2 juillet 2008

# Dyson et le prodesign

Le 22 mai, Dyson ouvrait un nouveau Showroom sur Paris et c’était l’occasion pour eux, par l’intermédiaire de l’agence Via Nova Spheris, de présenter deux nouveaux modèles dans leur gamme.

Aspirateurs Dyson Ils sont beaux, ils sont biens, ils sont petits et un peu chers. Je vous renvoie sur le site officiel si vous voulez plus d’infos, car pour ma part, ma passion des aspirateurs s’arrête là. Non, ce qui m’a plu en fait, c’est le discours des gens chez Dyson, la philosophie pour être plus précis. Dans cette entreprise pas comme les autres, on refuse de dire que les aspirateurs sont « design ». Ils ne sont pas beaux, parce qu’ils n’ont pas été conçus pour ça. Lorsque le produit trouve sa forme, ses lignes, son esthétisme grâce à sa fonction, on touche du doigt le concept de Prodesign.

Naissance du good design
Après la guerre, les USA, qui ne sont pas préoccupés par la reconstruction, ont la main mise sur le design. En 1950, le conservateur du Museum of Modern Art Edgar Kaufmann Jr publie « What is good design ? », un livre dans lequel il définit sa vision du design, en 12 principes, très novateurs mais également contraignants.
Dans un premier temps très suivis, ces principes se sont peu à peu avérés dépassés, car tendant à un idéal du design. Un nouveau courant commença alors à émerger. L’idée était de partir de l’objet en lui-même. Si cet objet répondait à un certain nombre de critères alors il relevait du design sinon il appartenait au marketing, à la décoration, l’étude de style, la mode, à la grande consommation.

Changement de mentalité
Le prodesign est un design d’innovation, d’invention basé sur 7 critères : l’utilité, l’ergonomie, la simplicité, l’écologie, la durabilité, le coût, l’esthétique et l’innovation.
Pour résumer, l’objet prodesign est un objet socialement utile, à base de matériaux écologiques et durables, accessible à tous financièrement et qui mette en avant de nouveaux matériaux, des nouvelles technologiques.
Tous ces critères ne doivent pas obligatoirement être réunis mais ils permettent d’évaluer le potentiel de novation d’un produit.
Si ces critères vous semblent évidents, regardez autour de vous le nombre d’objets polluants, excessivement chers, compliqués et vous comprendrez que les logiques de marketing, de gaspillage, de consommation ont de beaux jours devant elles.

Tente Quechua

La tente Quechua de Décathlon est un bon exemple de prodesign. Je parle de cette tente à arceaux qui se déplie toute seule en quelques secondes. Cet objet, en 1000 ans, n’avait pratiquement jamais été amélioré. Les peaux de bête tendues entre quatre piquets avaient juste été remplacées par de la toile… Ce produit est l’illustration parfaite d’une recherche basée sur l’optimisation de gestes, de matériaux et de prix.

Un aspirateur prodesign
Dyson est un ingénieur et non un designer. Avant de mettre au point l’aspirateur qui porte son nom, il a inventé ou amélioré des bateaux et des systèmes d’arrosage. Il avait également, sur des brouettes de jardin, remplacé la roue avant par une boule et élargi les pieds pour éviter qu’ils s’enfoncent dans la terre.
L’aspirateur sans sac n’est pas né d’une volonté marketing. Son design est inspiré de la technologie des hottes de scieries, qui séparent la sciure de l’air grâce à un effet cyclone. Dyson a donc trouvé une solution mécanique au problème de sac qui se bouche et se colmate. C’est tout l’esprit du prodesign que de proposer une solution à une fonction insuffisamment remplie.

Airblade Dyson

Lors de cette soirée, j’ai ainsi découvert un autre objet prodesign, qu’auparavant je détestais : le sèche-mains. L’airblade de Dyson est pour le coup vraiment révolutionnaire. Comme vous le voyez, lorsque vous glissez vos mains dans l’appareil, une fine mais puissante lame d’air froid (d’où Airblade, héhé) vient décher vos mains en douceur. On se demande alors comment personne avant n’avait pu y penser plus tôt…

Néanmoins, il existe une contrepartie à cette logique de design, qui d’ordre financière. En effet, proposer des nouveaux matériaux, des nouvelles formes ou techniques de production nécessitent la plupart du temps de déposer des brevets et ca coute de l’argent, beaucoup d’argent selon les business auxquels on touche.


En savoir plus avec « Prodesign, éloge d’un design utile » de Jacques Bosser.

Join the conversation! 1 Comment

  1. Super billet sur le prodesign.
    Certes cela coûte de l’argent, mais pour être utilisateur des aspirateurs Dyson depuis des années je peux t’assurer que tu l’amorti ton aspi !
    La techno brevetée de ces aspi n’a en effet pas d’égal sur le marché et cela se ressent à  l’utilisation !
    With a Dyson, passer l’aspirateur chez toi ne sera plus jamais comme avant !

    Christian « Dyson addict » :^p

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