Suite et fin de la chronique consacrée au heavy metal…

A l’évocation du metal, l’association d’idées est rapide : metal/Satan/cheveux longs/noirs/psychopathes…etc….

Il est indéniable que le metal ne laisse personne indifférent. Si la plupart des gens sont « effrayés » par ce genre ou ses fans, c’est qu’il existe une méconnaissance absolue de ce genre, car il est absent des circuits de diffusion classiques.

Aujourd’hui, tous les courants alternatifs sont diffusés à la radio ou à la télé : rap, reggae, électro…sauf le metal. Pourquoi ? J’ai tenté de relever les pistes les plus significatives qui conduisent à cette conclusion.

Un courant obscur

La tendance obscure dans le metal est intrinsèquement liée à son histoire comme nous avons pu le voir dans le bref historique précédent.

Black Sabbath exprimait clairement un goût pour les ambiances glauques et prétendait vouloir écrire de la musique d’horreur. Led Zeppelin, dans son registre, fréquentait aussi les milieux ésotériques par le biais de Jimmy Page.

La musique elle-même est issue du blues, qui historiquement est une musique mélancolique (musique des esclaves noirs aux Etats-Unis aux 19ème siècle). Les pères fondateurs ont donc donné la couleur au genre.

Par ailleurs, il existe un postulat de base des détracteurs du métal : le metal et ses fans sont attirés par le satanisme.
Certes, le metal est profondément lié au christianisme[1], ou du moins à ses concepts : la plupart des fans de metal considèrent que le christianisme est basé sur les pulsions de mort, la souffrance, le masochisme, la douleur et la répression, (en référence directe avec la crucifixion, le concept d’enfer et de paradis, les sept pêchés capitaux etc…) et celui-ci se veut libre de ses choix, de sa condition donc réfute en bloc les idées judéo chrétiennes évoquées plus haut.

Il est cependant étonnant et paradoxal de constater que cette imagerie est largement véhiculée au sein même du metal. Une opposition exacte au christianisme se manifesterait en fait par un hédonisme épicurien.

Ce paradoxe montre que l’idée répandue que le metal est associée au satanisme est donc fausse.

La raison du penchant pour l’obscur doit donc être ailleurs. Il faut y voir en vérité une sorte de catharsis.

Le fan est libre d’explorer dans le metal et son univers des thèmes comme la violence, la mélancolie, la tristesse à travers la musique, sans pour autant avoir à subir les conséquences ou les causes de ces sentiments réellement.

Cette catharsis existe par ailleurs dans tous les genres et cela depuis les débuts de la création artistique : musique classique, littérature, peinture, puis cinéma etc… (Ce qui est nettement moins vrai dans la musique de variété actuelle et le « easy listening » FM qui explore essentiellement le créneau « mon amour est parti »…).

Il y a dans ce cas là la possibilité de se sentir vivant à travers les émotions ressenties et la dédramatisation de la mort qui renvoie à la condition humaine.

Finalement, on peut considérer de ce point de vue que le metal exacerbe les émotions et la finalité de l’Art en général.


Un courant extrême

La violence qui existe dans le metal est à relativiser. Il y a certes une progression dans la violence musicale depuis les années 70, mais il faut savoir utiliser un référent.

Dans les années 50, le rock n’roll était déjà qualifié de « musique du diable ». Elvis représentait la décadence, l’appel au sexe et à la violence.

Dans les années 90, NIRVANA représentait le modèle absolu de révolte, aujourd’hui leur chanson sont reprise en prime time à la télé, et leur single passent comme des classiques « pop rock » ( !) sur les radios nationales.

Ce qui est extrême aujourd’hui ne le sera sans doute plus demain.

En outre, ceci a tendance à attirer un public majoritairement adolescent et de permettre une construction identitaire.

Le côté extrême ou marginal du metal permet aux jeunes de se distinguer des autres. La différentiation identitaire par la musique est caractéristique des pays occidentaux et constitue une alternative au groupe social des parents, mais également au « commun » des autres jeunes.

Ceci est loin de contribuer à un isolement. Il existe en effet dans la communauté metal un esprit tribal fort. Les idées souvent véhiculées étant la recherche de l’élitisme et la tolérance. La notion d’élite faisant référence à la musique. Les fans sont souvent eux-mêmes musiciens, et il est reconnu que les musiciens de metal comptent les plus grands virtuoses dans leurs rangs (guitare et batterie essentiellement).

La notion de tolérance est intrinsèque au metal puisque ses adeptes réclament le droit à la différence.

Il semblerait que le côté extrême du metal soit à relativiser ou à replacer dans un contexte, et que loin des préjugés cet aspect ne soit pas rédhibitoire à une sociabilisation des fans les plus jeunes.

Un style vestimentaire « particulier »

Le code vestimentaire du heavy metal est difficilement définissable tant il existe de différences et tant les évolutions sont rapides.

Dans les années 70, la mode était aux cheveux longs et aux vêtements près du corps. Désormais il est rare de trouver des fans arborant cette tenue (hormis les fans de metal des années 70… !).

Dans les années 90, la tendance est passée aux cheveux courts ou rasés, notamment avec l’incorporation des mouvements hardcore et industriels, dans lesquels la mode était aux cheveux courts.

Les vêtements sont également devenus amples selon les courants (new metal et hardcore), sous l’influence du mouvement Skate, qui fit du rap et du metal les musiques de prédilection de la disciple, et mélangeant par la même occasion les styles vestimentaires.

