22 janvier 2007

# Démocratie participative

Le terme démocratie participative est très à la mode en ce moment… Moi, cela m’évoque le terme utilisé dans les entreprises : « management participatif ».

Je vous passe la définition du management. Le mot « participatif » est lui à opposer, ou à rapprocher de « directif », « persuasif » ou « délégatif ».
Un manager directif prend des décisions, donne les objectifs et la manière d’y arriver. Il vérifie par la suite si les résultats ont été atteints.
Le manager persuasif va quant à lui, en plus de donner les objectifs et le moyen d’y arriver, fédérer ses équipes autour de ses objectifs en justifiant ses choix et en donnant les informations nécessaires à la bonne compréhension.
Le management participatif appelle à la concertation et au consensus : Le manager et son équipe vont définir ensemble un moyen de résoudre un problème et établir un plan d’action.
Dans un style de management délégatif, le manager laisse son équipe gérer la question, après avoir passé un « contrat » qui définit les limites de la délégation.

Si l’on transpose ces notions de management à la gouvernance d’un pays, on se rend compte des limites d’une démocratie participative. Certes, le concept est novateur au regard de notre conception de l’exercice du pouvoir. On peut se dire que le rôle du citoyen est valorisé, que ce dernier est responsabilisé et impliqué. Mais cela suppose que le citoyen en question soit compétent.
On note que les notions de management décrites plus haut sont hiérarchisées par niveau de compétence et de maturité croissante (à la fois pour l’équipe et le manager).
On suppose alors dans une démocratie participative un niveau d’expertise suffisamment élevé de la part des intervenants (il faut bien baser ses propositions sur du concret : des chiffres, des exemples de dysfonctionnements, des modèles de réussite…). Or, sous peine de censure et d’élitisme, il est inconcevable de ne laisser s’exprimer que les personnes réellement compétentes sur un sujet (fiscalité, emploi, Europe, santé…).
On sait pourtant d’après la loi normale, que sur un échantillon de personnes suffisamment large, 50% des personnes seront à même d’apporter des réponses satisfaisantes à une question donnée et seulement 5% des réponses très pertinentes.
En synthèse, on peut recueillir tous les avis que l’on veut sur un débat, les seules pistes valables qui en sortiront sont celles émanant d’une « élite experte ».
Et il y a fort à parier que cette élite soit celle qui intervient déjà à un « haut niveau » pour élaborer des études, projets et programmes…autant dire le lot des propositions « classiques ». Ne restera comme solution pour cautionner le concept, qu’à favoriser certaines idées non réalisables, utopiques ou démagogiques.

Ceci montre les limites du concept même de démocratie participative. Je n’ose aborder ici les compétences de celle qui endosserait le rôle de manager.

Moi quand je vote, je donne ma confiance à une personne pour la réalisation de ses propositions, parce qu’il m’a donné une vision à moyen et long terme, et parce que j’estime qu’il est compétent pour le faire. Et puis quand je vois le temps que l’on met pour se mettre d’accord à 10, je me dis qu’à 30 millions…c’est de la démagogie participative…

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