A chaque fois que je sors de chez moi pour acheter des fringues, je fais le même constat : pourquoi est-il si difficile de s’habiller quand on est un homme ?
Je ne parle même pas du fait que les rayons dédiés aux hommes font le dixième de la surface dédiée aux femmes. Je constate simplement que pour avoir des vêtements qui ne sont pas portés par 90% de la population et de bonne qualité, il faut être prêt à vendre un rein ou habiter au cœur d’une grande ville (Paris de préférence).

Un milieu de gamme difficile à trouver

julesEnseignes grand public ou grandes marques sont à peu près les seules alternatives qui se présentent au shopper masculin.
D’un côté, les Jules, Celio, Mexx, Gap, Brice, Zara… où l’on a  toutes les chances de porter les mêmes fringues que son voisin. La qualité est variable selon l’enseigne, mais généralement correcte pour le casual et le sporstwear. Si vous achetez un costume par contre, quelques passages au pressing auront rapidement raison de lui.
Les coupes laissent plus à désirer. Pour passer d’une taille à l’autre, il semble que l’homothétie soit la règle. Alors que l’anatomie humaine ne suit pas cette règle. Les petits ou les grands sont donc assez mal lotis.
Syndrome de la grande série oblige, les finitions laissent à désirer.

givenchyDe l’autre côté, les grands magasins, les marques : de belles matières, une attention aux moindres détails, et surtout de belles coupes. De manière générale la marque reste un gage de qualité…qui se paye au prix fort dans le prêt-à-porter masculin. Les prix sont rapidement prohibitifs et s’adressent à une clientèle haut de gamme (ou qui attend impatiemment ses deux sessions de soldes comme moi).

Pour autant, des vêtements de qualité à des prix raisonnables ça existe. Des pièces qui font illusion dans les grandes enseignes ça existe. Des fringues à la qualité douteuses vendues à prix d’or ça existe aussi. Mais pour l’homme de base, trouver le juste milieu devient vite un casse-tête.

Un choix limité

Force est de constater également que le choix est relativement limité. Certes on est libre d’aller vers des styles différents : sportswear, casual chic, business … mais dans ces segments on doit bien reconnaître que la tendance est à l’homogénéisation des styles.
Entrez dans une boutique (casual chic pour l’exemple) pour hommes et observez : du noir et du gris. Dans un coin un peu de kaki ou du marron. Les autres couleurs : absentes. Si vous trouvez un pull bleu, le montant sur l’étiquette vous rappellera le prix de l’originalité.
Un mot d’ordre pour les commerçants : le moins de stock possible en fin de saison. Ceci veut dire « prise de risque minimum » et « à fond dans la tendance du moment ». Un comble à l’époque de l’hyper-personnalisation (ce qui nous amènerait à traiter des bons plans sur le net, mais là n’est pas le sujet).

« On a la classe ou on ne l’a pas »

mauvais goutCertains hommes ont la classe avec un t-shirt H&M et une veste Zara.
D’autres, ont l’air de péquenauds tout de Kenzo et de Paul Smith vêtus.
Ni le prix, ni la qualité d’un vêtement ne rendent beau. Le style et l’élégance naturelle font la différence. Et on ne naît pas tous égaux dans ce domaine. A priori. Selon moi, si le sens esthétique est de l’ordre de l’inné, il s’acquiert aussi.
Mais pourquoi les magazines masculins ne nous aident-ils pas ? La presse féminine expliquent à ses lectrices comment reproduire un look de star ou de défilé avec un budget de 50, 100 ou 300€. Les hommes, eux doivent se contenter de jolies photos d’un monsieur avec son pull Louis Vuitton à 900€ et son jean Dolce and Gabanna au « prix sur demande ». Si on veut ressembler au monsieur, deux options : avoir le portefeuille bien garni ou disposer de beaucoup de temps et de patience pour dénicher la perle rare (le bon produit à prix abordable).