Par ailleurs, il existe pour certains styles une énorme confusion de genre par les profanes, par exemple entre les gothiques et les fans de death metal…le style est macabre, pourtant les signes distinctifs sont nombreux. Il est sûr que cette confusion et les amalgames qui en résultent sont dus à la méconnaissance du metal et aux clichés véhiculés par les médias.

 

Des clichés largement répandus

Pour le grand public, le fan de metal est un inculte buvant de la bière, fanatique de rituel satanique, avec des cheveux longs et gras, souvent dangereux.

Pour illustration de l’image du metal il suffit de prendre quelques exemples révélateurs. Lors des tueries du lycée de Colombine (pour reprendre un exemple médiatique), il a clairement été évoqué que le drame était intervenu parce que les deux adolescents étaient fans de Marilyn Manson.

Certes, les adolescents étaient fans de Marilyn Manson, mais se pose-t-on la question de la musique écoutée par les agresseurs du collégien poignardé dans la rue il y a quelques mois en France, ne trouve-t-on pas des fans de Johnny parmi les criminels ? Il est surprenant de voir que le critère musical n’est évoqué que lorsque l’on se trouve face à un fan de metal.

Pourtant des études sont faites aux Etats-Unis et au Québec (disponibles sur Internet en anglais et français) pour mesurer l’impact de l’écoute du metal sur la fréquence de suicide chez les adolescents et pour mesurer l’insertion sociale de ceux-ci.

Résultat de ces études : les fans de heavy metal n’ont pas plus de tendances suicidaires que la moyenne, et n’ont pas de plus forte orientation vers la violence.

Au contraire, la plupart des fans de metal sont plutôt bien insérés dans la société, possèdent un bon niveau d’études, sont consommateurs et paradoxalement très conformistes.


Le fan de metal adepte de Satan

Là encore c’est un grand débat. Nous avons vu que l’imagerie occulte est présente depuis la naissance du metal. Faut il voir pour autant dans les fans des antéchrists en herbe ?

Certes les accros des rituels sataniques seront plus à même de se reconnaître dans le metal que dans Britney Spears[2] et cohorte. La réciproque n’est pas forcément vraie.

Il faut à ce point faire une distinction subtile mais fondamentale entre adeptes de rituels sataniques et satanistes.

Les premiers sont attirés par des croyances ancestrales autour du mythe du Diable, qui alimente les peurs et l’imaginaire collectif.

Les seconds adhèrent à une « philosophie » née en 1970 aux Etats-Unis, avec la « Bible Satanique »[3] d’Anton La Vey, fondateur de l’Eglise de Satan.

Cette philosophie est loin, malgré sa dénomination, de la vision judéo chrétienne du satanisme et est fondé essentiellement sur le principe du « la liberté des uns s’arrête là ou commence celle des autres » et dénonce une société basée sur l’auto indulgence.

Le commun des mortels sera alors la plupart du temps bien déçu d’apprendre que si Marilyn Manson est prêtre de l’Eglise de Satan, c’est avant tout par goût des modes de pensée alternatifs, et que si certains fans se proclament satanistes, ils n’égorgent pas pour autant les poules, ou n’adorent pas le diable.

 

Conclusion

Loin des fantasmes ou des lieux communs, le metal est genre musical à part entière.

Moins exposé que la plupart des courants musicaux, il n’est pas pour autant une sous-culture. Son histoire, ses acteurs, montrent qu’il recèle une certaine richesse culturelle.

Il est néanmoins vrai que l’acquisition des concepts véhiculés est plus difficile car plus atypique que dans les autres styles, et qu’acquérir une oreille permettant d’apprécier la musique nécessite un investissement personnel dénué d’à priori.

Courant à la fois toujours à la mode et démodé, le metal n’aspire pas à l’exposition mais souffre d’un déficit d’image.

Roi des paradoxes, le genre voudrait être reconnu  et débarrassé de sa mauvaise réputation mais s’auto satisfait de sa différence.

Mais quel fan de metal voudrait être mis sur le même plan qu’un fan de variété ?

1 – ceci ne constitue pas une opinion personnelle
2- égérie du mass entertainement
3- « Satanic Bible », uniquement en anglais

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  1. je suis fan de heavy métal et je me suis retrouvé en rien dans tout ça…..a part l historique que je connais trés bien……mais je pense que remonter aussi loin dans les bases du genre ne sert a rien du tout !!!! pour moi le heavy métal doit etre quelque chose de fort,d’épique mélanger a beaucoup de mélodies varié pronant des valeurs héroiques,anciennes…..voila ce que j’en pense ;) aprés ce n’est que mon approche bien sur ;)

    bonen journee ++++

  2. Le Heavy Metal se qui est dommage est un genre de music dont beaucoup de personnes ignorent et il est en train de mourrir. Le premier a nous avoir fait entendre cette mélodit est Ozzy Osbourne .Moi qui a 12 ans j’en suis fan est fier .Comme je ne suis pas catholique ni satanique et bien je suis Heavy Metaliste et j’ai plusieur Dieux Ozzy,Zakk Wylde,Rob Halford, Ormagöden (si vous avez déja joué a Brütal Legend vous comprendrez)….. In This River de Black Label Society est une chanson où Zakk exprime ses sentiment.Cette chanson parle de Darell Dimebag qui était son meilleur ami. Marilyn Manson lui est un gros sadique :en concert il a écraser des poussin et tronssonner une vache vivante devant tout le monde.

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