Depuis bien des décennies, nous avons tendance à penser que nous n’utilisons que 10% des capacités de notre cerveau (même si je connais des gens qui utilisent moins que ça).

Cette idée alimente les fantasmes de bon nombre d’auteurs (récemment « Cellular » de S.King ou « les 4400 » – série qui passe actuellement sur M6- explorent ce thème) et de scientifiques.
Si nous n’utilisons que 10% à quoi sert le reste ? De la mémoire en rabe ? Des facultés exceptionnelles : télépathie, télékinésie, capacités de calcul incroyables ? Dons pour la peinture, la musique ?

J’ai du mal à croire que l’évolution nous ait dotés de neurones superfétatoires en prévision du futur. Plutôt que de nous interroger sur l’utilité des 90% restants, remettons en cause le postulat des 10%.
Cette théorie a été émise au début du 20ème siècle par William James, un neuropsychologue américain. Il constata qu’un rat pouvait effectuer des tâches complexes avait moins de la moitié de son cortex. Il en déduisit que nous n’utilisions que 10% de notre cerveau, constatation dès lors admise comme une vérité.

En fait de neurones inutiles, il y a d’une part une réserve en prévision de la dégénérescence, puisque chaque jour nous perdons quelques milliers de neurones sur les milliards dont nous sommes dotés. Par ailleurs, comme Windows, notre cerveau a du mal à faire deux choses en même temps. Certaines zones étant destinées à l’exécution de tâches très précises, il est donc difficile d’observer une activité électrique sur l’ensemble du cerveau à un instant T.

Par ailleurs, il n’est pas imbécile de dire qu’à défaut d’utiliser 10% de nos capacités cérébrales, nous ne connaissons qu’environ 10% des mécanismes de cet organe.

Des choses surprenantes restent à découvrir, comme le montre l’exemple de Daniel Tammet. A la suite d’une crise d’épilepsie, les deux hémisphères de son cerveau ont créé des connexions. Il est crée des images mentales uniques des nombres : il récite le nombre pi jusqu’à  22 514 décimales, multiplie des nombres gigantesques entre eux… il apprend les langues en quelques heures…Et malgré un handicap psychomoteur, Tammet n’est pas autiste. Pour certains, il est un peu la Pierre de Rosette qui permettrait aux chercheurs de mieux comprendre le cerveau et d’apprendre à l’ « éduquer ».

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