aux côtés de son ami, le commissaire Gordon. Tous les deux sont accompagnés du brillant procureur Howard Dent, « chevalier blanc » qui cherche à mettre toute la pègre derrière les barreaux. Apparaît alors, un nouveau criminel, un clown psychopathe adepte du chaos, qui promet de se débarrasser de la chauve-souris dans les airs de Gotham City.

“Batman continues
Par rapport à Batman Begins, vous retrouverez toujours Christian Bale, qui n’a toujours pas la profondeur d’un Bruce Wayne tourmenté. Il garde encore dans les yeux la folie sournoise présentée la première fois dans American Psycho mais joue très bien les fils à papa, un brin « branleur » au lieu du dandy milliardaire. Après la vilaine Batmobile, le Tumbler, sorte de Hummer bondissant et ridiculement grossier, vous aurez droit à la vilaine moto, pas bondissante mais ridiculement grossière. Disparue la batcave, ici Batman se cachera dans un container ultra lumineux au milieu d’un terrain vague(!). On conservera également le même costume en plastique, beaucoup trop rigide pour le personnage, le rendant plus proche de Robocop que de Catwoman. Enfin la voix est elle aussi ridiculement trop grave…

why-serious-joker

Why so serious ?
Pourtant le film a sur jouir de bonnes critiques à une époque où le cinéma de divertissement américain est souvent critiqué, surtout quand il s’agit de super-héros. En effet, Batman the Dark Knight délivre un superbe héros dans une ville dévastée aux valeurs en berne, le Joker. Le film ne repose que sur son sourire et la présence du chevalier noir n’est ici qu’un pâle faire-valoir. A côté de la piètre prestation de Christian Bale, Heath Ledger sait nous faire oublier le Jack Nicholson au maquillage impeccable, qui restait pourtant selon moi, sur une parfaite représentation de fou comique, assassin déjanté motivé par la vengeance et la mort de Batman. Ici, le joker est un psychopathe, profondément anarchiste, dont le seul dessein est d’être l’auteur du chaos dans Gotham City. Batman n’est qu’un obstacle dans cette course, qu’il convient évidemment de supprimer, si possible en s’amusant.

A coup sûr, Heath Ledger rentrera dans la légende du cinéma (tout le monde parle d’un Oscar posthume et ce sera mérité) en incarnant véritablement, 2 heures 30 durant, la Folie, la Violence et l’insaisissable Chaos, à l’image d’un Malcolm McDowell dans Orange Mécanique. Sa mort violente, au sortir d’un tournage qui l’aura profondément épuisé physiquement et mentalement, renforcera sa légende, dans la lignée des Brandon Lee, James Dean, étoiles filantes trop vite éteintes dans le ciel du septième art. Le film vaut également le détour pour cette performance magistrale ainsi que pour celle d’Aaron Eckhart dans le rôle d’Harvey Dent, également très bon.

Sourire

Magnifiquement filmé, entre les gratte-ciels de Chicago, on évolue ici dans un Gotham City, très contemporain, loin des tableaux que Burton pouvaient peindre. Très bien réalisé, cet opus met en lumière les qualités de Christopher Nolan (Mémento) aux travers des jeux de lumière, des explosions et une très belle scène de braquage. Le tout est soutenu par une excellente bande originale. Le “bourdonnement” du Joker est une spendide idée!

Vous l’aurez compris, The Dark Knight est à voir malgré certaines faiblesses dues à mon avis à Christian Bale. A l’instar de la trilogie Star Wars, le vrai héros apparaît ici sous les traits lacérés du Joker. Souvent plus complexes, les Dark Vador et autres Hannibal Lecter sont souvent à l’origine des plus belles légendes. C’est encore une fois le cas.

