
American psycho : le Roman trash Américain PARFAITEMENT CULTE
En fait Patrick est un jeune homme parfaitement anormal qui cache sous une préciosité maladive tous les traits d’un dangereux psychopathe, obsédé, ultra-violent, parfaitement schyzo, totalement psycho. Il découpe ses victimes au hachoir, les viole, les violente, les humilie …bref c’est une parfaite ordure. Le livre décrit ses meurtres bien en détail, sa folie aussi.
Alors pourquoi aime-t-on Patrick Bateman et American Psycho ? ?
Je pense qu’Ellis a su présenter son personnage de manière si juste et « humaine » malgré son ultra-violence qu’on en arrive au fil des pages à souffrir pour lui lorsqu’il est prêt de se faire « attraper » par la police ou ses collègues. On finit par détester les victimes, qui pourraient faire plonger notre « héros ».

Putain ! comment a t-il fait ? C’est moi qui craque ? Non, je ne suis pas le seul à « aimer Bateman » et à ne pas souhaiter par ailleurs la mort de tous mes prochains (c’est de la fiction mais je la soutiens quand même ! Suis-je un pervers ? Un serial-killer refoulé ? Non! )
Je crois qu’il s’agit d’une immense prouesse littéraire, un don de l’écriture sensible , de la description sincère, qui font qu’Ellis rend ce personnage ultra-attachant: Oui, lui ce yuppie qui écoute les Talking Heads sur du matériel hi-fi ultra coûteux tout en se passant 5 ou 6 crêmes sur le visage….pendant que 2 jeunes femmes se vident de leur sang dans le jacuzzi.

Bref l’écriture est top , l’histoire outrageusement accrocheuse pour peu qu’on soit un minimum «voyeur». Patrick Bateman est attachant (et tâchant) malgré sa folie meurtrière indéfendable. Son univers superficiel est suffisamment riche et plat à la fois pour qu’on lui accorde de intérêt (et se demander pourquoi), le name dropping impressionnant, la chute aussi .
American Psycho : TRASH PSYCHOLOGIQUE et GRAPHIQUE
Ce roman est indispensable à tout amateur de sensations fortes aussi bien psychologiques (la folie meurtrière découlant de la solitude et de l’ennui profond) que graphiques (des litres d’hémoglobine coulent dans les pages, des bouts de membres se retrouvent dans les frigidaires, des yuppies forniquent dans des hôtels hors de prix ),Très « sexe , meurtres & rock’n roll », American Psycho est le roman culte par excellence d’une Amérique toujours pas remise du « Last Exit to Brooklyn » de Hubert Selby Junior et qui découvre son fils spirituel « deux fois plus trash ».
J’ai lu « American Psycho », 19 fois et je n’ai toujours pas compris d’où venait la grâce inexplicable dans une histoire aussi violente. De l’écriture, sans doute : Ellis décrit les cartes bancaires de Patrick Bateman, comme Proust décrit les madeleines de son enfance, avec grâce et beauté. J’ai voulu lui dire lors de la fête qu’il donnait chez lui, mais je n’ai pas pu, il n’était pas là.
« American Psycho » est paru éditions « point » et 10/18
Romain Novarina
Pour aller plus loin:
- A écouter en lisant American Psycho :« 1977 » des Talking Heads
« Suicide » de Suicide
« Downward Spiral » de Nine Inch Nails
«La Folie » des Stranglers
- À lire aussi absolument du même auteur :
# Moins que zéro (1985)
# Les Lois de l’attraction (1987)
# American Psycho (1991)
# Zombies (1996)
# Glamorama (1999)
# Lunar Park (2005)
- A ne pas voir :
American Psycho (1 et 2) , les film honteusement mauvais malgré la présence de Willem Dafoe et Cloé Sévigny dans le premier opus.
- A voir dans le même genre « serialkiller bien barré » :
« MANIAC » William Lustig 1980
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