# Terminator: The Sarah Connor Chronicles
Terminator: The Sarah Connor Chronicles est une série US basée sur la trilogie Terminator et qui devrait débarquer sur TF1 à la rentrée. Les fans l’attendent avec impatience car le casting et les trailers s’avèrent plutôt sympathiques. Qu’en est-il de la série…?
Terminator, c’est quoi? Pour les moins de 15 ans et les plus de 50, voici un bref récapitulatif.
La saga
Dans Terminator 1 (James Cameron, 1985), Arnold Schwarzenegger est un Terminator, un robot venu du futur, ayant pour mission d’exécuter Sarah Connor. Elle porte l’enfant qui, plus tard, sauvera l’humanité contre les robots. Kyle Reese, un résistant humain, débarque lui aussi du futur pour combattre le robot et aider la jeune femme…
Le premier épisode est devenu culte, aussi bien pour ses effets spéciaux que pour son scénario et ses acteurs (pour l’anecdote, Schwarzie prononce 17 phrases durant tout le film). Une œuvre excellente qui va accoucher d’une suite…Terminator 2 (James Cameron, 1991).
10 ans plus tard, un nouveau robot, le T1000 est renvoyé du futur pour dézinguer John Connor (Edward Furlong). Mais celui-ci s’envoie également un cyborg du futur (Schwarzenegger) pour se protéger. Les deux machines vont s’affronter pour déterminer le sort de l’Humanité.
Deuxième épisode, deuxième film culte. Gros budget, effets spéciaux, cascades, action, humour et répliques cinglantes consacrent définitivement la saga.
La série reprend la suite. Sarah Connor et son fils John sont en fuite, parce qu’ils ont tenté de tuer les créateurs de Skynet, le réseau des méchants robots du futur.
Un Terminator débarque à nouveau, pour tuer John Connor. Au lieu de continuer à fuir, ils décident alors de faire face à leurs ennemis. Ils seront aidés dans leur lutte par un gentil cyborg également venu du futur.
Le pilote est plutôt bien, rythmé, beaucoup d’effets spéciaux. Les producteurs ont voulu en mettre plein les yeux, impressionner le spectateur. Ca se complique nettement dès les épisodes suivants…
Un grand casting
Je vais faire tomber le suspense (s’il y en a..) tout de suite. J’ai trouvé la série toute pourrie. La faute à beaucoup de détails qui viennent plomber les personnages, l’ambiance, l’histoire et le rythme de la série.
Les personnages tout d’abord sont mous du genou. Sarah Connor est jouée par Lena Headey (vue dans 300) et John Connor par Thomas Dekker (Zack dans Heroes, le gamin qui vole).
La première est née en 76 et le second en 87. Onze ans d’écart entre la mère et le fils…
Là où Linda Hamilton, la première Sarah Connor du nom jouait une vraie dingue, capable de tout pour protéger son fils, Lena Headey apparaît, sage, et déterminée, rarement en panique.
John Connor, lui, est un adolescent comme les autres, un peu geek, qui malgré sa mission de sauveur de l’Humanité, n’aspire qu’à une chose… aller au lycée (!).
Enfin la Terminator, venue protéger John, a également 17 ans et le charisme d’une moule. Déjà vue dans les 4400, elle plaira sûrement aux teenagers. Les scénaristes nous ont réservés du suspense avec cette superbe intrigue : John Connor se tapera-t-il son Terminator… ? Humm…
Enfin, les méchants Terminators sont hyper stéréotypés, regards bovins compris et sont de parfaits acteur de séries B avec leurs 4 expressions.
Au final, l’intrigue est quasi inexistante. On est censé rechercher les inventeurs de Skynet et au 8ème épisode, toujours rien.
L’agent du FBI est censé être à la poursuite de Sarah Connor. Mais le flic hésite pendant 9 épisodes entre croire l’histoire de robots venus du futur et poursuivre sa mission. Au final, il ne fait rien.
Ce qui faisait l’intérêt des films Terminator était l’action. Les gros budgets permettaient d’avoir de super divertissements, des explosions et des courses poursuites, pleins les yeux.