Permalien : http://www.okcowboy.net/article-17193447htmlarticle-17193447html

# Le cyberpunk est mort

Cyberpunk
J’évoquais dans un billet le steampunk, le cousin du cyberpunk. J’avais envie d’approfondir  ce courant qui est majoritaire aussi bien dans le cinéma que dans la bande dessinée et même la musique. Comme évoqué, le cyberpunk est un mouvement basé sur l’omniprésence des réseaux informatiques, la disparition des limites homme/machine et sur le courant politico-culturel contestataire punk. Wilson Gibson est le pionner de la cyberculture grâce à son livre Le Neuromancien (1984), d’autres auteurs comme Philip K. Dick (Blade Runner, Minority Report), Georges Orwell (1984) contribueront à lancer le mouvement. Le Neuromancien est une dystopie, parfaite opposition à l’utopie, un récit de fiction se déroulant dans une société imaginaire, dans laquelle la drogue et la violence sont omniprésentes. Le héros est un pirate informatique, capable de se connecter au cyberespace, une matrice virtuelle de données et de programmes, en se branchant directement à un ordinateur. Ils ne sont pas nombreux à posséder ce don et sont donc très recherchés. Ca vous rappelle quelque chose ?

Apocalypse now
Les œuvres cyberpunk ont souvent mis en relief les défauts de la société. Elles décrivent de façon apocalyptique les problèmes de surpopulation de pollution, de criminalité, du gouffre entre une minorité de très riches et une majorité de très pauvres. Les thématiques se déclinent sur les thèmes de la politique (tyrannie fasciste ou communiste), méga corporatisme, post-apocalypse, clonage, le tout informatique et les sous-genres se spécialisent dans chacun d’entre eux. Avec la suppression des interfaces homme / machine, le cyberpunk voit dans la libre circulation de l’information une voie de progrès, une force de libération. Le héros utilise la technologie pour se retourner contre la machine elle-même. En ce sens, la technologie intégrée à l’homme est un espoir, un moyen d’améliorer son existence, une porte pour un futur. Ici se trouve la confrontation avec le mouvement punk qui revendique « No future » quand le cyberpunk affirme « Future is now ».

Hacktivisme
Le (anti)héros cyberpunk transcende pratiquement toujours la dichotomie homme-machine dans son usage des technologies du virtuel.  Avec une attitude résolument punk, il résiste au déterminisme face aux multinationales et autres matrices, au pouvoir quasi-divin. Hacker de génie, il se retrouve souvent seul, utilisant ses dons ou son pouvoir pour devenir l’épine dans la colonne vertébrale du système. Sur la symbolique de David et Goliath, il prône la désobéissance civile, libère l’information et par conséquent, les populations. L’hacktivisme, s’est créé sur cette base idéologique, faisant porter sur le hacker une mission de libération, les regroupant aux seins de communauté, certains travaillant à combler les failles (les White Hats), d’autres à les exploiter (les Black Hats). Il n’y a pas de manichéisme dans l’hacktivisme, car ceux qui réparent les failles le font parfois au profit de… multinationales !

Stalker un jeu cyberpunk

Sur tous les supports, les cyberpunk se développent bien. Esthétiquement il laisse une grande liberté d’expression et supporte les variations futuristes (Matrix) comme post apocalyptiques (Mad Max).

Les mangas Akira, Ghost in the Shell, les films Blade Runner, ExistenZ, les livres de Philip K Dick et de William Gibson sont de bonnes références pour illustrer le genre. Musicalement, l’indus, la Drum & Bass, la Goa ne sont pas littéralement cyberpunk mais elles sont régulièrement associées au genre pour leurs côtés futuristes et sombres.

Le cyberpunk est mort
Paradoxalement, en donnant naissance à de nouveaux concepts technologiques, les auteurs cyberpunk ont atteint l’apogée du mouvement dans les années 1980 avant la démocratisation d’Internet et des réseaux informatiques. Les années 2000 n’ont été qu’une prolongation du mouvement avec l’emploi des nanotechnologies et de la génétique. Les textes de fiction de l’époque ont, d’une certaine manière, façonné l’imaginaire de notre société et inspiré les innovations actuelles (écrans tactiles, bras bioniques…) par un processus de médiation culturelle.

Ils ont anticipé l’avenir imminent, non seulement l’avenir esthétique, mais l’avenir technique, politique et social de la société postmoderne, celle que nous vivons.