J’attends avec impatience qu’un magazine masculin nous donne les mêmes bons plans qu’aux filles. Ca marcherait, c’est sûr. Même si l’on n’aurait plus d’excuses pour être mal habillés.

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  1. @Florian, je me relis et me demande si le ton employé dans ma réponse n’était pas un peu « brut » si oui, loin de la ma pensée. Le style un peu enlevé est à mettre sur le compte de l’heure tardive à laquelle j’ai posté !

    J’ajoute à mon propos que Zara est quand même bien utile lorsqu’il s’agit de se procurer un pièce imitant celle d’un créateur et que l’on ne peut pas s’offirir.

    PS : Il y a chez Géraldine Dormoy (Café-mode) un excellent billet où elle fait son « coming-out » et avoue sa préférence pour Zara (il faut lire le billet pour comprendre son propos).

  2. @Christian
    Je comprends, je me suis posé la même question en rédigeant mon post : ne vasi-je pas passer pour un snob? Je ne crache pas sur Zara, je trouve même qu’on y trouve parfois de bons produits pour pas cher. Il faut avoir l’oeil et être vif car la pièce ne reste généralement pas longtemps.

    Tu peux donner l’adresse de la note de Géraldine?

  3. @Thierry Richard

    merci pour l’adresse!
    Il y a également, Le 66, au numéro 66 sur les champs une boutique vraiment atypique ou Sonya Rykiel côtoie les créateurs ou la frip Killiwatch. Pour tous les budgets donc, mais sur une sélection de qualité et originale.

  4. Voici le lien de l’intéressant billet de Géraldine :
    http://blogs.lexpress.fr/cafe-mode/2008/10/fashion-sentimentale.php

    A bientôt

  5. Si vous me permettez, je dirai que l’élégance ne tient pas seulement à la griffe (non griffe) d’un vêtement. Certains hommes n’ont tout simplement pas les moyens de se payer les grands noms mais sont tout dfe même très élégants.

    L’élégance demande que l’on se connaisse et que l’on s’accepte soi-même. Si on est un timide, rien ne sert d’attirer l’attention avec une couleur vive; on se sentira malheureux et le vêtement que l’on porte n’aura pas l’effet escompté parce qu’on ne l’habitera pas. par contre, un leader qui a besoin d’être vu doit être visible.

    Accepter son corps avec toutes ses caractéristiques (peu importe qu’elles correspondent ou pas ou peu ou beaucoup aux critères de la beauté) est un must. On peut souffrir d’embonpoint et être élégant; on peut avoir l’allure d’un un dieu grec mais s’habiller comme un SDF et marcher comme un chimpanzé.

    Il en va de même pour l’âge. Il y a des types de vêtements qu’on ne porte plus à un certain âge même si on a gardé un silhouette parfaite tout parce qu »on a l’air d’un vieux qui veut faire jeune, ce qui a comme conséquence de faire paraître encore plus vieux.

    Il faut connaître les vêtements aussi: étoffes, textures, couleurs, etc. et savoir les agencer. Vous connaissez les couleurs complémentaires? La règle de trois de l’agencement? Les camaieux et les contrastes?

    Enfin, il faut être conscient des circonstances et s’y adapter.

    Mais surtout il faut se souvenir que les vêtements sont un signe externe de notre personnalité pas un faux décor que l’on porte.

  6. A mon tour de dire que je me retrouve dans ce texte comme une sardine dans l’huile.
    Il faut qd même reconnaître que nos concitoyens ne sont en général pas des malades du style : sortons de Paris et des afficionados des coins branchés des 2 autres grandes métropoles et il n’y a plus personnes pour porter des fringues.

    N’empêche, c’est toujours une douleur pour moi que de trouver qq chose de pas trop cher et de chouette.

    Ma préférence du moment (et depuis un moment) va pour Spontini.

  7. C’est sûr qu’il y a du choix entre toutes les boutiques pignon sur rue et en ligne.

    J’aime bien vente-privee pour les marques et areyouchic pour les prix pas cher et la qualité

    Spontini … 😉

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