Schwarzenegger était terrifiant dans le premier film, excellent en garde du corps indestructible dans le second. Dans la série, tout ca disparaît totalement et le charme avec.
Conclusion, la série ne m’a pas plu. Je me suis forcé à la regarder (pour vous) jusqu’à la fin en me disant que ca allait finir par m’intéresser. Sans succès. Je pense que la série trouvera peut-être son public parmi les 15-20 ans. Ceux (celles) qui espéraient secrètement qu’un jour Dawson ou les frères Scott allaient prendre un jour un flingue pour espérer un peu d’action, y trouveront peut-être leur bonheur…
Quant à moi, je retourne regarder The Shield…
# Les séries télé des années 90
Commençons avec…Encore un sujet qui rappellera des souvenirs à tout le monde tellement certaines séries des années 90 sont cultes. Je vous propose quelques séries qui me paraissent représentatives de cette décennie. Ce ne sont pas forcément les meilleures, mais celles qui m’ont marqué d’une façon ou d’une autre. Je n’ai pas pris de série française…vous me pardonnerez hein !
Alerte à malibu - Baywatch (91)
C’est à ce jour la série la plus regardée de tous les temps avec 1 milliard de téléspectateurs à travers le monde. La série, qui met en scène les aventures d’une équipe de sauveteurs dirigée par Mitch Buchannon alias David Hasselhoff, est culte pour plus d’une raison. En premier lieu le casting ultra sexy de la série : le mythe Pamela Anderson, Nicole Eggert (magnifique sur la pochette du premier album de Sugar Ray), ou d’autres filles de Playboy comme Carmen Electra, Yasmin Bleeth, Gena Lee Nolin… En fait je ne vois que cette raison, car il faut bien dire que niveau scénario, ça ne volait pas bien haut. Mais bon, la série permettait aux messieurs de mater tranquillou des filles en maillot le temps de l’épisode. Pour preuve de la force de cet argument, rappelez vous les séquences de 5 minutes : musique et plans sur des maillots fluos…
Friends (94)

Une de mes séries préférées toutes catégories confondues. Je ne présenterai pas Rachel, Ross, Chandler, Phoebe, Rachel et Joey. Faut pas déconner non plus.
La réussite de Friends est essentiellement due à ses personnages attachants, décalés mais finalement assez proches du public.
Friends c’est aussi le récit du mode de vie et des préoccupations des trentenaires des 90s : l’amitié bien sûr, célébrée à travers les 10 saisons, mais aussi le travail (ou le chomage), l’amour, la famille … le tout attaqué sous un angle humoristique et sarcastique (du moins en VO). Les sujets de société plus graves sont aussi abordés mais toujours avec beaucoup de légèreté : le suicide, l’homosexualité, les mères porteuses, la stérilité… Au final, les auteurs auront réellement réussis à capter l’air du temps et à faire des personnages les ambassadeurs de leur époque, mais aussi … nos amis.
Beverly Hills 90210 (90)
Une autre série qui a trouvé un formidable succès notamment auprès des jeunes et qui a donné une forte notoriété à ses acteurs : Shannon Doherty, Luke Perry, Tori Spelling, Tiffany Amber Thiessen, Hillary Swank… célébrité qui pour la plupart de ces comédiens a eu du mal à tenir la distance.
Beverly Hills, ce sont les petites histoires d’une bande de lycéens plus ou moins fortunés, plus ou moins malins…mensonges, drogue, adultère, petits et gros tracas, bref des épisodes où au final tout partait un peu en vrille à cause d’un pitch pas très séduisant. Beverly Hills, c’est tout de même un peu la série des années Bush (89-93) : de l’argent, des producteurs qui placent leur fille dans la série, des paillettes pour faire oublier au peuple que dehors le chômage atteint des sommets et que le pays mène une guerre dans le Golfe.
Parler Lewis ne perd jamais (90)
Encore une série de teens au lycée mais beaucoup plus fantaisiste celle-ci, autant dans sa réalisation que dans les intrigues. On y suit les aventures improbables de Parker Lewis et de ses amis.
