ghost-in-the-shell-kusanagi-motoko

Un des dessins animés japonais les plus emblématiques des années 90 a été adapté en film avec dans le rôle-titre Scarlett Johansson.
Outre le fait que les remakes américains d’œuvres étrangères soient rarement des réussites, la sortie du trailer cette semaine a suscité beaucoup de commentaires entre désillusion, surprise et excitation, dès le départ, les fans regrettant l’attribution du rôle principal à une actrice blanche.

Manga culte

ghost-in-the-shell-movie-teasers-005

Ghost in the Shell est un seinen, un manga principalement destiné aux jeunes hommes, entre 15 et 30 ans. Ce n’est pas un genre à part entière mais une ligne éditoriale, qui s’oppose au josei manga, le manga pour filles. Proche du shönen dans ses thèmes (sport, science-fiction ou comédie), l’écriture et le dessin se veulent plus matures et plus sérieux.

Ghost in the Shell raconte l’histoire d’une policière cyborg en charge de retrouver un cybercriminel nommé Puppet Master (le Marionnettiste), qui pirate et prend le contrôle d’esprits humains via Internet.
Situé dans les années 2030, le major Motoko Kusanagi va découvrir une réalité et un projet plus complexes.

Un manga d’anticipation

ghost-in-the-shell-movie-cyborgCe manga, d’abord édité en papier puis devenu un anime (un dessin animé) est une véritable institution pour tous les fans du genre, tout comme Akira, dont j’avais déjà parlé ici.
Au-delà de l’intrigue policière, tous les thèmes liés à la robotique, aux humains et à la vie sont profondément passés en revue. A l’heure où « l’Homme augmenté » et le Transhumanisme deviennent des réalités poussées par des sociétés comme Google, Ghost in the Shell fait preuve de précurseur et ouvre déjà des pistes de réflexion philosophique.
Le major Kusanagi est un cyborg. Elle possède un cerveau humain augmenté dans un corps de robot, ce qui la distingue des androïdes, ces robots avec une intelligence artificielle qui ressemble à des humains.
Dès lors elle se posera des questions autour de son humanité, de la pensée, de la dissociation de son corps robot et de son esprit. Son « ghost » (ici utilisé au sens d’esprit), enfermé dans un « Shell » (un coquillage/coquille) qui devient enveloppe, carcasse, fait-il d’elle une Humaine pour autant?
Lorsque, dans 10 ans, vous verrez les premières personnes équipées de prothèses articulées motorisées, d’implants oculaires pour améliorer la vue, de nano-composants dans le cerveau pour retrouver la mémoire et d’organes imprimés en 3D, vous vous poserez également la question.

Hollywoodwashing

Le 29 mars prochain, c’est donc une adaptation cinématographique qui sortira au cinéma avec Scarlett Johansson dans le rôle-titre, réalisé par Rupert Sanders, le Britannique qui a proposé Blanche-Neige et le Chasseur.
Si, naturellement, les fans craignaient que ce manga culte ne soit dénaturé par la culture occidentale, comme d’autres (jeux vidéo) avant (salut Dragon Ball, Crying Freeman, Street Fighter, Mario Bros…), c’est surtout le choix de « Mme Millepied » aka Scarlett, actrice américaine (donc blanche et occidentale) évoluant ans un univers japonais et s’appelant Motoko Kusanagi, qui a suscité les plus vives critiques. Au point que le phénomène ait été nommé Whitewashing.
Si la polémique est quelque peu exagérée, elle démontre cependant que Hollywood a régulièrement tendance à éclipser les rôles asiatiques, qui ne représentent que 4,4% des rôles parlants (oui aux US, les rôles parlent !). Caution ou pas, vous verrez tout de même Takeshi Kitano, super star japonaise au casting.

Mais au-delà des considérations ethniques, c’est plus la perte de sens philosophique qui effraie les futurs spectateurs, imaginant déjà que le scénario cyberpunk original se transforme en un banal film d’action hollywoodien bourré d’effets spéciaux stroboscopiques.

Pour ceux qui n’auraient pas vu, l’anime original, je vous invite fortement à le regarder en VO évidemment. Il est disponible sur Youtube là.

Et puis si vous tenez absolument à voir Scarlett Johansson nue, cherchez, vous trouverez rapidement le bon film.

Join the conversation! 1 Comment

  1. Raté,

    Mme Millepied c’est la brune, Natalie de son prénom.
    pas la blonde, qui a certes également épousé un français.

    Et puis quitte à donner des leçons sur le WhiteWashing hollywoodien, appeler une femme par le nom de son mari c’est très-très sexiste…
    Thinkaboutit ^^

Comments are closed.

Category

Culture

Tags

, , ,