# Le steampunk

steampunk-mouseA l’occasion de la rediffusion de La cité des enfants perdus, j’ai eu le plaisir de redécouvrir l’univers de Jean-Pierre Jeunet, un univers esthétiquement très travaillé, très coloré, intemporel et improbable, celui que l’on retrouve également dans Delicatessen.

Ces mondes que conçoivent Jeunet et Caro empruntent beaucoup dans ses gadgets à un courant que l’on nomme le Steampunk, un sous genre de la science-fiction nommé par analogie au cyberpunk.

Engrenages et conduites vapeur

Le steampunk, littéralement punk à vapeur, est de la science-fiction écrite de nos jours, mais qui se déroule au XIXème siècle, de préférence à l’ère victorienne et qui situe souvent l’action soit dans l’uchronie (monde alternatif) soit dans un monde parallèle. Les anglo-saxons appellent cela « le chemin qui n’a pas été pris ».

Les bases du steampunk sont d’imaginer que les machines à vapeur se sont tellement développées que les moteurs n’ont pas vu le jour. L’absence de pétrole a retardé l’invention des matières plastiques, de l’électricité et de l’informatique.

A l’inverse, l’industrie du charbon et la métallurgie sont très développées.

Le steampunk, fondé sur l’avènement de la vapeur se caractérise donc par ses gigantesques constructions, ses tuyaux, des mécanismes actionnés par des leviers, des claviers et des engrenages.

iPod Steampunk

Les limites du steampunk sont larges et même si les puristes préfèrent l’époque victorienne, il est possible de prendre des libertés, aussi bien dans l’époque, que dans les façons de le représenter.

Le steampunk, cousin du cyberpunk.

Le steampunk est à l’origine issu de délires littéraires de K.W. Jeter, Tim Powers, James Blaylock, dans des hommages à la révolution industrielle, époque révolue mais qui aura marqué l’économie et les mentalités. L’occasion était donc belle de créer un monde alternatif bourré d’anachronismes, fantasque, où les inventions extraordinaires ont un esthétisme codifié et des figures imposées (ordinateurs à vapeur, robots hybrides, mécanicien de génie, clones et machines).

« Le steampunk s’efforce d’imaginer jusqu’à quel point le passé aurait pu être différent si le futur était arrivé plus tôt. »

Le steampunk est un dérivé du cyberpunk, mouvement basé sur l’omniprésence des réseaux informatiques, la disparition des limites homme/machine (cyber-cybernétique) et sur le courant politico-culturel contestataire (punk).

Le steampunk, lui, n’a pas de vocation politique. Contrairement au cyberpunk, qui met en scène un futur proche ultra-technologisé, souvent glauque et pessimiste, le steampunk a souvent une vision positive, voire festive et plus chaleureuse. Esthétiquement, le premier met en scène un futur passéiste quand le second est un passé futuriste.

Il existe deux courants. Le premier est celui de Powers et Blaylock, qui ont créé leur propre univers dans les contraintes fixées par le genre. A l’inverse, le second est ultra référentiel et renvoie à l’environnement littéraire et culturel de l’époque en accumulant les personnages réels ou imaginaires (Frankenstein, Sherlock Holmes, Dracula, Jack l’éventreur) ou en s’inspirant des romans de Verne ou Wells. La Ligue des gentlemen extraordinaires d’Alan Moore est un bon exemple de ce dernier sous-genre.

Le steampunk sous toutes ses formes

Même si à l’origine, le mouvement steampunk s’exprime à l’écrit, de nombreux artistes n’ont pas manqué de représenter ces délires mécaniques sur d’autres supports.

Côté littérature, les trois œuvres majeures sont celles de Jeter, Machines infernales (1979), de Powers, Les voies d’Anubis (1983) et Blaylock, Homunculus (1986).

Au cinéma, des films comme La cité des enfants perdus, Delicatessen, Wild Wild West empruntent au steampunk mais n’en ont pas tous les codes. Les puristes jugent le potentiel du ce courant encore mal exploité.

Les films d’animation comme le Château dans le ciel, le Château ambulant et surtout Steamboy montrent de très beaux exemples de constructions steampunk comme les immenses châteaux, les robots ou les véhicules à vapeur, également retrouvés dans les magnifiques jeux vidéo Bioshock ou Syberia sont également exemples.

