Affiche vent mollets

Affiche vent molletsCette semaine, c’est Ben qui nous livre sa critique d’un joli film français. Merci de lui réserver un très bon accueil.

Entre un « Totall Recall » inutile et un « Magic Mike » en demi teinte (d’auto-bronzant) se cache en cette fin d’été la délicieuse comédie dramatique de Carine Tardieu, « Du vent dans mes mollets », chronique d’une famille dans le début des années 80, à travers le regard d’une fillette.

 

Une adaptation réussie

Ballotée entre une mère juive possessive, un père installateur de cuisine et sa grand-mère comme garde fou, Rachel, 9 ans, nous fait partager ses angoisses, son questionnement morbide et ses tracas propres à l’enfance.

Tiré d’un livre éponyme de Raphaële Moussafir, cette comédie sucrée/salée, parfois crue, nous donne un regard singulier sur l’enfance, sans tomber dans la niaiserie prépubère. Le casting est sans défaut, tant par la justesse du jeu d’acteurs, que par leur discrétion. Agnès Jaoui (Le Goût des autres, On connaît la chanson), engraissée par ses boulettes, en dentiste pipelette, Denis Podalydès (Sagan, Da Vinci code), ancien déporté imprégné de la réserve qu’on lui connaît, la grand-mère Judith Magre (L’homme est une femme comme les autres) dont on se demande si elle est morte ou encore vivante et Isabella Rossellini (Blue velvet, Sailor et Lula) dans le rôle de la psychologue mystique.

La palme revient aux deux fillettes, Rachel et son amie Valérie, incarnées respectivement par Juliette Gombert et Anna Lemarchand, dans leur premier rôle au cinéma.

Vent mollets

Humour noir pour cuisine rose

Au premier regard, « Du vent dans mes mollets » pourrait passer inaperçu dans la longue liste des comédies pénibles et insipides que contient le cinéma Français. Néanmoins, la finesse de la réalisation permet de surfer avec légèreté entre des thèmes lourds comme la mort (très présente tout au long du film) ou le bilan triste d’un mariage à la dérive.

Bourré d’effets de styles et de références à la culture eighties (oui ami hipster, tu y trouveras ton compte !), Carine Tardieu nous offre un film ou les dialogues incisifs et l’humour noir côtoient naturellement la fraicheur (pas si naïve) de fillettes aux portes de l’adolescence. Où les évocations sexuelles brutales s’accompagnent de la douceur du premier amour. Où l’amitié naissante d’écolières se joue de l’amertume d’un couple qui a perdu sa fougue.

Tout dans le métrage est sans excès, jusqu’au temps de projection (1h29) qui ferme la porte à d’éventuelles longueurs de scènes. Juste ce qu’il faut pour nous laisser une légère frustration savoureuse. Mention spéciale a Isabelle Carré (Beaumarchais l’insolent, Quatre étoiles) parfaite dans le rôle révélateur de la tentatrice malgré elle.

Une surprise grave et légère

Sans être un chef-d’œuvre, « Du vent dans mes mollets » reste un film honnête, souriant et gravement léger. Loin d’une comédie dramatique sans saveur, la projection nous surprend à partager des rires complices avec les autres spectateurs. En effet, chacun pourra se reconnaître dans cette tranche de vie enfantine, se rappeler d’une maitresse injuste, de sa super-copine de cm2 ou d’un cartable horrible. Un film pour tout le monde, car nous avons tous eu 9 ans. Bref, une bonne surprise Kinder, si rare à trouver.