Parker Lewis ne perd jamais a eu un succès certain grâce à ses nombreux clins d’œil aux comics, cartoons et films de l’époque, mais aussi parce que la série surfait clairement sur les modes de l’époque, les préoccupations des ados, les tendances : look, musique, cinéma (via le père de Parker qui tenait un vidéo club). Chose à côté de laquelle j’étais passé à l’époque, mais Parker Lewis était aussi une série qui avait une forte vocation pédagogique (l’amitié, la famille, le respect, l’honnêteté…). Contrairement aux autres séries dans lesquelles les messages sont en filigrane, ici les conseils étaient explicitement donnés par la voix de Parker le narrateur. Parker Lewis est réellement pour moi un concentré de 90’s dans l’esprit et l’esthétique.

Ces quelques séries qui semblent désuètes sont en fait assez représentatives de leur époque au delà de leur esthétique, chacune à leur manière. Avec l’explosion des séries ces dernières années, les budgets colossaux qui leurs sont dédiés et leur diversité, pourra-t-on dire que les séries actuelles reflètent les années 2000 ?
Et vous quels sont les séries qui vous ont marqué ou qui sont « so 90’s » selon vous ?

Les autres articles de la semaine 90’s :
- # Les salles obscures des 90’s
- # Que reste-t-il de la musique des 90’s?
- # Les séries télé des années 90
- # Sommes-nous les enfants de la mode des années 90 ?
- # Comment les 90’s ont marqué la société
- # Technologies 90’s
- # Bienvenue dans la 90’s Week
# Pourquoi la Nouvelle Star est la meilleure émission de télé
Certains se justifient de regarder la Nouvelle Star. Ils essayent de nous faire croire que « ce n’est pas si nul que ça ».
Je dis non, allons plus loin et assumons. Proclamons La Nouvelle Star meilleur programme audiovisuelle actuellement à l’antenne !Je vais aller plus loin que le billet d’Emilie qui soutient que l’émission « Nouvelle Star » n’est pas si nulle que ça, et j’espère faire plaisir par la même à Eric Maillard © blogueur réputé pour son patronyme et son amour inconditionnel du programme.
Un accès 360° à la culture musicale
La nouvelle star donne une opportunité au téléspectateur d’élargir son horizon musical. Dans la première phase du programme, les candidats présentent un morceau de leur choix. C’est l’occasion de sortir enfin des play-lists rabâchées constamment par les radios.
Comme par magie, Dylan côtoie Céline Dion. Jeff Bucley succède à un medley des meilleurs morceaux de comédies musicales québécoises, puis l’on est porté par la mélodie de « Love Boat » fredonné au kazou.
Il n’y a que la Nouvelle Star pour balayer un spectre musical et culturel aussi large. Et c’est sans compter la multitude de références jazz, blues, rock &folk citées par André Manoukian et Philippe Manœuvre…

Le jury de Nouvelle Star 2008
Un programme qui mise sur la diversité
La Nouvelle Star est sûrement le programme qui met le plus en avant le droit à la différence : ainsi l’émission est largement paritaire, toutes ou presque les origines ethniques sont représentées, et l’on a même pu voir des personnes en situation de handicap*.
Mais la diversité, c’est aussi le droit de se présenter au casting quelle que soit son statut social et son âge (ou presque). Ainsi bourgeois à mèches, rappeurs fans de M. Pokora, tecktoniks killers, boubourse* au SMIC etc. se retrouvent dans la même file d’attente liés par le même amour de la musique.
Pour le coup, la Nouvelle Star est un des rares programmes qui joue la carte diversité à ce point. Bon, il faut quand même dire que c’est aussi la diversité des talents, où le pire côtoie le meilleur.
Un programme porteur de Valeurs
La nouvelle star est un programme qui rappelle les valeurs fondamentales qui mènent à la réussite : le travail, la rigueur, la persévérance, l’esprit de compétition…
Car oui, s’il est facile de se voir en haut de l’affiche, l’émission fait comprendre que pour réussir il ne faut pas se contenter d’un joli brin de voix mais travailler dur.