Aujourd’hui des fans ou des illuminés continuent de fabriquer des concepts steampunk. Régulièrement, les blogs de gadget ou de nouvelles technologies présentent des objets redesignés. Ci-dessous quelques créations « steampunkiennes ».

cle-usb-steampunkguitare steampunk

# Lire Playboy

couverture-playboyJ’ai eu envie de lire Playboy.
La simple évocation du fait, auprès de mon entourage, a suscité un mélange de surprise, de dégoût et d’envie.
La surprise tout d’abord, parce que Playboy c’est un magazine de fesses, tout le monde le sait, et que généralement, ce n’est pas le genre de magazine que l’on exhibe, ni dont on parle publiquement.Le dégoût ensuite, parce que passée l’évocation du fantasme, vient le magazine érotique voire pornographique selon l’idée que certains s’en font. « Le sexe c’est cool mais le porno c’est le mal ».L’envie enfin, parce que Playboy fait toujours rêver, voir fantasmer et que le gout de l’interdit, ça fait sérieusement frissonner, surtout quand il s’agit de jeunes filles dénudées.
J’avais donc envie de goûter et de lire le magazine défendu…

 

 

« Un objet de convoitise que je n’ose ni exhiber ni cacher »

Premier constat, Playboy n’est pas facile à se procurer. J’ai du faire 6 kiosks avant de le trouver. Certains buralistes ne le proposent plus, d’autres pensent que ca n’existe plus. Ils vous proposent en revanche le dernier X Vidéo. La première fois, ma mine surprise et gênée a rapidement fait comprendre que ce n’est pas ce que je recherchais.

Lorsqu’enfin je le trouve, je me sens comme un ado en possession d’un objet interdit, un Graal érotique, un objet de convoitise que je n’ose ni exhiber ni cacher.

 

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Le magazine est très beau, les pages sont glacées, la couverture noire ornée d’un très beau visage de jeune fille à la peau blanche annonce les interviews de Gary Kasparov, de Woody Allen et de Portishead. Le nom de la playmate du mois, Anna Arendshort, m’est complètement étranger.

Je l’ouvre enfin, le feuillète et le magazine m’apparaît excessivement sobre, dans la mise en page, dans les photos, les couleurs et les interviews, la surprise est très agréable.

Les articles sont très bien écrits (les chroniques littéraires sont signées Beigbeder), les interviews sont longues et complètes (4 pages sans pubs ni photos ostentatoires). Vraiment plaisant et intéressant à lire. Toutefois, certains articles, sur les nouvelles technologies ou les accessoires mode notamment, sont un peu légers et manquent de profondeur.

 

Luxueux

Arrivent enfin les photos coquines qui ne le sont pas, pas selon moi en tout cas. Pour avoir déjà vu la Chose, les tétons et les poses suggestives sur papier glacé ne me font plus frétiller (plus tant que ça en tout cas !). Les lecteurs de FHM seront déçus, ceux de X Vidéo encore plus. Ici la photo dite de charme relève plus de la tradition artistique que de l’obligation marketing commerciale. Les accessoires utilisés sont des smokings Yves St Laurent portés topless, des chaussures Louis Vuitton ou des sous-vêtements Chantal Thomas.

playmateLa playmate, sur 4 pages, s’avère au final très soft, même sur la mythique double page centrale. Pas de quoi fouetter le chat.

 

Les photos les plus dérangeantes seraient en réalité celles d’Alain Baschung et sa femme. Le couple loin des standards physiques californiens montre à travers des poses suggestives et évocatrices un amour réel, fait de jeux, de vices et de complicité, parfois sans (fausse ?) pudeur. Loin d’y être beau, leur amour est vrai.

 

Sur la fin, une double page de photos de soirée avec des gens connus (que je ne connaîtrai jamais) est à l’image de ce qui se fait dans Voici. Inutile et inintéressant.

En dernière page, les playlists proposés ont le mérite d’être éclectiques et plutôt bien foutues.

