logo ColorL’application COLOR, qui fait le buzz actuellement outre-Atlantique vaudrait 41 millions de dollars. Egalement très critiquée, elle serait pourtant selon son créateur Bill Nguyen, révolutionnaire à bien des égards. Alors, Color, mélange de Foursquare, Instagram va-t-il devenir un nouveau Facebook ou un Chatroulette ?

Pas que du photosharing

Parfois présenté comme une plateforme de partage de photos à l’instar d’un Instagram ou un « réseau social pour exhibitionnistes » du genre Chatroulette, l’application Color a beaucoup fait parlé d’elle en levant 41 millions de dollars.
Le principe est plutôt simple. Vous prenez une photo avec votre téléphone. Géolocalisée, elle sera immédiatement partagée avec ceux qui sont présents au même endroit que vous, 50 mètres autour. Pas d’identification, pas d’amis. La photo apparaît sur tous les téléphones qui sont présents au même endroit que vous.

A quoi ca sert ?

capture_colorLes détracteurs ou les non utilisateurs des réseaux sociaux, des nouvelles technologies vous répondront « à rien ». C’est possible.
Le créateur de l’appli évoque plutôt une « construction de réseau social spontané » qui s’affranchirait du PC et qui vous permettrait de rencontrer des gens qui partagent les mêmes intérêts aux mêmes moments. Dans un musée ou dans un concert, l’application est capable de sélectionner les meilleures photos, en fonction de leurs orientations, de leurs rankings.
Elle est également curative. Si vous êtes 1000 à prendre des photos au même endroit, seuls les clichés pertinents seront retenus.

41 millions…

Bill NguyenBill Nguyen. Le fondateur de Color porte le projet sur son nom. Vous ne le connaissez probablement pas mais c’est une référence dans la Silicon Valley. Il a déjà créé Lala, un site de vente de musique en ligne racheté en décembre 2009 par Apple pour 80 millions de dollars.
Il a aussi créé Onebox, une box qui faisait mail, téléphone et fax qu’il a revendu pour la coquette somme de 850M$ à phone.com.
Vous l’aurez compris, ce monsieur est une institution et on ne s’étonne pas que Sequoia et Bain, deux poids lourds de l’investissement californiens, mettent de l’argent sur lui. Mais c’est le montant qui a pu surprendre, pour une « appli photo ».

Pourquoi ca peut marcher

- Quand en 2006, Lala proposait de partager des expériences musicales, Color propose en 2011 de partager des expériences photo.
– L’appli est « curatrice », (c’est le mot à la mode). C’est-à-dire qu’elle propose, sélectionne le meilleur et vous le restitue. Pas de risque donc d’être floodé (innondé) par des images inutiles.
– L’appli sera également surveillé pour éviter les dérives (exhibitionnisme).
– Le business model de Color se base sur les professionnels. Les commerces, les magasins sauront que vous êtes présents et pourront vous proposer un service, un produit en lien avec vos intérêts, la fréquence à laquelle vous venez.
– Le journalisme pourrait également bénéficier du service en pouvant récupérer des flux liés à des événements particuliers comme les catastrophes naturelles, les guerres, les événements sportifs. Là où Twitter propose un flux texte, Color proposera un flux image.

J’ai téléchargé Color (dispo sur Android et iPhone) et j’essaie de convaincre mon entourage de l’utiliser. Comme toutes les applis participatives, elle n’a d’intérêt que si elle est partagée (un wikipédia que j’alimenterai tout seul n’aurait pas d’intérêt). Je trouve le concept intéressant et beaucoup moins contraignant qu’un Twitter qui est basé sur du texte, sur une information. Color montre les choses et parfois, les belles choses n’ont pas besoin d’être commentées.

Join the conversation! 5 Comments

  1. Je vais avoir besoin d’une 2ème explication parceque la première ne me suffit pas à comprendre l’intérêt de partager une image que je peux voir de mes propres yeux si elle est visible immédiatement dans un rayon de 50m.
    De toute façon dans ma cambrousse, je ne risque pas de voir tout de suite d’autres utilisateurs de ce genre d’application à 50m de moi, même à 1km d’ailleurs. Il faudra que le concepteur imagine un curseur pour régler ce paramétre selon les zones.

  2. L’idée c’est que dans un même lieu, les gens peuvent ne pas voir les mêmes choses (un stade, un musée…).
    Ou alors il voit la même chose mais la photo est meilleure que la tienne.
    Ou alors en allant dans un café, un bar, tu peux rencontrer quelqu’un qui a pris la même photo que toi.

  3. C’est une application pour devenir omniscient ?

    J’ai testé, je suis en plein coeur de Paris. Et rien.
    Comme tu le dit, cela n’a d’intérêt qu’avec une grande communauté.

    Comme beaucoup d’app et de nouvelles techno « l’intérêt » ne réside que dans la capacité de l’app à suggérer sa propre utilisation. Cf. Affordance.

    Merci pour la découverte.

  4. Finalement parlons plutôt « ubiquité » que « d’omniscience »

  5. @DandyMaxim – As-tu testé dans des endroits très fréquentés?

    J’ai essayé au Trianon, rien.
    Je pense qu’il faudra encore un peu de temps, comme un Foursquare ou un Twitter pour que cela se démocratise.

    Aux US, ce n’est également que le début…

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