VinyleL’industrie du disque a considérablement évolué depuis 10 ans, notamment avec l’arrivée du format mp3. Les ventes de CD s’effondrent un peu partout dans le monde et selon les indicateurs, le téléchargement légal devrait même les supplanter dès 2010. Parallèlement à cette évolution, un autre phénomène émerge : la progression constante et assez spectaculaire depuis plusieurs années des ventes de vinyles, dernier support physique musical à résister au raz de marée mp3. Quelles sont les raisons de ce retour au premier plan ? Emotion et Technique au programme…

Au moment où apparait le CD, en 1983,  les ventes de vinyles sont quasiment à  leur apogée ; mais le Compact Disc, plus pratique, pouvant contenir plus de musique et supérieur techniquement va vite changer la donne. Pour autant le vinyle n’est jamais vraiment mort, d’abord parce que c’est un objet à part entière et qu’en tant que tel il a toujours été prisé des collectionneurs ; certaines éditions à tirage limité atteignent d’ailleurs des prix records. Autre raison notable de cette survie, le scratching cher au DJ.

Mais les raisons profondes de ce retour en grâce sont avant tout lié au fait qu’écouter un vinyle est une véritable expérience où l’homme est acteur avant d’être spectateur. D’abord il y a la recherche de l’objet chez les disquaires, la découverte de la pochette et de son graphisme qui prend une toute autre ampleur par rapport au CD. Puis il y a le rituel avant l’écoute, le positionnement sur la platine qui demande une grande attention (le vinyle étant très fragile) et enfin la dépose du bras sur les sillons. Toutes ces étapes replacent, à l’heure du tout numérique, l’humain au centre de l’écoute, aiguisent son attention et renforcent le sentiment de posséder un objet d’exception.

Plus pêchu, plus brut

Passons à l’écoute, et là, vous pensez forcément au fameux crépitement, souvent perçu comme un défaut, à tord. La plupart du temps un nettoyage du vinyle permet d’éviter le phénomène, mais au fond, cela fait partie du charme de l’objet. Concernant le son, la principale différence avec les autre supports  est que le vinyle est un disque analogique qui, contrairement au numérique, ne nécessite pas un échantillonnage du temps. Concrètement, cela se traduit par une précision du son nettement supérieure à un CD classique et qui permet souvent d’entendre l’acoustique de la pièce d’enregistrement. De plus, les caractéristiques du vinyle et le soin apporté à sa gravure permettent également d’apporter à des seuils audibles de nombreux sons inaudibles sur CD. Et là est toute la différence car, bien que techniquement, le CD soit bien supérieur (en gamme notamment), à l’écoute d’un vinyle, l’auditeur perçoit un son bien plus fourni, détaillé mais aussi plus pêchu, plus brut. Tout cet ensemble crée l’Expérience vinyle.

CdD’un point de vue commercial, de nombreux groupes ont d’ores et déjà abandonné l’édition des CD 2 titres pour privilégier le 45 tours. Pour les albums, toutes les nouveautés sortent déjà en vinyles et ceux qui étaient parus seulement en version CD au moment de leur sortie commencent à être réédités. Alors certes le format mp3 peut être utilisé à tout moment et à tout endroit et contentera beaucoup de monde, mais il ne saurait en aucun cas satisfaire les audiophiles et autres amoureux de beaux objets dont je fais partie. Finalement, le secret est peut être dans la formule Vinyle + Clé USB (ou coupon de téléchargement), déjà utilisé par quelques formations…vinyle chez soi pour savourer et mp3 pour se déplacer.

Dans tous les cas, on peut se demander quelle place trouvera le CD dans le futur.

A méditer.

Join the conversation! 3 Comments

  1. Moi, je suis toujours à l’époque du mange-disque…orange, avec une poignée noire, que mon papa et ma maman m’avaient acheté pour mon anniversaire…ouhla, y a longtemps !!!

  2. Dans un autre registre j’ai entendu une version remasterisée du « Please please me » des Beatles, on a l’impression de goûter à un aliment sans saveur… Le rendu était très froid.
    Avec la dématérialisation en cours, aimer les objets, les livres, les disques,… va devenir une attitude « de luxe » non ?

  3. Effectivement le danger est que chaque objet devienne un luxe. Mais en même temps, je pense que le côté dématerialisation est pour beaucoup dans le retour au premier plan d’objets comme le vinyle. Voir, toucher, sentir, écouter, voilà un ensemble de sentiments que l’on peut associer à un album pressé sur Vinyle. Car il ne faut pas oublier que la musique elle même n’est pas quelque chose de matériel.
    Le tout est d’avoir le choix.
    Sinon de quelle version parle tu pour les Beatles?

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