 

Au final, le magazine est agréable à lire et joli à regarder. La publicité, plutôt ciblée trentaine décomplexée et épicurienne, se fait discrète et s’intègre bien dans la ligne éditoriale.

 

Verdict

J’ai envie de le racheter. Pour vérifier. Car c’est plaisant à lire, à regarder, à montrer, à laisser trainer.

Esthétiquement érotique, intellectuellement stimulant, socialement dérangeant, Playboy a des atouts à faire valoir.

Il ne manque selon moi qu’un ou deux articles tendances, voire précurseur, sur l’Homme ou la mode, pour en faire un standard Masculin, à l’image d’un Elle.

La quatrième de couverture, une pub Kronenbourg, n’est ni dans le ton, ni dans le style du magazine et tend vers la faute de goût. Dommage…

 

Loin d’un FHM racoleur, hot et Homme, Playboy c’est classe, glacé et Mâle.

# Fiche de lecture : Le Rasoir d’Ockham - Henri Loevenbruck

Comme promis, je vous livre aujourd’hui mes impressions sur le Rasoir d’Ockham, le dernier roman d’Henri Loevenbruck

le rasoir d'ockham henri loevenbruckPouvoir rencontrer un écrivain avant la lecture de son œuvre offre une expérience particulière, perturbante même. Ma   perception de l’auteur lors de notre rencontre a empreint les premières pages. Je l’imaginais construire ses personnages, prendre des notes sur les lieux de l’action  et des bribes de notre conversation me revenaient. Mais très vite l’histoire m’a rattrapé.

Ari Mackenzie est un agent des Renseignements Généraux  un peu spécial : il est l’unique membre de la section spécialisée dans le démantèlement des sectes et des groupes occultes. Un jour, il reçoit un appel au secours de l’un de ses plus proches amis. Mais à son arrivée, ce dernier est mort, ligoté sur la table de la cuisine,  nu, le crâne percé et le cerveau a disparu. « Dirty  Ari » se trouve alors plongé dans une enquête qui se transforme en chasse au trésor, à la recherche des pages manquantes du carnet de Villard de Honnecourt, un mystérieux manuscrit du XIIIème siècle. Sur le chemin de l’analyste se dressera une organisation secrète prête à toutes les atrocités pour découvrir et s’emparer du secret renfermé par les
mystérieux feuillets. Histoire, occulte, croyances  et whisky single malt écossais se mêlent dans cette première aventure du commandant Mackenzie.

Tout d’abord, il est très difficile de parler du Rasoir d’Ockham sans faire référence au Da Vinci Code. Comme dans le roman de Dan Brown, l’intrigue tourne autour d’une énigme historique : il y a d’un côté les protecteurs du secret, de l’autre un groupuscule qui tente de s’en emparer. Au fur et à mesure que progresse l’intrigue, le voile se lève sur le mystère.

Si le parallèle est vraiment marquant au début cette sensation s’évapore rapidement. Notamment parce que l’auteur arrive rapidement à imposer son style et à nous faire rentrer dans cette histoire qui vous fera découvrir le mythe de la Terre Creuse et les origines occultes du nazisme. Par ailleurs, le roman bénéficie d’un rythme beaucoup plus soutenu que Da Vinci Code, qui il faut le reconnaître est longuet par moments.

Le rythme est notamment créé par une écriture « cinématographique » et très visuelle. Certains pensent que c’est le propre du thriller, et jugent cette technique «vulgaire ». Personnellement, je trouve que Loevenbruck use à bon escient de cet effet qui donne une dimension supplémentaire à la lecture. Il réussit à vous donner l’impression de vrais mouvements de caméras… il y a en particulier deux passages du livre qui vous donneront le sentiment d’être au cœur d’un film d’action.

Un mot sur le héros. Henri Loevenbruck tient en Ari Mackenzie un excellent héros contemporain. Trentenaire désabusé refusant l’engagement sentimental, tête brûlée, Ari est un personnage attachant qui fait penser à ces flics américains de la prohibition auquel on aurait insufflé un peu de « french touch » qui donne du crédit au personnage. On sent également que l’auteur a donné à Ari (et à d’autres personnages) un peu de lui-même à en juger par le côté « vécu » de certaines situations. J’espère que dans la suite annoncée le personnage gagnera encore en texture, car j’aimerais vraiment faire une plongée dans le cerveau de ce type. Il y a en effet matière à explorer sa relation avec les sectes, l’occulte et à en sortir quelque chose d’unique.