Comme dirait je-ne-sais-plus-qui : « la réussite, c’est 5% de talent et 90% de travail…mais si t’as pas le talent, ça sert à rien de te fatiguer»**. Par la suite, dans leur course à la gloire les candidats devront travailler en équipe, se mesurer les uns aux autres dans le respect. La nouvelle Star est aussi un programme d’éducation civique.
Un programme culturel et humoristique
Du comique pathétique involontaire des candidats aux bons mots des jurés (André Manoukian trouve en Philippe Manœuvre un adversaire à sa mesure), la nouvelle Star c’est un peu Rire et Chansons à la télé.
Et comme Rire & Chansons c’est un peu le top de la radio (un sketch de Bigard / un morceau de Génésis…waouh !) du coup la Nouvelle Star, c’est le top de la télé…
Mais si la nouvelle Star est la meilleure de toutes les émissions, c’est surtout parce qu’elle a révélé Cindy
Sander…
…même si on ne comprend pas comment le jury est passé à côté de cette star connue et reconnue de toute la Lorraine.

Souvenez- vous de ce visage : CIndy Sander
Alors on veut bien que sa personnalité soit trop forte et son style trop marqué, mais c’est quand même un scandale de ne pas voir cette candidate continuer l’aventure.
Rien que pour cette découverte, la nouvelle Star c’est L’émission à ne pas manquer.
La prochaine fois, je vous expliquerai pourquoi Christophe Maé mérite sa victoire de la Musique de Révélation du Public de l’Année…
* No joke inside pour le coup, car on a effectivement vu une candidate avec un handicap moteur et une personne sourde profonde interpréter une chanson en langage des
signes. Mine de rien, M6 ose (avant TF1 et Kilimandjaro) bousculer le téléspectateur quand il ne s’y attend pas à une heure de grande écoute.
** il reste 5% à faire valoir, nous les attribuerons donc à la chance.
*** boubourse : habile placement de mot clé
surfant sur le succès de « Bienvenue chez les chtis »
# Mes séries reviennent, mon psy va faire la gueule
Depuis la grève des scénaristes américains, j’avais arrêté de regarder les séries US, contraint et forcé. Je soutenais le mouvement mais c’était comme une grève de cheminots à Noël, ça me faisait… râler.
Moi, maintenant je veux du héros méchant, du vicelard et du pervers.
Moi j’aime Vic McKay. Flic véreux qui butte ses collègues, détourne de l’argent et menace les témoins. Ses coéquipiers le respectent, les criminels en ont peur, sa femme et ses gamins l’aiment. Moi je ne veux pas qu’il se fasse attraper par les Albanais ni qu’on le mette en prison !
Moi, j’aime Hank Moody. C’est un salopard autodestructeur. Et alors ?
Il aime sa femme, sa fille, déteste son nouveau mec, se perd dans la drogue et l’alcool et couche avec toutes les filles qu’il croise. Et j’aimerais pouvoir en faire de même.
Moi, j’aime Dexter. C’est un assassin qui tue à sa guise, sans aucun sentiment, ni pour sa sœur, sa compagne ou même ses gamins. Tout le monde l’aime, il a une double vie. Et j’aimerais en faire de même.

Californication
Chaque épisode est une séance sur le divan.
En 52 minutes, j’ai braqué deux mecs, flingué trois dealers, caché de la drogue, sauté la fille du bar et acheté une Porsche !!
J’adore.
La catharsis est la libération de pulsions, de fantasmes et d’angoisses provoquée par la visualisation d’actes répréhensibles soit par la Morale soit par la Loi.
Au travers de ces personnages douteux sur de nombreux plans, j’exprime mon agressivité, je réalise mes rêves et exorcisent mes craintes. C’est jubilatoire et j’en redemande.
