Ce qui est embêtant avec la nouveauté, c’est qu’on a toujours l’impression d’être le dernier au courant. Il y a toujours quelqu’un pour vous dire : « Comment ça tu ne sais pas ce que c’est ?!! »
Aussi, quand cette année on vous parlera de « Kawaii » (prononcer « kawailli » et pas K-way…) vous n’aurez pas à briller pas votre manque de « trendiness ».

Cet adjectif japonais signifiant « adorable » ou « mignon » s’applique aux animaux, aux personnes, à une mode vestimentaire, à une esthétique enfantine.
Il faut savoir que dans la culture japonaise le kawaii est partout et utilisé sans la connotation d’immaturité que nous lui portons aujourd’hui en Occident : l’armée, l’état, les entreprises privées communiquent avec des personnages kawaii !

Cantonné initialement à la culture asiatique, ce courant est arrivé chez nous via les adolescents et notamment les mangas et autres « animes ». Le kawaii prenait essentiellement la forme de produits dérivés de dessins-animés : badges, portes-clés stickers de Pikachu , Hello Kitty etc… on trouve maintenant le look kawaii chez des jeunes françaises : tenues enfantines avec souliers vernis, robes à dentelles, à volants…

Le marketing introduit de plus en plus de kawaii dans ses produits (coloris pastels, formes arrondies) et ses communications (choix mannequins, postures et expressions enfantines). Aussi, ne vous étonnez pas d’entendre le mot dans une conversation, utilisé à plus ou moins bon escient, pour désigner une jolie femme, un portable, un vêtement…

Personnellement, cette tendance ne me plaît pas particulièrement. Je trouve que c’est infantilisant, et je ne suis pas particulièrement sensible à ce qui est « adorable ». Par contre il est indéniable que cela correspond à l’état d’esprit d’une jeunesse qui va chercher ailleurs ses modèles (le modèle européen n’a pas l’air de les faire rêver) et qui en réaction à leurs aînés (les trentenaires) qui les prennent pour des gamins (baby losers) joue à fond la carte de l’immaturité.


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