Pour conclure, entre le moment où j’ai lu le livre et la publication de ce billet, j’ai eu le temps de lire des critiques de l’œuvre. J’ai été étonné par la virulence de certains à l’égard de ce livre. Je n’affirme pas que le Rasoir d’Ockham soit le meilleur thriller que j’ai lu. Je regrette le « reveal » un peu frustrant, dans la veine des
Thanatonautes de Werber. De même, il manque selon moi une explication ou des précisions relatives au rituel de l’assassin.

Pour autant j’ai passé un très agréable moment à lire. C’est ce que j’attends d’un livre. Certains reprochent  à l’auteur  son manque de style, son manque de profondeur et d’originalité…Ce sont pour moi les propos d’individus qui intellectualisent à outrance : j’ai trouvé dans le Rasoir d’Ockahm ce que j’étais venu y chercher : un très bon divertissement, dans le sens noble du terme. Je le recommande à ceux qui ont lu et apprécié les œuvres citées dans cet article.

# American Trash Dream

“Putain, on devrait toujours avoir une caméra sur soi.”
Etude de couverture pour American Psycho par Romain
Qui m’aurait dit que je finirais avec mon meilleur ami chez Bret Easton Ellis, en plein cœur de Manhattan à 6H43 du matin, la tête ultra-vaseuse, les yeux écarquillés, entouré de modèles libidineux, de superstars lumineuses, de dingues violents, travestis, déguisés, maquillés, refais, surfaits, super faits. Personne. En fait car ce genre de choses est tellement, totalement, imprévisible qu’on regrette de ne pas avoir pu les prévoir… « Putain si j’avais un appareil photo ou une caméra…je ferais un court-métrage de folie…Andy Warhol serait fier de moi. Putain, je suis vraiment trop con … » Aujourd’hui j’ai un téléphone multifonctions, je ne m’en sépare jamais sauf pour aller nager.


American psycho : le Roman trash Américain PARFAITEMENT CULTE

« Vous croyez que le bonheur c’est de gagner des millions, de rouler en Porsche, de vous bourrer le pif de souille et de partouzer avec des filles de l’est aux jambes interminables? Vous croyez que le bonheur , c’est ça ? Hé bien oui, vous avez raison, le bonheur , c’est ça ! »
Bret Easton Ellis
Ce mot d’esprit très second degré de mon meilleur ami Julien Pace pourrait être un bon début d’introduction pour American Psycho de Bret Easton Ellis qui est, sans doute le roman américain le plus « superficiel, trash et controversé » du 21 ème siècle. Même s’il date des 90‘s, il transpire les années 80 et la “yuppie attitude” façon Donald Trump. En dehors de vivre “très haut de gamme” et de côtoyer essentiellement des gens riches et beaux ,Patrick Bateman, businessman de la City devient la nuit venue , un dangereux serial killer qui s’en prend aussi bien à des jeunes femmes sexy, qu’à des clochards puants ou encore à ses collègues « golden boys » pleins aux as.
Il tue, viole, tronçonne, salit les femmes, les homosexuels et les gens modestes qu’il croise sur son chemin et qu’il éxècre au plus profond de lui même .

En fait Patrick est un jeune homme parfaitement anormal qui cache sous une préciosité maladive tous les traits d’un dangereux psychopathe, obsédé, ultra-violent, parfaitement schyzo, totalement psycho. Il découpe ses victimes au hachoir, les viole, les violente, les humilie …bref c’est une parfaite ordure. Le livre décrit ses meurtres bien en détail, sa folie aussi.

Alors pourquoi aime-t-on Patrick Bateman et American Psycho ? ?

