gta 5

Voilà l’image que renvoie le jeu vidéo de Rockstar sorti hier. Une image fausse et outrancière mais tellement pratique pour décrire une œuvre débutée il y a 16 ans maintenant. Ces jours-ci, tout le monde entendra parler de ce jeu, soit d’un point de vue économique avec les records de vente, les millions, le marketing, soit d’un point de vue racoleur avec son contenu violent, sexiste et valorisant les gangs et la drogue. Rien de nouveau sous le soleil médiatique…malheureusement.

Et la tendresse bordel ?

Personne ne se demande pourquoi des millions de gens ont acheté et joué à ce jeu vidéo violent et sexiste ? Est-ce uniquement pour le plaisir de conduire à l’envers sur l’autoroute, de lancer des grenades du haut d’un toit, d’essayer un lance-flammes dans un parking souterrain ? Non pas uniquement.
GTA c’est un iceberg géant qui renferme des trésors de gameplay derrière sa face sulfureuse et ce depuis le premier épisode, c’est un jeu qui est devenu un genre, le GTA-like.

Les débuts

GTA 1 screenEn 1997 sort Grand Theft Auto. Le jeu se joue en vue de-dessus, n’est pas très beau mais marque déjà les premiers joueurs. Il n’y a pas vraiment de scénario mais votre personnage doit accomplir des missions qu’il récupère dans des cabines téléphoniques publiques. On peut déjà conduire des voitures, les collectionner et tirer sur des gens.
Deux ans plus tard, GTA II sort et la 3D fait son apparition sur les décors.
Déjà à l’époque, les polémiques sur la violence et la drogue existaient. La plus amusante, c’est sur la ressemblance trop forte avec la ville de New-York. Le maire de l’époque craignait qu’on assimile N-Y à la guerre des gangs, la violence et la drogue.

GTA 2L’intérêt de ces deux jeux n’était pas d’assouvir des pulsions de mort ou d’inviter à prendre de la drogue. Il résidait essentiellement dans la liberté de faire n’importe quoi. Vous pouviez voler une voiture, conduire vite, dealer, écraser des jogguers (avec un bonus si vous aviez l’entraîneur) mais jamais impunément. La police se mettait automatiquement à votre recherche et de plus en plus intensément en fonction des infractions (les fameuses 5 étoiles). Vous pouviez mourir d’un accident de moto lors d’une course poursuite ou sous les balles des policiers (qui a dit que GTA n’était pas moral ?).
Pour rappel, 1997, c’est l’année de sortie de Diablo, Final Fantasy 7 ou Tomb Raider 2. Les créateurs de jeu scriptaient les jeux et il était difficile de sortir du cadre. Avec GTA, vous découvriez la liberté. En dehors des activités illégales, il était également possible d’être ambulancier, taxi ou pompier, de traîner dans la ville à la recherche « de trucs » à faire. GTA, c’était une ambiance sonore unique avec des dizaines de vrais radios différentes selon les voitures que vous conduisiez.
En fait c’était un mélange de jeu de tir en vue de dessus, de jeu de course, de jeu de rôle et tout ça enrobé de subversivité.

GTA 3L’apogée

Dans GTA III, sorti en 2001, la 3D fait son apparition. Le succès est immédiat, les polémiques aussi. Ces dépravés de Rockstar ont eu la bonne idée de rajouter du sexe. Et comme tout le monde sait que le sexe, c’est mal, les critiques ont fusé. En 2008, à la sortie de GTA IV il en sera de même. Le gameplay est toujours le même: un anti-héros qui va essayer de faire son trou, sur fond de rêve américain.

Des plaisirs d’enfant

Dans GTA, la violence n’est pas une fin en soi. Il s’agit à chaque fois de faire le sale boulot pour des gangs, des chefs de la mafia. Le jeu s’inspire de nombreux films de genre (Scarface, Le parrain…) transposés dans des villes contemporaines.
Comme dans Pacman, le héros poursuit son chemin, pourchassé par des fantômes, des policiers ou des voyous. Lorsqu’il est acculé, le rapport de force s’inverse et le carnage est un passage obligé. Mais le plaisir n’est pas que là. Comme dans un Sim City où vous lâcheriez Godzilla pour détruire votre ville, la jouissance vient du chaos, de la surenchère. Voir les hélicos, l’armée et les tanks venir vous arrêter est un moment à la fois redoutable mais toujours drôle.
GTA c’est un jeu de gamin pour adultes. Vous jouez aux petites voitures, vous les collectionnez et vous les cassez. Vous habillez votre héros comme un Sim’s, pour le voir glisser sur les capots de voiture et jouer du lance-flammes dans un parking. S’il ne s’agissait que de violence ou de sexe, des tas de jeux ont fait pire et n’ont pourtant jamais marché. La différence c’est que les GTA ont toujours été bien réalisés, drôles, démesurés et innovants.

Les meilleures choses dans la vie sont soit illégales, immorales ou font grossir. Heureusement, GTA ne vous fera pas prendre de poids.

Join the conversation! 1 Comment

  1. Et oui les médias aime la surenchère. Le soir de la sortie à la télé dans un JT ils ont réussi à dire qu’on pouvait violer dans GTA?!? Violer la loi certes mais à priori pas encore des femmes…
    Forcément ce n’est pas vraiment le type de jeu auquel j’apprécie de jouer mais pour que Fiston s’éclate avec alors qu’il est fan de Pokemon, des Sims ou en ce moment de Animal Crossing; je me dit que la violence ne peut pas en être le seul letmotiv. D’ailleurs ton article est très juste, c’est bien la liberté que Fiston m’a sorti comme premier argument pour vouloir jouer à ce jeu et pas à un autre. En l’occurrence la liberté de quadriller la ville de part en part avec les engins de son choix et l’intérêt de choisir son véhicule en fonction de ses capacités en matière de vitesse, résistance, maniabilité.
    Bref je suis convaincu que ce jeu est d’abord d’une grande qualité.

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