D’aucuns pourraient douter de ma santé mentale, de ce qu’elle est aujourd’hui et de ce qu’elle sera demain à force de visionner tous ces crimes. Qu’ils se rassurent. Etant à la base parfaitement équilibré (j’aime à le penser du moins), je ne risque pas de passer à l’acte. La question est légitime et s’étend aujourd’hui largement au-delà de la série TV, puisqu’à chaque carnage collégial américain, les jeux vidéo, le cinéma et le petit écran sont immédiatement pointés d’un doigt accusateur. La catharsis a en effet, l’effet pervers de montrer mais également de normaliser le crime ou le délit. La diffusion publique et l’implicite acceptation sociétale de ces actes tendent en effet à bouleverser voire renverser les repères moraux des plus fragiles.
Quoiqu’il en soit, je me réjouis du retour des séries US sur mon écran et félicite la Writers Guild (j’adore ce nom) pour avoir repris le travail. Mon psy était heureux de me revoir, il le sera moins quand j’aurai échangé son divan contre mon canapé.
Dexter
# Groland, nation du beauf (5/6)

Depuis 15 ans maintenant, Moustic, Benoit Delépine et Christophe Salengro donnent vie au Groland. Groland est Le pays du beauf. A travers les différentes mises en scènes de
Groland dans les programmes de Canal + (Canal International, le 20h20, Groland Sat, 7 jours au Groland, Bienvenue au Groland) c’est finalement la France profonde qui est décrite : le journal télévisé de la Présipauté est en effet très proche du journal régional de France 3, ou du 13h de TF1.
L’équipe du Groland, constituée de beaufs qui se revendiquent comme tels, est sans concession avec les habitants du petit pays qui sont présentés comme « chaleureux et amicaux mais aussi lâches et alcooliques ». Le grolandais correspond à l’image du beauf traditionnel, celui de Coluche, Desproges et consort…
Regarder le journal de Groland revient à peu de choses près à regarder les infos régionales sur France 3 et le journal de 13 heures sur TF1. Les gens y sont souvent modestes, plus bêtes que méchants, avec un penchant pour l’alcool. Les élus locaux sont des escrocs qui profitent de la bêtise de leurs concitoyens, et les journalistes, plus intelligents
que la moyenne, sont des manipulateurs qui orchestrent l’actualité au profit de l’audimat et de leur confort personnel.
On trouve aussi un parallèle avec les personnes mises en scène dans la télé réalité. Je pense aux invités de Julien Courbet dans ses différentes émissions (les disputes de voisins, les victimes d’escroqueries que l’on sent à 10km…), aux protagonistes de Confessions Intimes etc…Souvent, Groland doit pousser à l’extrême ses parodies pour espérer dépasser la réalité…
15 ans d’émission. Le français se moque du beauf mais finalement le français aime le beauf (à moins que le français aime juste se moquer)
# Les séries sont … mythiques
Ce dépaysement peut être social, temporel, géographique, ou graphique. Les séries qui s’ancrent dans la réalité jouent quant à elles sur des mises en situations hors normes.
Certaines production vont plus loin que la création d’un univers propre, elles vont jusqu’à créer des mythes.
Les séries “mythiques” sont assimilables à des fables et reprennent des thématiques universelles. Notamment la place de l’homme sur la Terre, le Destin, le bien et le mal, le rapport au Divin.
Je pense notamment à Lost et Heroes, mais d’autres séries s’inscrivent dans cette catégorie (4400, Jericho et nombre de séries fantastiques).
Les personnages ont en commun de devoir suivre une quête personnelle. Cette quête est identitaire ou spirituelle. Dans Lost, par exemple, les héros ont la possibilité de prendre un nouveau départ (l’île est vierge, leur passé et leurs actions comme effacées). Certains vont tenter de se racheter de leurs actes quand d’autres chercheront à percer le mystère de l’île, ce qui revient à donner un sens à leur présence. On peut aussi assimiler l’île à un purgatoire, pour ces personnages au passé trouble : présence hors du temps et de l’espace connu. Il serait trop long de référencer ici toutes les références à la mythologie ou à la religion. Chaque personnage pourrait faire l’objet d’une étude. Pour preuve de la volonté des scénaristes de donnée une portée supérieure à celle de la simple fiction de la série, le personnage de John Locke. Son homonyme n’est autre qu’un célèbre philosophe dont les travaux ont porté sur l’empirisme et le libéralisme. Je vous renvoie à la section sur la loi naturelle dans wikipédia. Vous pourrez ainsi faire le parallèle entre les deux hommes.
