2 septembre 2008

# Déjà vu

Qui n’a jamais eu cette sensation de familiarité vis-à-vis d’une situation qu’il aurait déjà vu ou déjà vécu mais qu’il ne saurait raccrocher à un passé clairement défini? Qui n’a jamais eu l’impression de connaître les paroles d’une personne avant que celle-ci ne les prononce, de reconnaître un geste et de se dire « je savais qu’il allait faire ça ! » ? D’où vient ce sentiment étrange, agréable pour certains, beaucoup moins pour d’autres ?

Trop d’information tue l’information

Notre cerveau n’est conçu pour ne retenir que sept informations environ (couleurs, formes, noms…) lors d’une nouvelle situation. Cette limitation est nécessaire afin d’éviter toute surcharge ou pollution intellectuelles avec des détails inutiles. Avec sept informations, vous êtes capables (normalement) de reconstituer l’essentiel d’une situation ou d’un événement auxquels vous venez d’assister. Mais comme nous sommes, au cours de notre vie, sans cesse confrontés à des situations proches de celles que nous avons déjà rencontrées, le cerveau doit aussi distinguer les nouveaux éléments dans chaque scène afin d’éviter la confusion avec celles déjà rencontrées. Sinon vous auriez toujours la même sensation en rentrant dans votre appartement.

Confrontation de la mémoire et de la perception

Le déjà-vu est la confusion de deux situations proches, les souvenirs d’une situation passée se superposent à la scène en cours.

Le déjà-vécu est une scène que vous revivez, dans laquelle vous vous voyez, à la troisième personne (« j’y étais »).

Ces deux perceptions se réfèrent à deux capacités différentes. La première évalue la familiarité de la situation et la seconde permet de revivre mentalement une scène. Concrètement, c’est la différence entre savoir qu’on a rencontré une personne croisée dans la rue et se souvenir deux minutes plus tard, des circonstances de la rencontre et de son identité.

Revivre le présent

La mémoire n’est pas uniquement mise en cause dans le phénomène de déjà-vu. Plusieurs hypothèses coexistent quant à la création de cette distorsion. Ainsi, un léger décalage temporel entre la phase de reconnaissance et celle de la perception (la cognition) ou bien l’occultation involontaire de repères mémoriels, seraient des pistes privilégiées pour expliquer la désynchronisation de nos souvenirs. Mémoire et perception se dissocient créant une boucle temporelle redondante non pas avec le passé mais bien avec le présent.

En résumé, la scène que vous avez « déjà vue », vous êtes en train de la vivre.

Mystères

Le déjà-vu est à la frontière entre la psychologie, la religion, la philosophie et même la poésie.

Pour certains en effet, ces moments sont des preuves irréfutables que nous possédons des vies antérieures, ces réminiscences d’un passé oublié ouvrant les séduisantes portes de la réincarnation, échappatoire d’une vie souvent trop triste ou trop inutile s’il ne devait y en avoir qu’une seule.

Mais des études neurologiques, qui parviennent à « créer des souvenirs » grâce à des impulsions électriques dans le cerveau, mettent à mal ces théories qui relèvent plus de la croyance paranormale que de la science.

En résumé, la scène que vous avez « déjà vue » est une scène du passé, un passé vieux de 100 millisecondes…

Odeurs fantômes

Tous vos sens et non pas uniquement la vue, sont susceptibles de vous induire en erreur. Pour preuve, il y a peu de temps, le premier cas de déjà-vu chez un aveugle a été « observé » impliquant chez lui des odeurs, des sons et le toucher. Troublant…

Enfin, il existe d’autres phénomènes encore mal expliqués comme l’apparition spontanée d’odeurs. La phantosmie est une hallucination olfactive,  une odeur fantôme qui peut s’avérer agréable ou pas. Là encore, la médecine corrèle facilement ces gênes à des troubles neurologiques du styles épilepsies ou lésions du lobe temporal…

Enfin, pour la majorité d’entre nous, cette expérience se résume à une sensation de familiarité vis-à-vis d’une situation qu’il aurait déjà vue ou déjà vécue, une impression de connaître les paroles d’une personne avant que celle-ci ne les prononce, de reconnaître un geste. Cette sensation, un peu étrange et poétique mais toujours déstabilisante est un phénomène plutôt courant.

Souvent bénin touchant 30% des gens, il apparait principalement le soir, dans des états de fatigue ou de stress et finit par se raréfier avec l’âge.

Il y a donc peu de chances que vous reviviez le jour de la Marmotte ad vitam aeternam…

Join the conversation! 5 Comments

  1. Très bon article. Intéressant.

  2. Et moi qui pensais avoir des super pouvoirs de jedi!!!

    yoda
    http://www.ubest1.com

  3. @yoda
    Amusante remarque car j’ai failli ne pas écrire l’article. J’avais trop peur de démystifier ces moments si particuliers…
    C’était plutôt agréable pour vous ou non?

  4. Article interessant et … surprenant !

    Il existe un autre element qui peut « expliquer » cette sensation de deja vu ou deja vecu: les reves.
    J’ai deja observe que lorsqu’on est sous situation prolongee de stress avec fatigue etc. (ou trop d’emotions a gerer ou autres situations « fortes »), certaines personnes « evacuent » cette pression via leurs reves. Ils se mettent en scene et revent on ne peut plus reel (avec tous les elements familiers de leur propre vie).
    Dans la vie « eveillee » ensuite, ils peuvent rejouer exactement cette meme scene… avec cette impression de l’avoir deja vecue, d’autant plus s’ils ne se souviennent pas de leurs reves.

    Un peu comme si les reves etaient un champ d’experimentation avant de mettre en pratique dans la vie eveillee.

  5. Toy:
    pour moi c’est toujours des moments agréables
    mais « la science n’explique pas tout jeune Jedi »
    LOL

    yoda

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Lifestyle, Société