Brrr….! le froid me glace les os. En sortant de chez moi ce matin, je me suis dit que je serais bien mieux à Barcelone.

Passer l’hiver à Barcelone… Sortir le matin de chez moi et longer la Diagonal, la large avenue bordée des immeubles des grandes banques et de ses centres commerciaux, sous un ciel bleu, vêtu d’un pull léger…

Je prendrais le métro direction Plaça Catalunya, pour avoir le plaisir de descendre la Rambla. En hiver, la promenade plantée de platanes reste très fréquentée, même si ce n’est pas la cohue de la Mercè, la fête populaire et réligieuse qui marque le début de l’automne.
Sur la Rambla, les touristes toujours nombreux croisent les statues humaines, les fleuristes, les oiseliers, les joueurs de boneto et les artistes de rue. Je ferais un arrêt sur la Plaça del Pi, qui pour moi a plus de charme que la plaça Reial, trop touristique. C’est fou l’intensité des couleurs dans cette ville. Le bleu, le vert, le jaune et le blanc vieilli des bâtiments vous feraient presque mal aux yeux.

Arrivé près du port, j’irais boire un café au Bosc de la Fades, ce bar si étrange. Situé près du musée de cire, il est plongé dans la pénombre sous un plafond étoilé. On s’assied autour d’arbres étrangement humains, ou dans de petites alcôves où coulent des fontaines. Pour un peu, on y croiserait la communauté de l’Anneau.

J’irais déjeuner à Los Torreros, un petit restaurant aux tables en formica et aux nappes cirées, dont les murs sont couverts de coupures de presse et de photos dédiées à la tauromachie. On y sert des tapas traditionnelles, pas des attrape touristes. Pour 10€, le vieux  restaurateur et sa femme vous concoctent un festin.

Et après, où irais-je? Me prélasser sur les bancs en mosaïque du parc Güel? Me perdre dans les petites rues pleines de surprises? Flâner autour de la Sagrada Familia? Qu’importe le temps n’a pas d’importance à Barcelone; à 4h du matin les rues seront toujours animées par des personnages étranges et pittoresques. Demain j’aurais encore plein d’endroits fabuleux à revisiter et des souvenirs colorés à partager.

Je remonte le col de ma veste, ajuste mon écharpe, c’est pas tout ça, faut que j’aille bosser.