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Hier sortait le numéro 1 de l’édition française de GQ ; un événement pour les connaisseurs. C’est en effet une institution outre-atlantique : depuis plus de 50 ans le magazine est une référence pour les hommes de bon goût. Aussi, le mensuel arrive avec une réputation mais surtout un gros challenge à relever, s’imposer comme LE magazine masculin.GC se revendique « Beau. Masculin. Intelligent ». Qu’en est-il ?

Beau ?
OUI : Couverture et papier glacés épais sont du plus bel effet. Certaines photographies sont très belles, dans la veine de Première. Les publicités de grandes marques renforcent l’aspect qualitatif et luxueux. La mise en page est relativement classique mais en harmonie avec la typographie sobre, en adéquation avec l’esprit du magazine.
NON : certaines infographies destinées à moderniser la mise en page sont en décalage avec la charte graphique. De manière générale, il y a un manque d’homogénéité dans la forme. Dommage.
Masculin ?
OUI : Mode homme, high-tech et voitures sont bien présents. Sur les sujets Mode et de Style, le magazine a choisi le mode didactique, particulièrement approprié pour parler aux hommes. Il est indéniable que sur le sujet de l’élégance et du savoir-être le magazine est fidèle à ce qu’il doit être : une référence, classieuse et intemporelle.
NON : 70% des sujets sont généralistes, pas forcément masculins. Le magazine n’est pas aussi masculin que les magazines féminins sont…féminins (heu, c’est clair ?).

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Couvertures de 1980 et 2002 : la classe, toujours la classe…
Intelligent ?
OUI : GQ ne joue pas dans la cour de FHM ou Max. Ici, pas de « comment avoir des abdos en béton en 5 jours », pas de photos de la blonde aux gros nichons qui a gagné la dernière Télé réalité, ni de rétrospective du mois sous forme de zapping télé. GQ prend notamment un pari avec un sujet sur les Talibans, ou une interview de Bayrou par Beigbeder.NON : en fait si ! Mais attention par la suite à ne pas confondre intelligence et élitisme. Le lecteur n’aime pas être pris pour un con.

Et sinon ?
POUR : avec un peu de chance le magazine trouvera son public et on arrêtera enfin de voir des gens porter la cravate avec une chemise à carreaux (voire plus de carreaux du tout…). La concentration de publicités pour homme permettra aux moins inspirés de trouver des idées. Bref, pour tout ce qui touche la mode (comprendre élégance et classicisme) le magazine est au rendez-vous.
CONTRE : trop de pub tue la pub. 152 pages sur 322 : la lettre au père Noêl de Patrick Bateman! Du coup, on cherche un peu les articles entre les pages de pub. Je vous conseille de mettre un marque-page au sommaire (page 30 !) afin de ne pas perdre trop de temps.On peut également reprocher au magazine d’être un peu loin de l’actualité ( cf. le sujet sur la moustache… « so 2007 »).

En conclusion ?

Il faudra attendre quelques numéros pour que je puisse me faire une opinion définitive. Cependant, je sens que GQ va donner un grand coup de pied dans la fourmilière des magazines masculins installés qui se font bouffer sans se rendre compte par les mag Internet (une première réaction déjà chez l’Optimum qui présente sa nouvelle formule en mars).

PS : J’ai quelques réflexions sur le sujet en réserve, mais je les garde pour une discussion dans les commentaires. Par ailleurs, je mets un carton jaune à mes camarades blogueurs qui parlent du sujet sans le traiter…ah opportunisme quand tu nous tiens !