Vous connaissez mon attrait pour la nouvelle scène française… il faut croire que le vivier est inépuisable puisque de nouveaux artistes, tous plus talentueux les uns que les autres inondent le web. Impossible d’être exhaustif donc mais je vous propose d’en découvrir trois en lesquels je crois fermement.

Cascadeur

Cascadeur2On commence par celui que vous connaissez peut être déjà, « l’homme casqué » plus connu sous le nom de Cascadeur qui bénéficie déjà d’un vrai succès d’estime. Gagnant du concours cqfd des Inrocks en 2008, l’homme a depuis affiné sur scène les contours de son univers, atypique. Avec un nom aussi évocateur et en évoluant en permanence masqué comme un catcheur ou casqué comme un pilote de chasse, on était en droit de s’attendre à une musique brutale, il n’en est rien. Si cascade il y a, il s’agit bel et bien ici d’une cascade d’émotions, accentuée par le mystère qui entoure le personnage. Quelques fragiles notes de piano, une voix haute perchée et Cascadeur vous pétrifie en plus temps qu’il n’en faut pour le dire. Ses apparitions live complètement fascinantes viennent compléter l’attirail d’un artiste déjà accompli.

A découvrir son premier EP Walker

Baden Baden

Baden BadenOn poursuit dans un autre registre avec Baden Baden, 4 garçons qui viennent également de sortir leur premier EP : « 78 », deux ans après leur formation. Un maxi composé de merveilles pop savamment orchestrées, et oscillant entre anglais et français dans le texte. Cet exercice linguistique qui, en général, tourne à la catastrophe, apporte un vrai supplément d’âme au disque ; je me suis par exemple surpris à reprendre à tue-tête « Tout est bien », une vraie preuve d’efficacité. Des mélodies entêtantes, une mélancolie sous jacente et un rayon d’action si vaste qu’à chaque morceau de nouvelles références viennent à l’esprit (Nada Surf, Death Cab For Cutie, Sigur Ros…) sans pour autant altérer l’homogénéité de l’ensemble. Déjà la grande classe, il n’y a qu’à écouter « Anyone » pour s’en assurer.

Cheval Blanc

Cheval Blanc RévolutionOn finit par un artiste non signé : Cheval Blanc qui a publié en octobre son second EP digitale : « Révolutions », faisant suite au bien nommé « Révélations ». Moi qui suis rarement touché par la chanson française, j’ai trouvé en Jérome Suzat-Plessy, une vraie différence. La simplicité guitare sèche / piano / voix paye encore, avec un vrai supplément d’écriture. D’une grande tristesse mais aussi d’une immense richesse poétique, Cheval Blanc propose un voyage aussi existentiel qu’essentiel dans la Vie. Toujours habités, les morceaux titillent notre imaginaire et donnent à réflexion, s’approchant parfois du dernier Benjamin Biolay (« Du Chaos ») ou prenant par la main l’auditeur pour vivre « Ma Ville ». Une chose est sûre, avec un diptyque pareil, chacun pourra après ces révélations, faire sa révolution.

En écoute intégrale sur Deezer