20 septembre 2012

# Grizzly Bear : Shields

Grizzly Bear ShieldsAh cette rentrée 2012, je l’attendais impatiemment, elle promettait d’être grande avec un nombre de sorties attendues impressionnant. Des heures et des heures d’écoutes plus tard, je me posais tranquillement pour faire le point et m’interroger : et si il fallait n’en garder qu’un?

 

 

 

Eclatant, aventureux

La réponse je n’ai pas mis beaucoup de temps à la trouver, elle a jailli quasi immédiatement, comme une évidence musicale ; là où Bloc Party propose l’insipide Four, Two Door Cinema Club le consensuel Beacon et Animal Collective le trop élitiste Centipede Hz, eux ont trouvé la recette, une fois de plus, d’une pop éclatante et aventureuse.

Eux, c’est Grizzly Bear, déjà coupable de l’épatant Veckatimest en 2009, album qui les avait propulsés tout en haut de la scène indie, notamment grâce à l’imparable « Two Weeks ». Disons le d’emblée Shields est assez différent de son prédécesseur ; plus abouti mélodiquement, moins boursoufflé et plus cohérent. De prime abord il peut même paraître assez classique ; pourtant ce quatrième album foisonne d’idées et chaque nouvelle écoute révèlera à celui qui s’en donne la peine quelque chose de nouveau, signe que l’on a affaire à un grand disque.

Avalanche symphonique

« Sleeping Ute » ouvre admirablement le bal, mêlant influences passées et présentes pour un résultat en forme de bordel musical organisé totalement jouissif. Autre chanson que le quatuor de Brooklyn a dévoilé avant la sortie de Shields : Yet Again, certainement la chanson la plus immédiate et facile à appréhender de l’album, emprunte d’une douce mélancolie, comme tout l’album d’ailleurs, avant une fin apocalyptique. « A simple Answer » révèle ailleurs des arômes connus chez Arcade Fire quand « What’s wrong » finit habilement sur quelques notes jazzy. Mais le meilleur est pour la fin, dans le formidable triptyque Gun-Shy/Half Gate/Sun In Your Eyes ; là où la première, céleste, nous embarque tranquillement pour ne plus nous lâcher, la deuxième, déchirante, œuvre plus dans le domaine de l’avalanche symphonique ; le final quant à lui, progressif, est ni plus ni moins qu’un guide vers la lumière.

Dans son entièreté, l’album multiplie les orchestrations audacieuses, bâtit de nouvelles textures harmoniques où légèreté et rugosité se marie à l’infini. Déjà essentiel, ce « Shields » pourrait rapidement intégrer le clan très fermé des disques intemporels.

En écoute ici : http://www.deezer.com/fr/music/grizzly-bear/shields-5950719

Yet Again

Sleeping Ute

Pas chroniqué mais vivement conseillé

 

« I know what love isn’t » par Jens Lekman

Jens-Lekman-I-Know-What-Love-IsntPour ceux qui ne connaissent pas encore ce jeune suédois ce quatrième album est une excellente entrée en matière. Sorte de Morissey des temps modernes, Jens a la recette du bonheur simple dans sa voix et ses mélodies fluettes. Le genre de disque dont on ressort joyeux en se disant que tout est beau ici bas.

 

 

 

« Pacifica » par The PresetsThe-Presets-Pacifica

Adulés en Australie et plutôt boudés en Europe, le duo pourrait cette fois mettre tout le monde d’accord avec ce « Pacifica » qui délaisse une électronique industrielle sans émotion pour une electropop aérienne inspirée des années 80. Un virage important donc, qui risque de laisser au bord du chemin de nombreux fans de la première heure mais qui devrait en conquérir pas mal d’autres, notamment sur le vieux continent. Souhaitons-leur le même succès que leurs compatriotes de Cut Copy qui avaient déjà trouvé la formule magique en 2008 dans In Ghost Colours.

« Sun » par Cat Power

Cat Power SunEn voilà une dont le tournant musical ne passe pas inaperçu ; il faut dire que l’on a connu Chan Marshall dans un mode folk dépouillé addictif et que sur ce bien nommé « Sun » on la retrouve sur une megaproduction pop signé Zdar (Cassius). Déroutant assurément (car fan de la première heure) mais loin d’être sans intérêt, ce disque a su s’installer durablement dans mes oreilles, l’électronique étant utilisée avec parcimonie et la voix de Chan toujours aussi magnifique.

 

 

« Coexist » par The XXThe-xx-Coexist

Toujours difficile de passer sans encombre l’étape du deuxième album surtout quand on a, comme The XX, connu un succès retentissant, public comme critique, avec le premier. La pochette de « Coexist » annonce la (non) couleur, négatif de celle du premier opus, indiquant un changement dans la continuité. On peut pourtant mesurer sur ce disque le chemin parcouru, à l’image des voix, déchirantes, des rythmes et beats de Jamie, toujours plus affirmés, le tout au service de cette atmosphère cotonneuse immédiatement identifiable.

« Pink » par Four Tet

Four_Tet_PinkSuite du formidable « There is Love In You », « Pink » est un album constitué de tous les singles que Four Tet a sorti depuis en vinyle plus deux titres inédits : Lion et Peace For Earth. Un disque rythmiquement plus tourné vers « le dancefloor » qu’à l’accoutumée pour un résultat gargantuesque : 8 pistes, 1h de bonheur électronique et un chef d’œuvre de plus dans une discographie sans faille. Précieux…

 

 

Join the conversation! 3 Comments

  1. Merci pour cet article!

  2. Vivement le prochain billet! Merci!

  3. Je tombe sur cet article qui me parle de groupes que je pensais être le seul à connaître (et d’autres !), donc j’adhère, continuez !

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Culture

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