Sounds of the universeCes derniers mois ont marqué le retour de la plupart des « grands groupes » et par la même mis en exergue leur quête désespérée de l’inspiration passée, U2 en tête. Rares sont ceux qui échappent à ce syndrome mais la sortie du nouveau Depeche Mode vient nous rappeler que musicalité et popularité peuvent toujours s’accorder, même 28 ans après leur début. Alors oui, le groupe est un véritable mastodonte, tout ou presque a été dit sur lui et nul doute que Dave GAHAN, Martin GORE et Andrew FLETCHER n’ont plus rien à prouver. Pourtant force est de constater que le trio s’est toujours refusé à faire du sur place et poursuit son évolution musicale.

En ce sens, Depeche Mode fait figure d’exception et porte magnifiquement son nom puisque chaque album est l’occasion d’un nouveau bon en avant, une nouvelle définition « modienne » de la musique, jamais aseptisée, toujours inspirée. Sounds Of The Universe, le 12ème album du groupe ne déroge pas à la règle et, sans pour autant être révolutionnaire, ajoute une nouvelle pierre exaltante à un édifice déjà impressionnant. Moins pêchu que son prédécesseur « Playing The Angel », moins tubesque que le sommet « Violator », ce nouvel opus est aussi un des plus électroniques et des plus difficiles d’accès du groupe.

DM2« In Chains » ouvre brillamment l’album ; le morceau est cotonneux et s’étire sur quasiment 7 minutes. Il présente d’emblée ce qui caractérise Sounds Of The Universe à savoir un mélange sombre de sonorités vintage – Martin ayant récupérés ses synthés analogiques – et de bidouillages électroniques. « Hole To Feed » est la première des trois chansons signées par le charismatique et formidable chanteur Dave GAHAN. Le son se fait plus agressif, Martin est en soutien au chant. Déboule ensuite le single cataclysmique « Wrong », illustré par un clip d’une noirceur extrême ; encore une fois Depeche Mode a tout bon. Suivent « Fragile Tension » et « In Sympathy », morceaux electropop tout en équilibre et délicatesse ; « Little Soul »  qui est une des ballades synthétique dont seul Depeche Mode a le secret. Plus loin, les deux autres morceaux signés Dave Gahan tiennent également le haut du pavé: «Come Back » et surtout « Miles Away / The Truth is », chanson qui aurait très bien pu figurer sur « Playing The Angel ».

Hormis 2 ou 3 titres plus faibles mais néanmoins de très bonne facture, Sounds Of The Universe ressemble à l’ensemble le plus compact du groupe depuis « Violator ». Défiant le temps, Depeche Mode arrive à se renouveler tout en conservant la base qui le caractérise. Bref pour ceux qui auraient abandonné le navire il y a quelque temps maintenant, ce nouvel album est idéal pour découvrir ou redécouvrir le groupe et constater que la jeune génération a du pain sur la planche. Rendez-vous dans quelques années pour découvrir n’en doutons pas le palpitant treizième numéro de la Depeche Mode.

Pas chroniqué mais vivement conseillé :

-          Bat For Lashes « Two Suns »
Natasha Khan poursuit ses rêveries et nous invite au voyage sur ce magnifique deuxième album.

-          The Veils « Sun Gangs »
Un des groupes anglais les plus talentueux et aussi un des plus méconnus ; ce troisième album est un nouveau sans faute de rock alternatif.

-          Yeah Yeah Yeahs « It’s Blitz » Les new yorkais mettent au placard les guitares saturées pour s’essayer avec succès à une pop teintée d’electro

-          Fever Ray
Album éponyme de la chanteuse de The Knife Encore plus sombre que le dernier album de son groupe (oui c’est possible), cet opus promet de nous hanter encore longtemps

-          The Fatales « Great Surround »
1er album des américains qui développent en 10 titres une pop mélancolique d’une beauté immaculée sans jamais tomber dans la facilité.

Join the conversation! 2 Comments

  1. Sans oublier l’album « songs of faith and devotion » un masterpiece de leur discographie qui les fait entrer dans une ère electro-dark.
    sinon je suis en ligne avec la critique…

  2. [...] pour un résultat impressionnant de maîtrise. On reconnaît quelques ficelles chères à Depeche Mode mais ce qu’il en ressort est une symbiose parfaite entre le chant de Matthew (tellement meilleur [...]

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