La Barbie

La BarbieCertaines marques comme Ralph Lauren ou Abercombrie se seraient bien passés d’être à l’affiche de la « Narco fashion week ». Cet événement fictif bien sûr, regroupe les styles des narco trafiquants mexicains au moment de leurs arrestations. La marque au joueur de polo et celle à l’élan y sont très présentes et commencent à être identifiées « Narcos ».

Biz+Buzz =??

Vaut-il mieux un bad buzz que pas de buzz du tout ? Sur la question, chaque service marketing a son avis. Mais lorsque la très bourgeoise marque américaine Ralph Lauren incarne l’image et le style narcotrafiquant mexicain en état d’arrestation, il y a fort à parier qu’elle se passerait volontiers de cette publicité.
L’histoire commence en août 2010 dans un total anonymat avec la capture de la Barbie. De son vrai nom, Edgar Valdez Villarrea est un des lieutenants d’un cartel mexicain, Los Negros. On lui doit un trafic de drogue international et l’assassinat de 150 personnes environ.
Gang narcosPour l’anecdote, son surnom lui vient du fait que, plus jeune, Edgar Valdez ressemblait à Ken, le petit ami de Barbie.
Bref, la Barbie est arrêté et pose pour la photo, comme un vulgaire président du FMI, menottes au poignets, entouré par la police, large sourire aux lèvres et polo Ralph Lauren vert largement reconnaissable.
Quatre mois plus tard, Jose Jorge Balderas Garza, plus connu sous le nom de El JJ, également membre du gang de la Barbie et assassin d’un footballeur paraguayen est lui aussi arrêté, portant le même polo… en bleu.
Six autres suivront toujours avec du Ralph Lauren sur la photo…
Abercombrie & Fitch a également subi le même sort dans une moindre mesure.

Des modèles de réussite sociale

negro y azulDevenus des icônes comme tant d’autres, les narco trafiquants ont donc suscité une mode autour de ces polos, qui s’échangent contre 15$ sur les marchés. Les gamins portent ces copies pour ressembler à leurs nouveaux modèles. Dans un pays en crise et miné par la corruption, les narcos incarnent la frange de ceux qui réussissent, s’attribuant par la même tous les attributs de la bourgeoisie. Une « réussite » qui suscite le respect chez les plus jeunes.
La narco culture avait commencé à se développer à la fin des années 2000 avec la musique principalement. Les groupes de mexicains sponsorisés, jouaient à la manière de troubadour de villages en villages, des chansons relatant les « exploits » des narco trafiquants. Un exemple est d’ailleurs visible dans la première saison de Breaking Bad, où la « ballade d’Einsenberg » est chantée par les Mexicains de Negro y Asul.

Etude de cas: Lacoste

En tout cas, pendant que certains chantent des comptines mexicaines, le service marketing de Ralph Lauren doit sûrement s’arracher les cheveux pour savoir comment enrayer le phénomène narco.
Par le passé, en France, des marques comme Lacoste ou Helly Hansen avaient du lutter et patienter afin de changer leurs images. Leurs vêtements étaient alors portés par les jeunes de banlieue. Des cas d’école qui s’apprennent désormais en marketing.

Pour finir sur une actualités plus sympa de Ralph Lauren, les Vilains vous préparent quelque chose autour de ça