Je pense qu’Ellis a su présenter son personnage de manière si juste et « humaine » malgré son ultra-violence qu’on en arrive au fil des pages à souffrir pour lui lorsqu’il est prêt de se faire « attraper » par la police ou ses collègues. On finit par détester les victimes, qui pourraient faire plonger notre « héros ».

AMERICAN PSYCHO un roman aussi trash , sanglant et déjanté que le jeu « One chanbara X ».
Putain comment Ellis a t-il fait qu’on en vienne à soutenir son salopard de personnage, son horrible Bateman, son anti-héros serial-killer ultra-trash ?

Putain ! comment a t-il fait ? C’est moi qui craque ? Non, je ne suis pas le seul à « aimer Bateman » et à ne pas souhaiter par ailleurs la mort de tous mes prochains (c’est de la fiction mais je la soutiens quand même ! Suis-je un pervers ? Un serial-killer refoulé ? Non! )
Je crois qu’il s’agit d’une immense prouesse littéraire, un don de l’écriture sensible , de la description sincère, qui font qu’Ellis rend ce personnage ultra-attachant: Oui, lui ce yuppie qui écoute les Talking Heads sur du matériel hi-fi ultra coûteux tout en se passant 5 ou 6 crêmes sur le visage….pendant que 2 jeunes femmes se vident de leur sang dans le jacuzzi.

Les femmes de American Psycho sont de véritables Suicide Girls
Cet enfant riche est malheureux car il a tout et s’ennuie..s’ennuie tellement qu’il ne peut se contenter de la fiction et doit assouvir ses phantasmes « gorno » et « gores » tout courts.
A priori « disgusting », « shocking » mais non…..On aime ! On lit , on suit …comme des petits cochons, des marquis de Sade, des trash boys et minettes.
Ellis nous scotche, nous plaque à terre, nous assomme, nous attache, nous ligotte.

Bref l’écriture est top , l’histoire outrageusement accrocheuse pour peu qu’on soit un minimum «voyeur». Patrick Bateman est attachant (et tâchant) malgré sa folie meurtrière indéfendable. Son univers superficiel est suffisamment riche et plat à la fois pour qu’on lui accorde de intérêt (et se demander pourquoi), le name dropping impressionnant, la chute aussi .


American Psycho : TRASH PSYCHOLOGIQUE et GRAPHIQUE

Ce roman est indispensable à tout amateur de sensations fortes aussi bien psychologiques (la folie meurtrière découlant de la solitude et de l’ennui profond) que graphiques (des litres d’hémoglobine coulent dans les pages, des bouts de membres se retrouvent dans les frigidaires, des yuppies forniquent dans des hôtels hors de prix ),

Très “sexe , meurtres & rock’n roll”, American Psycho est le roman culte par excellence d’une Amérique toujours pas remise du « Last Exit to Brooklyn » de Hubert Selby Junior et qui découvre son fils spirituel « deux fois plus trash ».

J’ai lu « American Psycho », 19 fois et je n’ai toujours pas compris d’où venait la grâce inexplicable dans une histoire aussi violente. De l’écriture, sans doute : Ellis décrit les cartes bancaires de Patrick Bateman, comme Proust décrit les madeleines de son enfance, avec grâce et beauté. J’ai voulu lui dire lors de la fête qu’il donnait chez lui, mais je n’ai pas pu, il n’était pas là.


« American Psycho » est paru éditions « point » et 10/18

Romain Novarina

Pour aller plus loin:
- A écouter en lisant American Psycho :« 1977 » des Talking Heads
« Suicide » de Suicide
« Downward Spiral » de Nine Inch Nails
«La Folie » des Stranglers

- À lire aussi absolument du même auteur :
# Moins que zéro (1985)
# Les Lois de l’attraction (1987)
# American Psycho (1991)
# Zombies (1996)
# Glamorama (1999)
# Lunar Park (2005)

- A ne pas voir :
American Psycho (1 et 2) , les film honteusement mauvais malgré la présence de Willem Dafoe et Cloé Sévigny dans le premier opus.

(Note de FloW : Mais mois je mets quand même un trailer ..hé hé!)

