18 janvier 2006

# La jeune fille 2/2

Deuxième et dernière partie de la nouvelle. Vos propositions de titre sont toujours les bienvenues.

Julie a rejoint ses amies. A l’entrée de la boîte, les jeunes filles contournent la file d’attente et embrassent le portier qui leur réserve un chaleureux accueil. La présence de jolies jeunes filles est toujours appréciée dans l’établissement.

Les jeunes filles fendent la foule, portées par les basses de la musique électronique. Elles cherchent le regard des hommes en feignant l’indifférence et avancent vers un coin exposé.

Sur la piste, Julie se sent femme. Ses petites contrariétés quotidiennes s’envolent : les profs et leurs devoirs, les histoires de gamines, les garçons désespérément immatures, les querelles de ses parents. Un groupe de jeunes hommes entourent les reines d’un soir, les taquinent un peu. Elles, alternent rires et dédain, perpétuant ainsi les rites de séduction féminins. Elles acceptent finalement une invitation à leur table. Eux, ont 18 ou 19 ans. Ils ne sont pas vraiment beaux garçons, mais une fois de plus cette situation permet aux jeunes filles de boire à l’œil et de ne pas dépenser l’argent qu’elles n’ont pas. Julie rit, Julie s’amuse, Julie boit, Julie danse. Sur la piste, les stroboscopes et l’alcool ralentissent les mouvements des danseurs soulignant leurs visages flous et distordus. Le cœur de Julie prend le rythme syncopé des basses trop fortes. Sortir et emplir ses poumons d’air frais. Retrouver ses esprits. Le regard de Julie balaye la foule à la recherche de ses amies. Le décor accompagne mollement son mouvement de tête, comme affecté d’inertie. Elle se raccroche à deux garçons qui lui proposent de sortir.

Julie se retrouve dans la voiture d’un des deux jeunes. « Trop froid dehors » lui avaient-ils glissé. A l’arrière du véhicule, la tête calée dans ses mains, Julie tente de réunir ses pensées. L’un des jeunes tente de l’embrasser. Elle évite et proteste mollement.  Se tournant vers lui, elle voit ses lèvres bouger mais ne comprend pas les mots marmonnés par l’adolescent. Il revient à l’assaut, encouragé par son acolyte. Julie voudrait partir, mais ses gestes sont trop lents, ses pensées trop embrouillées. Elle est prise en étau entre les deux garçons. Leurs visages souriants se sont fermés. Leurs mains trop pressantes se sont glissées sous le tissu de ses vêtements. Elle se débat. Vainement. Ils sont plus forts. Julie ouvre la bouche. Une main étouffe le cri naissant. La peur rend la lucidité à Julie, mais paralyse son corps. Julie comprend. Elle aimerait tant être avec maman.

FloW

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