Heroes propose une mythologie proche des comics US de super héros. Les thèmes principaux sont ceux du bien et du mal, de la place des minorités (discrimination) et bien sûr la référence au Christ (le Sauveur / Jésus fils de Dieu VS les Sauveurs de l’Humanité / les super-pouvoirs qui les placent au stade de demi Dieux). Heroes aborde en plus la thématique de la fatalité et de la prise que nous avons sur notre Destin : nos amis doivent s’unir pour changer le cours de l’Histoire.
Lost et Heroes ne sont que deux exemples parmi tant d’autres. Mais même les séries dites réalistes sont porteuses de messages politiques, moraux, religieux : Weeds et la critique de la politique du gouvernement Bush, Nip/Tuck et la critique d’une société basée sur l’image et l’argent…
Les séries plus que les films permettent d’explorer des thématiques sur le long terme (notion de quêtes ou de parcours initiatiques). Par ailleurs, la télévision (ou l’internet) est un canal qui permet de toucher un public large public. Les séries sont devenues un moyen détourné d’éduquer un peuple (américain) au jugement faussé par Fox News et le consummérisme. Un peu comme l’Iliade et les récits antiques en leur temps…
Mais les séries sont AUSSI de très bon divertissements
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# Le caractère addictif des séries
Dans un premier, il faut accrocher le téléspectateur sur une durée relativement courte. Durant ce laps de temps, il faut pouvoir appliquer le modèle classique : exposé de la situation initiale, élément perturbateur, nœud, résolution, conclusion. Les dramas ont l’avantage de durer une heure et que chaque épisode soit la suite du précédent. Mais pour les sitcoms et les anthologies, c’est plus difficile car l’indépendance de chaque épisode autorise le téléspectateur à manquer des épisodes.
Il faut relever ce défi de ramener le téléspectateur d’une semaine sur l’autre devant son téléviseur. Mais le plus dur consiste à le fidéliser d’une saison sur l’autre. Ce sont des mois qui séparent deux saisons !
Malheureusement, je ne connais pas la recette qui nous fait scotcher devant une série, si ce n’est le fameux « cliffhanger », ce retournement de situation qui nous laisse sur notre faim, en fin d’épisode ou de saison. Je crois que la série championne en termes de Cliffhanger est « Prison Break ». Scofield nous a quand même bien baladé d’épisode en épisode, toujours à deux doigts de s’évader, mais toujours contraint de reporter son plan…
Mais le retournement de situation ne suffit pas, il faut une alchimie particulière : une ambiance, des personnages, une esthétique particulière et un scénario béton. Car sans scénario béton, pas de passion. Le problème, c’est que les scénaristes ne savent jamais si une série va marcher. On leur commande un pilote, puis on leur dit : « ok pour une saison, on verra après ». Alors ils pondent un scénario, et miracle la série cartonne. Du coup, la chaîne commande une deuxième saison. Et là les problèmes commencent : si les scénaristes étaient confiants en eux ou disposait d’une matière pouvant s’étaler sur plusieurs saisons (Desperate Housewives), il n’y avait pas de souci de rupture dans l’histoire. Mais pour des séries reposant sur un concept bien précis c’est une autre paire de manche.
C’est le cas de Lost, où les survivants finissaient par tourner en rond sur leur île ou Prison Break, où une fois les prisonniers évadés il devient difficile de garder le côté oppressant et l’atmosphère qui ont fait le succès de la série.
En conclusion, la capacité d’une série à nous rendre accros relève d’une véritable alchimie. Et paradoxalement, l’addiction est une des raisons qui motive le téléchargement (pour les plus impatients), et qui donc remet en cause le modèle économique sur lequel est basé l’industrie des séries…
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