generations-yDerrière une appellation commune, tout le monde aimerait savoir comment vivent, pensent, travaillent, consomment ces « jeunes » de la génération Y. Malgré les livres, les études et les articles, elle est un véritable serpent de mer. Personne ne sait exactement qui elle est, ni d’où elle vient ni même si elle existe vraiment. En tout cas, on a trouvé un nom à ceux qui les ont éduqués : les parents hélicoptères.

On connaissait la génération X, celle née en 1960 et 1980, après les Baby-Boomers, qu’on a dit nomade, volontariste, cynique et aventureuse. Elle est désormais supplantée par les Y, la génération Why, les Millenials pour on ne sait quelle raison.
Il y a 7 ans, Florian les peignait déjà avec une justesse déconcertante dans deux billets consacrés aux ados et aux jeunes actifs: Génération Y part 1 et Génération Y part 2.

Désespérée? Désabusée?

Depuis, forcément, le portrait s’est affiné et l’émergence des réseaux sociaux a changé la donne ou plutôt l’a accentuée.
Aujourd’hui, la génération Y connait la Crise, celle qui dure depuis 5 ans, elle a conscience du monde, elle est ironique, désabusée, désintéressée, démotivée.
Les maigres tentatives de mobilisation sociales, écologiques ou économiques sont immédiatement piétinées et annihilées par des politiques et des visions court-termistes ou des multi-nationales toute puissantes. La situation n’est peut-être pas différente d’il y a 20 ans mais désormais, nous sommes au courant, tout de suite, tout le temps.
Les Y sont jugés peu fidèles à leurs entreprises. Mais avec les tensions apparues sur le marché de l’emploi, les attentes de développement personnel sont devenues secondaires. En période de crise, la démission ne fait plus peur à aucun employeur. Même si personne n’est dupe, l’infidélité ne se révèle donc qu’intellectuelle.
A croire que les Y n’ont pas de comportements générationnels mais conjoncturels

Les neets

neetPlus préoccupant,  un sous-groupe des Y, les Not in Education, Employment or Training, émerge. Ils ne vont ni à l’école, ne travaillent pas et n’ont pas de stage. Ils sont une minorité invisible, silencieuse, urbains ou ruraux, qui ne demandent rien et n’attendent rien. Ils ne font rien et ont généralement moins de 20 ans.  Les NEETs sont difficiles à cerner. Mais vous n’entendrez pas parler d’eux, à moins qu’ils ne votent (généralement aux extrêmes) lors des prochaines élections présidentielles, ce qui n’arrive pas souvent. Voilà une partie de la génération Y dont tout le monde se fout.

 

Les parents hélicoptères

rentreeIl est difficile de comprendre et d’analyser une génération en pleine mutation. Les sociologues se sont donc retournés vers les parents, conscients que les Y n’étaient pas le fruit d’une génération spontanée mais bien issus d’une éducation, d’une société déjà existante.
Les parents hélicoptères sont une forme de parents poule, qui couvent leurs progénitures afin de les protéger du monde extérieur et les préserver des éventuels bobos du quotidien. On les reconnaît parfaitement lorsqu’ils ont de jeunes enfants.
A l’adolescence, ces parents prennent de la distance avec les enfants mais ne décollent pas vraiment: ils les surveillent, corrigent leurs erreurs, portant un regard bienveillant mais permanent, leur laissant seulement l’illusion de l’autonomie.
Après le lycée, ces mêmes parents n’ont aucun scrupule à s’immiscer dans les études de leur progéniture, allant parfois négocier des résultats scolaires avec des enseignants, choisir des orientations. Ils considèrent leurs enfants moins matures, plus fragiles, moins responsables qu’auparavant et les infantilisent davantage.
Enfin, comme les études sont payées par les parents, cet interventionnisme n’est contesté ni d’un côté ni de l’autre, quitte à devenir des parents-clients: « je paye donc mon fils doit passer en 2nde année! ».
Chez les hélicoptères, une grande partie des décisions sont d’ordre émotionnelles. Il y a une part de transfert évident, une volonté de donner ce qu’on n’a pas soit même reçu, à une génération qu’on considère plus fragile, plus en difficulté.
Si l’on ajoute à tout cela, que de nombreuses familles sont aujourd’hui reconstituées, le phénomène s’intensifie.

 A qui la faute?

A personne évidemment ou à tout le monde. La société en général, est de plus en plus déresponsabilisante. On juge donc la génération Y comme peu investie, infantile et immature. Mais elle n’est que le fruit d’une éducation, d’une société et d’un contexte économique. Certains trouveront les armes pour évoluer dans cet univers impitoyable et pourtant si protecteur, d’autres resteront sur le carreau. A qui l’avenir donnera raison? Aux hélicoptères? Aux tigres? Aux chinois?
Et puis, quels parents seront la génération Y? La génération Z sera-t-elle la dernière?