Moi qui m’étais promis de ne pas aborder de sujets politiques dans mon blog, je me dois de m’exprimer à ce sujet, en tant que citoyen.

Je suis profondément irrité par ce sujet d’actualité, et ce aussi bien sur le fond que sur la forme.Je respecte l’opinion de chacun, mais certaines vérités doivent être dites, car la démagogie n’a jamais fait avancer les choses, au contraire. J’estime avoir une certaine légitimité quand je parle de la jeunesse, car je fais encore partie de ces moins de 26 ans, même si je suis un actif. Dans les propos qui viennent je serai obligé de généraliser, de provoquer ; ceux qui me lisent régulièrement sauront que c’est par pur nécessité.

Les lycéens. Soyons lucides. 80% des lycées n’entendent rien au monde du travail. Le lycéen se place naturellement en opposition avec tout ce qui relève de l’autorité. Il prend vite part aux mouvements, ce qui lui permet de faire l’économie de quelques heures de cours. C’est beaucoup moins vrai pour les classes de terminale qui préparent le bac et certains concours. Par ailleurs, je n’exagèrerai que très peu en disant que la classe d’âge qui se trouve au lycée n’a qu’une vision très floue de ce qu’est la droite ou la gauche, et qu’on serait très surpris des réponses si on leur demandait quelles différences existent entre un CDI et un CPE…Enfin, il existe aussi des lycéens leaders d’opinion, mais ceux-ci sont très largement instrumentés par les syndicats étudiants proches de l’extrême gauche.

Les étudiants. Précisons : étudiants de facultés. Aujourd’hui j’aimerais connaître le taux de participation des étudiants de prépas, d’écoles d’ingénieurs et de commerce, d’apprentis qui participent aux mouvements.

Le mouvement est animé par une minorité de syndicalistes étudiants (UNEF) proches d’organisations politiques. Viennent ensuite les détracteurs de la période d’essai de deux ans : tous ceux qui sous le prétexte de précarité, savent très bien que période d’essai signifie qu’il faudra être bon pour conserver son travail. Hors, on sait très bien qu’aujourd’hui de nombreux étudiants de fac, notamment en première année, n’ont pas leur place dans ces établissements. Ils ne sont que le fruit des quotas d’admission au bac. Ce sont donc eux que la nécessité de satisfaire un employeur effraie. Suivent les moutons de Panurge qui n’ont pour opinion que celle des autres, c’est-à-dire amalgames et discours démagogiques. Enfin, on trouve ceux portés par une opinion, mais qui contestent les pratiques de blocus, de suspension des examens, qui veulent étudier, bref, les seuls qui se soucient de leur futur à court et long terme.

Les syndicats. Opposés par essence à tout changement. Ils s’autoproclament porteurs des revendications du peuple, et des avancées sociales. Ils  sont  avant tout défenseurs de leurs intérêts propres : leur retraite, leurs acquis sociaux, leur travail. Peu leur importe que leurs enfants ou petits enfants n’aient pas de retraite, ni de sécurité sociale, ou même un travail (leur  non compétitivité n’a aucun lien avec les délocalisations selon eux…).

Même s’ils sont indispensables, les syndicats (du moins les plus extrémistes) sont un frein aux avancées du pays.

La démocratie. Lorsqu’une minorité bruyante impose sa volonté à un gouvernement, la démocratie est en danger. Liberté d’expression et de contestation, oui. Ultimatum, blocus, casses et prise du pays en otage, non. Nous votons, nous déléguons ainsi la résolution de problématiques complexes à une équipe de personnes supposées compétentes. Si les choix d’orientation pour le pays ne nous conviennent pas disons le dans le cadre légal (manifestations et droit de grève), et votons (encore faut il voter intelligemment et ne pas jouer le jeu du vote de sanction et de l’alternance gauche/droite).  C’est ça la démocratie.

L’opinion publique. L’opinion publique est une masse diffuse dont l’orientation change en fonction des sondages et des reportages du journal de 20h. Persuadée que la France va mal, traverse une crise, l’opinion exorcise ses peurs à travers tous les sujets qui stigmatisent ce qu’elle considère comme des symptômes d’un mal-être : émeutes en banlieue, meurtre à caractère religieux, réformes…mais la France ne se rend pas compte qu’elle ne va pas si mal, et que malgré ses handicaps intrinsèques (égocentrisme, tendance à l’auto flagellation, immobilisme…) et son aura un peu ternie elle reste une grande nation, enviée. La France est un enfant gâté.

Et le CPE. Ce n’est pas le remède à tous les maux, mais c’est une bonne chose. C’est un vrai contrat de travail, qui répond à un besoin précis, et qui ne substituera pas au CDI pour tous les moins de 26ans. C’est une opportunité pour beaucoup de jeunes à qui on ferme la porte actuellement. Oui, il faudra faire en sorte de se faire embaucher à l’issue de la période d’essai. Mais dans une société où il y a plus de demande que d’offre, il faut être lucide : il y a une compétition.

Que ceux qui arguent de licenciements injustifiés au bout de deux ans : trouver un collaborateur, le former et le rendre opérationnel sera certainement plus couteux que de maintenir une personne à son poste. Il y aura des abus. Mais pas plus que de licenciements abusifs aujourd’hui.

Message personnel. A tous ceux qui entretiennent la peur, attisent les foules, joue de la démagogie et de l’amalgame, qui font passer leurs intérêts personnels avant ceux des générations futures : le changement est en marche, le bon sens triomphe toujours. Mais un changement est toujours plus facile lorsqu’il est accompagné et anticipé…à bon entendeur.

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