Vous dire que j’attendais impatiemment Dunkerque, le dernier film de Christopher Nolan serait un euphémisme. J’aime tout ce que le réalisateur britannique fait, j’aime les acteurs qu’il fait jouer et les histoires qu’il raconte. Avec Dunkerque, on pensait que Nolan nous ferait un film de guerre comme tous les grands réalisateurs en ont déjà réalisé. Après son visionnage, ce n’est pas vraiment les combats qu’il a filmé mais la Survie, le Courage et la Lâcheté des Hommes. PAS DE SPOILERS.

Encore un bon film

J’aime Christopher Nolan. Depuis son premier film Memento sorti en 2000, et qui était déjà l’un de nos premiers billets cinéma (décembre 2005, vous pouvez voir l’évolution du style), dans lequel il expérimentait une timeline inversée, il jouait avec les souvenirs et les spectateurs.
Suivirent Le Prestige, Inception, la trilogie Dark Knight, Interstellar et enfin Dunkerque. Je remarque aujourd’hui que tous ont été critiqués ici.
Car Nolan, ce ne sont pas seulement des histoires, c’est une vision du cinéma, des Hommes, de la Mémoire et des Valeurs.
Dunkerque est sorti en salles mercredi dernier, le 19 juillet 2017. En 1h47, le film raconte une partie de l’opération Dynamo, la bataille de Dunkerque qui dura plus d’un mois entre le 21 mai et le 4 juillet 1940, en plein coeur de la Britzkrieg. La bataille est restée célèbre car après des semaines de guerre, 400 000 soldats britanniques et français, ont été rapatriés par la mer grâce aux réquisitionnement de bateaux civils anglais.

Le cadre est posé. Le film se déroule à ce moment-là mais il ne raconte en aucun cas d’un point de vue historique ce qui s’y est vraiment passé. Les esprits les plus patriotes regretteront que les sacrifices français, les morts dunkerquois ne soient pas pas montrés ni évoqués mais il s’agit d’une vision partielle qui met évidemment à l’honneur le sauvetage mené par les Anglais.
Mais l’essentiel n’est pas là.
Dans Dunkerque, il n’y a personne pour célébrer la toute puissance de l’Empire de sa Majesté. Non, on raconte comment les Hommes s’enfuient, comment ils affrontent leur peur, comment ils s’entraident ou se sacrifient.
Dans Dunkerque, il n’y a pas de héros, juste des hommes qui ne se connaissent pas, qui n’ont rien à se raconter donc rien à se dire. Certains regretteront le certain anonymat des soldats. Mais qu’avez-vous à raconter à celui qui fait face à la mer, qui se couche sous les bombes et qui fuient le même ennemi invisible?
Dans Dunkerque, il n’y a pas de méchants à moustache et au bras levé que l’on peut détester. Il y a seulement des bombes qui explosent, des torpilles invisibles et des balles qui sifflent. La mort est anonyme et seuls le bruit et le silence vous préviennent du danger.

Tom Hardy et Hans Zimmer

Christopher Nolan doit beaucoup à ces deux-là.
Le premier, qui apparaissait déjà dans Inception et dans Dark Knight Rises, joue cette fois un pilote de la Royal Air Force. Si comme les autres, il ne brille pas par ses dialogues, Tom Hardy joue tellement bien que, même avec un masque de pilote sur le visage, il parvient à incarner le mélange de peur, de courage, de force et de fragilité.
Le second, génial compositeur allemand de musique de film vous scotchera pendant 1h30 dans votre siège. Sa musique retransmet quasi parfaitement le stress et l’urgence de la situation. Un régal.
Pour les moins de 20 ans, vous pourrez également admirer le chanteur de One Direction, Harry Stiles, qui joue également très bien. Compliment ultime, Nolan l’a même comparé à Heath Ledger, le regretté Joker.

Allez voir Dunkerque, c’est beau, c’est bien réalisé, c’est intelligent. Vous ne verrez pas une reconstitution historique de la Guerre de Dunkerque (comme le soldat Ryan n’était pas celle du Débarquement, Full Metal Jacket celle du Vietnam). Vous verrez les histoires d’Hommes qui cherchaient à fuir la guerre, à franchir la mer, à rentrer chez eux, prêt à tout pour survivre.