Two door cinema clubDécidément 2010 s’annonce comme un grand cru en terme de musique atmosphérique tranchante. Après Delphic et Yeasayer voici venir la galette du groupe le plus buzzy de ces dernières semaines : Tourist History des Two Door Cinema Club. Et tout comme Delphic, c’est chez Kitsune que le groupe a posé ses valises remplies de tubes.
Précédé par quelques singles imparables parus l’année dernière : « Something Good Can Work », « I Can Talk », Tourist History est, disons-le d’emblée, à la hauteur des attentes qu’il a suscitées.
Les dix chansons qui composent l’album sont au niveau de ces deux hits et sont donc autant de tubes potentiels.

En cela, le parcours de Two Door Cinema Club ressemble beaucoup à celui de Bloc Party ; mais la comparaison ne s’arrête pas là car on retrouve chez les Irlandais cette même capacité à délivrer des riffs et des refrains aussi ravageurs que fédérateurs.

Des hymnes taillés pour les stades

L’album se déguste d’une traite et a, entre autres, été mixé par notre Philippe Zdar national (Cassius) qui, décidément, est sur tous les fronts puisqu’il avait déjà officié sur l’excellent Wolfgang Amadeus Phoenix. C’est donc sans surprise que l’on retrouve sur Tourist History des similitudes sonores, notamment électronique, avec le dernier album des Versaillais.  D’autres formations me sont également venues à l’esprit comme The Postal Service version électrisée (I Can Talk), Late Of The Pier, Friendly Fires ou encore Foals. Mais la vérité est que Two Door Cinema Club, sans rien inventer, réussit à réunir en 30 minutes tous les ingrédients d’un cocktail explosif : prenez des rythmes endiablés, des guitares aiguisées, des refrains à reprendre tous en cœur ; mélangez le tout et vous obtenez des hymnes taillés pour les stades (dans le sens positif du terme).

Ce disque, notamment de part sa capacité de percutions, est résolument fait pour être partagé, pour le plaisir d’être ensemble, de vibrer et de communier. Il s’en dégage un sentiment de liberté, de légèreté d’une sincérité absolue.

Le trio a insufflé une telle urgence à chacun des titres que l’album semble avoir été conçu aussi rapidement que le temps qu’il dure. Reste à savoir  si l’on aura toujours le même plaisir à revenir sur ce disque dans un an.
Mais pour le moment ne boudons pas notre plaisir et au moment même où j’écris ces lignes, casque sur les oreilles et sourire aux lèvres, mon envie la plus secrète est de traverser l’écran pour vous rejoindre et danser frénétiquement avec vous. C’est ça la promesse de Two Door Cinema Club.

Et comme dirait mon compagnon littéraire du moment : Baudelaire, « la simplicité absolue est la meilleure manière de se distinguer ».
Buzz mérité donc et succès annoncé…

En écoute : I can Talk
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Pas chroniqué mais vivement conseillé :

Memory tapesSeek Magik de Memory Tapes : sorti l’an dernier l’album de l’américain Dayve Hawk est enfin distribué en France (depuis le 15 février) et ce n’est pas trop tôt. « Bicycle » apparu sur la dernière compilation Kitsuné donnait déjà l’eau à la bouche mais l’album dans son ensemble est un pur délice d’electrodreampop. Pour les amateurs de voyage intergalactique : divin et indispensable !

Ramona FallsIntuit de Ramona Falls: autre album sorti outre-Atlantique l’année dernière et qui paraît en France ces jours-ci, Ramona Falls est en fait le projet de Brend Knopf du groupe Menomena et Intuit s’avère être le penchant idéal de l’album de Two Door Cinema Club : mélodies complexes et d’une richesse incroyable, mélange d’acoustique et d’électrique. On pense aux Flaming Lips parfois, à Arcade Fire, à Grizzly Bear parfois. Un disque indie qui se révèle encore après 100 écoutes…

LightspeedLife Is Sweet! Nice To Meet You de Lightspeed Champion: après la révélation qu’a été Falling Off The Lavender Bridge, Dev Hynes poursuit son petit bonhomme de chemin sur ce 2ème album qui s’inscrit dans la continuité du premier. Moins surprenant donc mais toujours autant de plaisir à l’écouter.

Massive attackHeligoland de Massive Attack: après Portishead, c’est au tour de Massive Attack de réapparaître. Heligoland sans être une claque comme a pu l’être Third est un retour aux fondamentaux réussi avec une pléiade d’invités prestigieux (Damon Albarn (Gorillaz, Blur), Tunde Adebimpe (TV On The Radio), Horace Andy, Guy Garvey (Elbow)…)

Fools GodFool’s Gold de Fool’s Gold: dans la veine métissage culturel, Fool’s Gold insuffle du soleil à sa musique, pas très étonnant quand on sait qu’ils viennent de Los Angeles. Leur afropop chantée en hébreux est un brassage vitalisant et enthousiasmant, contraste entre une musique enjouée et des paroles souvent sombres.

Join the conversation! 3 Comments

  1. En concert le 3 juin prochain à la cigale

  2. Bonjour David,

    Je poursuis « les vivement conseillés », je ne sais pas/plus si tu les a chroniqués mais en ce moment, je suis sur OUTSIDE ROYALTY.
    La belle Opé-marketing du sticker de l’album affirme que ce nouveau groupe (?) va rapidement « mettre au placard » les : Franz Ferdinand, Kasabian, Razorlight, Bloc Party…
    Ils font la Première partie des Cranberries et la Presse Britannique est plus qu’élogieuse.

    A la première écoute, il y a effectivement quelque chose…
    A approfondir.

    A très bientôt.

    Donovan

  3. Hello Donovan,

    Je ne connais qu’un ou deux titres d’Outside Royalty pour le moment.
    Je vais écouter leur album attentivement, merci pour l’info.
    En revanche sur l’opé marketing et à partir des chansons que j’ai entendues, les comparaisons me paraissent vraiment hasardeuses.
    Le sticker vient de la presse britannique, pas de doute la dessus…

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