AMERICAN PSYCHO

- A voir dans le même genre « serialkiller bien barré » :
« MANIAC » William Lustig 1980

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# Prise d’otage par Serialbuzzer sur Darkplanneur// Brad Pitt Deuchfall

Ce qui me plaît chez le Darkplanneur (et son équipe), c’est son absence de complexe à mixer des genres à priori opposés.
A commencer par le titre « Darkplanneur- The curators of cool »…C’est un peu comme si Vador, se faisait appeler « Dark Vador, the Fresh Lord ».
Il y a aussi les thématiques abordées : en vrac des pin-up sexy, du cinéma alternatif, du luxe, de l’art underground, de la mode, du comic book, du glamour…
Moi j’adhère à ce mix intelligent qui aboutit à un deal gagnant/gagnant :
- les thèmes glamours sont valorisés par un nouvel éclairage plus cynique voire clinique que d’accoutumée et qui substitue au lisse habituel de la texture et du sens,
- les thèmes apparentés à la sous-culture ou au domaine populaire gagnent de la noblesse, car darkplanneur y apportent du beau, de l’intelligence et de l’histoire.
Un mélange qui fait de l’équipe du Darkplanneur les « Tarentinos » de la blogosphère…parce que n’importe qui ne peut pas affirmer que le catch est tendance en étant pris au sérieux…

Ce cocktail détonnant on le retrouve dans la dernière campagne de Serialbuzzer : prisedotage.com. L’hyperactif et sympathique Romain connu pour des campagnes comme celles de Borat, L’image, ou ses contributions chez culture-buzz et Darkplanneur, sévit cette fois pour FHM. Pour promouvoir le numéro spécial «TOP 100 STARS SEXY », Serial Buzzeur à sorti son couteau de boucher pour se mettre dans la peau d’un routier psychopathe qui prend l’équipe rédactionnelle de FHM en otages (ainsi que leurs égéries dont Virginie Gervais). Perruque et faux sang pour ce pastiche de série Z qui s’assume et qui est une véritable prise de risque pour l’annonceur, mais un formidable vecteur de buzz.
Moi j’aime parce qu’il y a de la créativité et de l’audace (imaginez vous à sa place proposant l’idée du buzz dans les bureaux de FHM…), et que ça sort des sentiers battus du buzz, tellement battus que ce sont presque des autoroutes.

Je ne résiste pas au plaisir de bloguer la version « censurée » (why ?) de cette vidéo. Amis du 3eme degré…

PRISE D’OTAGE (LA VIDÉO CENSURÉE DE FHM)
envoyé par serialbuzzer

De l’audace, de la dérision, du cynisme et du talent il y a en a aussi à revendre chez Brad-Pitt Deuchfahl. Le blogueur s’est fait connaître par un blog aux couleurs criardes sensé dépeindre la vie rocambolesque d’un adolescent de 15 ans. Très rapidement, la qualité d’écriture a suscité un buzz dans le monde littéraire ainsi que dans la blogosphère. Qui donc se cache derrière ce pseudo ? Un des plus beaux coups de Deuchfahl a été d’insinuer qu’il était en fait Amélie Nothomb.
Deuchfahl, en plus de posséder une belle plume et le sens du caustique, est un blogueur qui n’hésite pas détourner tous les outils à sa disposition pour faire parler de lui : création de sites bidons qui lient vers sa page, utilisation de multiples pseudos pour faire sa pub sur les blogs influents, commentaires fictifs dans son propre blog, détournement de compteurs de visiteurs, utilisation de mots clés cachés pour doper son audience etc… impertinence et ce sens de la provoc’.
Seul acte de bonté, BPD met à disposition son savoir dans sa Méthode Deuchfall, ou comment devenir influent et user de son influence sans se prendre la tête. C’est pas éthique, on se fait pas des amis, c’est pas toujours super légal, mais c’est pour ça qu’on adore. Toujours très malin, les 6 conseils ne sont disponibles que pour un temps limités pour susciter un bon buzz.

Un blogueur qui écrit bien, qui maîtrise tous les codes de la blogosphère et de l’internet et qui se délecte des pratiques douteuses…mais qui est-il (je ne crois pas une seule seconde qu’il soit une femme)?

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