Ralph Lauren

Ralph LaurenLa passion pour les vieilles automobiles a pour moi toujours été un mystère, au même titre qu’une collection de timbres. Mais à travers la collection de Ralph Lauren actuellement au musée des Arts décoratifs, je suis rentré dans un univers qui relève certes de la nostalgie d’une époque bénie et révolue mais surtout de l’amour du sport et du beau.

Une passion pour nostalgiques ?

Personnellement, j’ai trouvé la passion pour les vieilles voitures un peu ringarde. Pourquoi s’extasier sur une voiture qui ne dépassait pas les 100km/h, au confort relatif et au design sans grande prétention. C’est comme si un passionné de vélo se ruait sur le premier modèle de draisienne ou de grand-bi pour en admirer les subtilités. Pour moi, rien d’excitant.
Puis Les Vilains m’ont convaincu de découvrir la collection de Ralph Lauren à la croisée entre art, mode, sport automobile et design. Il n’était plus question de voitures seulement mais plutôt des histoires qu’elles racontent sur leur époque.

La compétition

Ferrari 250 Testa RossaAu cours du 20ème siècle, beaucoup de véhicules n’ont été conçus que pour la compétition.
La Mille Miglia, les 24h du Mans ou tout simplement la barre mythique des 200km/h ont motivé les ateliers de développement à créer des moteurs plus puissants, à améliorer des châssis, à optimiser l’échappement, à affiner l’aérodynamisme.
L’exposition Ralph Lauren est un témoignage de l’histoire automobile. 4134C. Ainsi la Ferrari 250 Testa Rossa s’est elle imposée au Mans en 58, 60 et 61. Le design aérodynamique s’inspirait de la torpille. Les ailes ne recouvraient pas les pneus pour permettre à l’air de mieux refroidir les freins du bolide qui pouvait filer à 270km/h… Il n’en existe que 34 exemplaires.

Jaguar XKSSLa Jaguar XKD, fut deux fois victorieuse aux 24 heures du Mans en 1955 et 1956. Le modèle marqua tellement les esprits, qu’une version « route » fut créée en 18 exemplaires, la Jaguar XKSS. Au passage, elle aura gagné un pare-brise, une capote, des pare-chocs, un habitacle « plus civilisé » mais perdu la dérive qui la rendit célèbre.

Alfa Mille MigliaEnfin, l’Alfa Mille Miglia de 1938 incarne à elle seule, l’esprit de compétition. L’Italienne porte ainsi le nom de la célèbre course des « milles Milles » qui se courait sur route ouverte avant la Guerre. Les ailes sont profilées comme des gouttes d’eau pour l’aérodynamisme. Elle est considérée comme « la plus prestigieuse des Alfa Romeo de Gran Tourisme d’avant-Guerre ».

 

L’art

Bugatti AtlanticEn automobile, on parle souvent de design, de tendances, de lignes. Pourtant lorsqu’une voiture ne se regarde plus mais se contemple, celle-ci devient une oeuvre d’art.
C’est ce que l’on ressent en observant la Bugatti Atlantic de 1938. Une sculpture française (s’il vous plaît !), produite à 4 exemplaires qui pouvait atteindre les 200 km/h. Un bijou, original jusque dans la forme des portes qui remontent sur le toit et des fenêtres inspirées des hublots d’avions, dont on ne se lasse pas.

Jaguar XKDLa Jaguar XKD de 1955, aurait du être une fusée. Son aileron, totalement atypique, profilé et asymétrique allait à l’encontre de ce que l’on imaginait pour une auto. Et pourtant elle roulait, très vite, grâce à cet aileron qui lui faisait gagner en stabilité, en vitesse (15km/h) et Les 24 heures du Mans, trois fois de 1955 à 1957. Une véritable d’œuvre d’art dont il existe seulement 10 exemplaires.

 

L’Histoire

Porsche 550 SpyderLa Porsche 550 Spyder incarne à elle seule une histoire, celle de James Dean.
Luttant aux cotés des Maserati et des Ferrari dans différentes courses américaines, la Spyder s’est cependant tristement illustrée dans un accident de la route. C’est dans cette automobile qui incarne désormais « La fureur de vivre », que James Dean s’est tué en roulant à 90km/h sur une route californienne. Elle est aujourd’hui le sujet de plusieurs légendes comme la malédiction de la Porsche 550 Spyder.
Produite à 90 exemplaires, elle demeure une pièce majeure de l’Histoire automobile.

Une collection pour l’Histoire

La collection de Ralph Lauren, n’est pas une énième collection de voitures. C’est un rassemblement d’œuvres d’art, une histoire qui raconte que l’automobile a autrefois été plus proche de l’artisanat que de l’industrie. Des pièces conçues par quelques hommes qui voulaient des voitures belles, rapides et inoubliables.
Cette collection est unique. Au même titre que les toiles de grand maîtres.

Un grand merci à Guillaume et à Jacques Gavard (jacquesgavard.com) pour les photos.

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