Décidément cette rentrée 2009 voit émerger un paquet de nouveaux très bons groupes.
Aujourd’hui, je laisse de côté les anglo-saxons pour mettre l’accent sur deux nouvelles formations françaises très différentes musicalement et qui méritent toute votre attention et votre soutien.

Aufgang, l’electro-choc

Aufgang 2A l’écoute du premier album éponyme de ces gars là, je me suis rapidement dit que je tenais entre mes oreilles le renouveau de la Musique.
Vous allez dire que j’en fais trop mais il faut dire que ce n’est pas tous les jours qu’un nouveau groupe propose une nouvelle formule musicale !
Le principe : associer deux pianos à une batterie et de l’électro ; le tout emmené par trois des musiciens les plus doués de leur génération : Rhami Kalifé, Francesco Tristano et Aymeric Westrich.
Les deux premiers sont pianistes de formation et ont chacun déjà publié des albums de musique classique déstructurés et très remarqués alors que le troisième est batteur et a notamment officié au sein de Cassius.
L’album s’ouvre avec « Channel 7 » (voir vidéo), une chanson qui synthétise d’entrée la perfection que peut atteindre la formule claviers / Beats, tant la mélodie au piano se met au service d’une rythmique électronique endiablée.
« Channel 8 » s’étire ensuite sur plus de 9 minutes et monte en puissance à la manière d’un morceau post rock.
Arrive ensuite la bien nommée « Barock », véritable révélation avec une ritournelle si entraînante que la chanson pourrait durer 20 minutes sans jamais lasser.
« Sonar » qui tire son nom du célèbre festival barcelonais, lieu où l’aventure Aufgang a débuté, est un titre acide d’abord lancinant puis carrément oppressant tant les notes de pianos se répètent et sont inquiétantes.
L’ambient « Prélude du Passé » est une trêve calme et mélancolique bien venue au milieu de l’album.
Le bondissant « Good Generation » est le morceau le plus immédiat de l’album et voit le groupe prononcer pour la première fois (et la seule) quelques paroles par l’intermédiaire d’un vocoder.
« 3 Vitesses » reprend ensuite les hostilités sur des expérimentations déstructurées, suivie  d’« Aufgang », surpuissant morceaux acide house rappelant les meilleurs moment des Chemical Brothers ou d’Underworld.
L’album se conclut avec « Soumission », celle de l’homme aux machines, que ce soient les pianos ou les ordinateurs… Ici la tension est palpable, hypnotisante.

Aufgang albumLe verdict est sans appel. Aufgang réinvente chaque son, semble improviser chaque titre pour un résultat aussi audacieux que détonant. Les 3 électrons libres du groupe ont non seulement trouvé une formule inédite mais ont aussi réussi le tour de force de la faire partir dans tous les sens sans perdre d’homogénéité sur la longueur de l’album.
Les possibilités semblent infinies, sur disque comme en live où j’imagine déjà les « pianos battle » sur des beats ravageurs.

Innovant et créatif, spontané et puissant, l’ascenseur Aufgang est sans limite, hormis celles que vous vous fixerez. Simplement l’album le plus incroyable de cette rentrée.
Sortie le 12 octobre.


Lady Kill m’a tué

Lady KillLady KiIl est un jeune groupe savoyard formé par Julien et Pierre en 2007 et basé à Aix les Bains.
Ils ont récemment sorti leur premier (mini) album : « In My Back » composé de sept morceaux acoustiques et sombres d’une grande intensité émotionnelle. Avis aux amateurs

Dès « Men In The Street » le ton est donné, voix rocailleuse, pincements de cordes et notes de pianos cristallines prennent les trippes.

Au fil des titres, les deux compères déclinent cette formule avec des nuances subtiles sur la voix et les instruments ; le tout dessine un paysage de toute beauté sans superflu, ce qui donne une impression d’entendre le groupe en live. On ne peut que s’extasier devant ces envolées mélancoliques.

« Out Of Breath » est sans doute le morceau le plus abouti de tous avec un solo de piano maîtrisé et grandiose qui rappelle ceux de Muse dans « Origin Of Symmetry ».
D’autres références peuvent venir à l’esprit comme Aaron mais sans l’abus de production.
Je profite d’ailleurs de l’occasion pour parler du travail d’orfèvre fourni par Franck du label savoyard Etoa – sur lequel le disque est signé – et qui agit comme le troisième membre du groupe. Preuve qu’il existe toujours des artisans musicaux découvreurs de talents ici bas.

L’album se termine sur une chanson plus agitée et rock qui sied également à merveille à la voix du chanteur. Comme une ouverture sur les possibilités futures du groupe. En tout cas on en redemande et Lady Kill devrait revenir avec de nouveaux morceaux dès 2010.

Pour l’heure et en attendant la sortie physique d’ « In My Back » prévue prochainement, l’album est disponible sur toutes les plateformes de téléchargement légales et en écoute sur Deezer.