Il y a de nombreuses situations de vie professionnelle qui peuvent être comparées à une partie de poker. Dans votre environnement de travail vous êtes souvent amenés à disputer une « partie » avec vos collègues, votre patron, des interlocuteurs externes, pour des enjeux variés : négociation commerciale, entretiens, réunions internes etc.

Si pousser des jetons et jetez des cartes ne vous apportera pas toutes les clés, certains concepts du jeu vous apporteront un éclairage sur ces situations :

Sélectionner sa main de départ : La sélection des cartes de départ est le B.A.BA du joueur de poker. Les cartes avec lesquelles il part définissent sa stratégie : main forte qui permet de jouer agressivement, main qui nécessite une amélioration par la suite. Pour vous sélectionner votre main de départ consiste à identifier précisément les arguments ou les informations pour faire mouche :
– main d’attaque : vos arguments vous permettent de déstabiliser directement vos adversaires, ce qui les place dans une position de défense, de justification. Il est même probable que certains de vos arguments fassent abandonner directement le combat à votre interlocuteur.
– main potentielle : vous avez une information incomplète. La suite de la discussion ou réunion, vous permettra de transformer ces informations en une attaque, ou au contraire vous permettront d’abandonner tout de suite cet axe de discussion.

Connaître son adversaire : au poker on cherche à dresser un portrait de jeu de son adversaire : agressif, prudent, structuré ou non. Le profil de l’adversaire nous permettra d’anticiper ses réactions face à une situation donnée. Ce portrait peut être établi sur la base d’informations récoltées lors de précédente rencontre ou au fil de la partie. Lors de vos rencontres professionnelles il doit en être de même pour établir votre stratégie.

Le tapis : au poker le nombre de jetons que vous possédez confère un certain pouvoir. Vous dominez d’une certaine façon le jeu car par la puissance de vos mises vous mettez perpétuellement en danger les joueurs aux petits tapis. De même quand vous avez en face de vous un adversaire avec un plus gros tapis vous prendrez plus de précautions. Mais quand vous rentrez dans le coup c’est avec confiance dans votre jeu, et la possibilité de voir votre tapis doubler.
Dans la vie professionnelle, le tapis peut-être votre position hiérarchique, vos appuis etc… vous serez prudent face à votre n+2 par exemple, mais sous savez que vous pouvez engranger des points avec une excellent prestation. Idem quand vous êtes le client et que vous avez devant vous un prestataire qui veut prendre un business, c’est vous qui avez l’ascendant. Gardez bien ça en tête quand certains essayent de vous embarquer sur leur terrain.

Jouer son adversaire : au poker avec la lecture des précédents paramètres vous mettez en place une stratégie en place : exploitation des faiblesses de l’adversaire, utilisation de vos forces. Vous pourriez presque jouer sans regarder vos cartes, car vous savez quelle réaction gagnante adopter en fonction des réactions de votre adversaire. Au poker comme dans une situation professionnelle, sachez lire votre adversaire pour prendre les bonnes décisions et induisez des comportements pour arriver à vos fins.

La mise : passer (sortir du jeu), checker (attendre une action de l’adversaire), miser, relancer (miser plus qu’un adversaire). Ce sont les mouvements de base au poker. Tout joueur connaît la joie de pouvoir contraindre un adversaire avec un meilleur jeu à passer à l’aide d’une relance importante…
Dans votre travail, vos relances prendront la forme de LA question qui appuie là où ça fait mal, ou LE fait qui déstabilisera votre interlocuteur. Et comme au poker, tout est question de timing : soyez concentré et saisissez l’opportunité d’asséner l’argument choc au bon moment.

Le hasard : le jeu n’aurait pas ce piment si le hasard n’intervenait pas. Qui n’a pas bluffé un coup avec une paire de 2 pour finalement toucher un brelan sur la rivière ? Qui ne s’est pas fait battre alors qu’il était archi-favori par une quinte sortie de l’espace ?
La vie vous réserve des surprises et le hasard vous donnera des bons et des mauvais coups. Et oui, des fois vous serez le meilleur à un entretien d’embauche mais c’est la cousine du DRH qui aura le poste… Prenez conscience que dans la vie professionnelle le hasard pointe le bout de son nez et que vous ne maîtrisez pas tous les paramètres, vous aurez moins de déceptions !

Le bluff : comment aborder le poker sans parler de bluff ? Le bluff n’est pas l’essence du poker, ce n’est qu’une de vos armes parmi d’autres. Un bon bluff se construit, il ne prend pas avec tous les joueurs, il ne marche que si vous avez construit une image de vous solide pendant la partie.
Au travail, idem. N’essayez pas de faire avaler une absurdité à quelqu’un qui en sait plus que vous sur le sujet. Le bluff ne prendra que si vous avez été crédible jusque là. Prêcher le faux pour savoir le vrai est une forme de bluff induite. Servez vous en, mais avec parcimonie.

Si vous avez l’occasion de prendre place autour d’une table de poker et que vous avez un œil affuté, vous pourrez vous rendre compte de tous les parallèles possibles avec une situation de vie réelle.
Une fois que vous aurez pris conscience de tous ces paramètres, vous constaterez combien le jeu affute vos sens de l’observation et de la stratégie, les niveaux de finesse qui existent dans les relations interpersonnelles. Enfin, vous comprendrez mieux l’engouement pour ce jeu passionnant, et le fait qu’il s’agit plus que d’un phénomène de mode.

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