Jeremy Jay

A l’heure où les nouveaux médias permettent  de découvrir des nouveaux artistes à peu près tous les jours, difficile de faire le tri entre l’indispensable et le plus anecdotique. Car en effet,  le paradoxe est là : jamais la musique n’a été aussi facile d’accès et, paradoxalement, jamais elle n’a été aussi diffuse. Vous n’entendrez donc certainement pas parler de Jeremy JAY et pourtant, l’américain vient de sortir un deuxième album qui a tous les traits d’un grand classique.

L’initiation à la musique de Jeremy JAY commence par un constat : l’homme cultive une ambivalence prononcée. Grand, nonchalant, un visage d’ado, une mèche rebelle et une allure de dandy, il puise son inspiration dans sa Californie natale mais a depuis son plus jeune âge baigné dans la culture européenne et la chanson française, Françoise Hardy en tête.

Le titre de l’album, « Slow Dance », en forme d’oxymore puis l’écoute des dix perles de l’album prolonge ce sentiment, Jeremy soufflant alternativement le chaud et le froid au creux de nos oreilles. Un art du contre pied déjà maîtrisé sur ses différents EP et son premier album : A place where we could go et encore magnifié ici avec l’apparition subtile de synthétiseurs.
Ainsi, les assauts dansants de « Breaking The Ice » ou «  We were there » laissent planer l’ombre de Ian Curtis là où « Canter canter », Winter Wonder » rappellent Lou Reed. Ailleurs « Slow Dance » développe un psychédélisme racé alors que « Slow Dance 2» est un véritable cocon composé de quelques notes de piano et de claquements de doigts. Et quand Jeremy JAY s’interroge sur des mélodies entraînantes : « Will you dance with me ? », «Where could we go tonight ? »,  on pense inévitablement à l’excitation ressentie lors de nos premières soirées d’adolescent.

Le tout est brut, cohérent et insuffle un romantisme incroyable à la musique moderne. « Slow Dance » est un album que l’on a envie de garder jalousement secret mais dont l’universalité fait qu’on ne peut s’empêcher de dévoiler son existence. « La simplicité est la sophistication suprême » disait Leonard de Vinci… tel pourrait être le leitmotiv de Jeremy JAY.
Inclassable, indémodable, la grande classe. Aucun clip n’a encore été tourné pour illustrer une des chansons de « Slow Dance », je vous propose donc de visionner celui de « Lite Beam », extrait de l’EP « Love Everlasting » également sorti cette année.

Pas chroniqué mais vivement conseillé :

–          PJ Harvey « A Woman A Man Walked by »
La grande dame du rock présente son nouvel album et encore une fois elle surprend : fini les balades intimistes au piano, retour aux guitares, utilisées ici à toutes les sauces.

–          Ghinzu « Mirror Mirror »
Les belges défient les anglais sur leur terrain de prédilection : le rock indé, et le résultat est surprenant.

–          Handsome Furs : « Face Control »
Mélangez des beats glaçants à des guitares saturées et vous obtiendrez un kaléidoscope sonore de notre époque ;

–          The Whitest Boy Alive « Rules »
Qquelques notes jazzy sur des rythmes simples : idéal pour se détendre.

–          Fredo Viola « The Turn »
En voilà un qui ne manque pas d’inspiration et dont l’univers artistique est extrêmement riche (musique, vidéo…); pour vous en convaincre jetez un coup d’œil sur http://www.theturn.tv/ et délectez vous de ses ritournelles folk.

Join the conversation! 3 Comments

  1. […] donne quelque chose qui pourrait s’apparenter à la rencontre de Coco Rosie, Depeche Mode et Jeremy Jay. En écoute, […]

  2. J’ai découvert Jeremy Jay via sa reprise avec sa guitare très 60’s du titre électro-rock minimaliste « Lunar Camel » de l’album « kaleidoscope » de Siouxsie And The Banshees. J.J. a depuis aussi repris des titres de Suicide et Brian Eno…

  3. Pour infos, Jeremy Jay sortira deux albums en 2010: Splash et Dream Diary. Le premier pourrait sortir dès le mois de mai…

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