John & JehnDire que la scène française est prolifique est un doux euphémisme. Après vous avoir présenté cinq découvertes aussi diverses qu’exaltantes, je m’attarde sur un album que j’attendais particulièrement. Car John & Jehn n’en sont pas à leur premier essai. En 2008 déjà, ils avaient crée la sensation avec un disque éponyme scindé en deux faces (face John et face Jehn), brut et électrisant comme à la grande époque du Velvet Underground.

Exilé à Londres depuis 4 ans, le duo (et couple à la ville) charentais a complètement assimilé la culture musicale anglaise et dévoile sur Time For The Devil un nouveau visage, délaissant le côté primitif de leur premier essai pour mieux se concentrer sur des mélodies pop  brillamment mises en avant par une production éthérée et aérienne. Sur l’album, John & Jehn jonglent avec les influences et préparez vous à être catapulté au début des années 80, époque musicale charnière où l’émergence de nouveaux courants : post punk, New Wave avec des groupes comme Joy Division/New Order ou The Cure a clairement bousculé un certain classicisme rock.

D’ailleurs d’une manière générale, si l’on devait désigner un fil conducteur à l’album, ce serait sans doute cette basse vrombissante et omniprésente chère notamment à la bande à Ian Curtis et qui donne la base rythmique à quasiment tous les titres. Partant de ce principe, John & Jehn sont partis dans de multiples directions avec pour leitmotiv, l’exacerbation instrumentale et vocale, refusant la facilité de reproduire le même schéma tout au long de l’album.

Time For The Devil, Oh My Love ou encore And We Run par exemple, sont appelés à devenir de vrais tubes dans la plus pure tradition pop new wave. Shy est la plus divisionnesque dans l’esprit, percutions démentes avant que la basse et le riff de guitare se mettent en place, accompagnés d’effets synthétiques. Sur Down Our Streets et London Town, on arpente les rues de Londres avec frénésie, tout clavier dehors alors que Vampire et Ghosts sont habités par des beats et des changements de rythme angoissants. Des chansons plus douces parsèment également l’album sans pour autant évoluer dans le même registre musicale : Beat box sur Prime Time, orchestration céleste sur O’Dee et guitares crades sur la torturée et géniale Shades.

A tout cela il faut ajouter une harmonie vocale exceptionnelle qui donne à Time For The Devil une dimension incroyablement sexy, la voix de John, intensément sombre, papillonnant autour de celle de Jehn, divinement gracieuse. Love Is Not Enough en est la plus belle illustration, sorte de ping pong amoureux sur les attentes individuelles de la relation.

Et ce n’est pas tout, John et Jehn sont multi instrumentistes et cette interchangeabilité des rôles fait merveille sur scène, laissant libre court à la réinterprétation des titres ; accompagnés de deux musiciens leur son est alors nettement plus bestial.

Enfin l’album  est aussi intéressant thématiquement parlant puisqu’il aborde les relations amoureuses et ce besoin inhérent d’exister en tant qu’individu au sein du couple. Cette quête de l’exutoire qui est paradoxalement pour le duo, à travers leur musique, une nouvelle occasion d’être ensemble.

En un mot, Time for The devil est diabolique.

En écoute: Time For The Devil

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http://www.dailymotion.com/video/xc4bzp_john-jehn-time-for-the-devil-video_music

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Join the conversation! 2 Comments

  1. Pour info l’album est en écoute intégrale sur deezer

  2. Thank U David,
    J’attendais ce 31 Mars 2010 avec impatience.

    Cet album respire la puissance et l’énergie.
    And We Run et Down Our Streets… pour les citer.
    Faire du karaoké sur ce genre d’album risque d’être une mince affaire.

    Enfin un groupe français qui n’est pas trop catalogué «  Cocoon & Co ».
    « La Musique, ou comment vivre à Londres ».

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Culture

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