Nouvel invité sur okcowboy! Cette semaine, j’ai le plaisir d’accueillir David, passionné de musique qui partagera ici ses découvertes musicales.

Si vous êtes amateur de pop expérimentale, impossible de passer à côté en ce début d’année pourtant chargé côté musique : Animal Collective est de retour avec un album tonitruant, plus accessible que les précédents et qui assoit un peu plus leur statut de défricheurs géniaux.

 

Animal Collective : Merriweather Post Pavilion

Pour ceux qui ne connaissent pas, le groupe basé à New York est aujourd’hui formé de trois jeunes membres : Avey Tare, Panda Bear et Geologist avec à leur actif neuf albums en autant d’années.
Adeptes d’expériences musicales inédites mais pas toujours homogènes, le groupe commence véritablement à se faire connaître en 2005 avec Feels, manifeste de pop psychédélique.
Mais c’est en 2007 avec l’escapade solo et beach boyesque de Panda Bear (Person Pitch) puis quelques mois après avec l’album Strawberry Jam, véritable feu d’artifice sonique, que le groupe est quasi unanimement reconnu par la critique et, plus rare, par d’autres musiciens.

Animal collective devient alors le groupe le plus innovant, avant-gardiste et passionnant du moment.
C’est dire si, le 12 janvier dernier, date de sortie de Merriweather Post Pavilion, l’attente est grande.
Premier constat : l’album est le plus cohérent d’Animal Collective et poursuit le virage électronique entamé sur Strawberry Jam.
Mais ce qui frappe tout au long de l’écoute, c’est la force mélodique et l’ambiance globale qui se dégage de l’album.
Certains diront qu’il est aquatique, d’autres spatial ; une chose est sure, une fois de plus on évolue en terrain inconnue.

Dès l’incroyable « In the flowers » et ses explosions de beats et de sons venus d’ailleurs, le ton est donné : plus rien ne sera comme avant.
Sur « My Girls » les voix d’Avey Tare et de Panda Bear s’entrelacent autour d’une mélodie imparable, créant ce qui pourrait être l’hymne de bienvenue sur la planète Animal Collective.
L’exploration se poursuit et impossible de ne pas bouger sur l’entrainante « Summertime clothes », de ne pas s’extasier devant l’obsédante « Dailyroutine » et de ne pas se laisser bercer par la romantique « bluish ».
Sur la fin le groupe donne une touche tribale à sa pop euphorique sur l’envoutante « Lion in a coma » avant que les éléments se déchainent sur « Brothersport », final en forme de tourbillon électronique qui emmène tout sur son passage : grandiose !

Sur chaque morceau, le groupe triture, expérimente, réinvente un peu plus la musique et le chant, sans perdre de vue la mélodie.
Résultat : le tour de force est magistral, hypnotique.

Merriweather Post Pavilion est bien plus qu’un des disques de l’année ; c’est un disque intemporel, ceux dont on sait que le mettre sur la platine et appuyé sur play provoquera des sensations uniques : transe et mouvements désarticulés pour moi par exemple.
C’est aussi l’album qui marque l’avènement d’un nouveau style de musique: la pop psychélectronique, croisement entre électro rêveuse et psychédélisme… à écouter fort le soir, idéalement les pieds dans le sable et la tête dans les étoiles.

Alors au final, que ce soit pour explorer les profondeurs abyssales ou pour faire un voyage stellaire, qu’importe… dans tous les cas le futur commence ici.

David, pour okcowboy

Join the conversation! 4 Comments

  1. MGMT devrait en prendre de la graine ;-)
    Ils étaient au Bataclan en janvier, malheureusement c’était complet …

  2. Totalement d’accord avec toi Alice.
    Même si je n’ai pas parlé du concert au bataclan dans ma chronique, j’y étais et j’avoue que c’était une vraie expérience; bref à voir si l’occasion se représente.
    @Alice -

  3. [...] à l’instar d’autres collègues de New York dont je vous ai récemment parlés (Animal Collective), embarquer pour cet album revient véritablement à se plonger dans une atmosphère trippante. [...]

  4. [...] là sont déconcertants ; non contents de citer en référence Radiohead, Grizzly Bear, Hot Chip ou Animal Collective, ils développent sur leurs deux premiers et indispensables EP un rock progressif que seuls les [...]

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Culture

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