L’addiction est le moteur même des séries. Les auteurs doivent relever le défi de garder un téléspectateur fidèle durant toute une saison. La tâche est loin d’être aisée.
Dans un premier, il faut accrocher le téléspectateur sur une durée relativement courte. Durant ce laps de temps, il faut pouvoir appliquer le modèle classique : exposé de la situation initiale, élément perturbateur, nœud, résolution, conclusion. Les dramas ont l’avantage de durer une heure et que chaque épisode soit la suite du précédent. Mais pour les sitcoms et les anthologies, c’est plus difficile car l’indépendance de chaque épisode autorise le téléspectateur à manquer des épisodes.
Il faut relever ce défi de ramener le téléspectateur d’une semaine sur l’autre devant son téléviseur. Mais le plus dur consiste à le fidéliser d’une saison sur l’autre. Ce sont des mois qui séparent deux saisons !
Malheureusement, je ne connais pas la recette qui nous fait scotcher devant une série, si ce n’est le fameux « cliffhanger », ce retournement de situation qui nous laisse sur notre faim, en fin d’épisode ou de saison. Je crois que la série championne en termes de Cliffhanger est « Prison Break ». Scofield nous a quand même bien baladé d’épisode en épisode, toujours à deux doigts de s’évader, mais toujours contraint de reporter son plan…
Mais le retournement de situation ne suffit pas, il faut une alchimie particulière : une ambiance, des personnages, une esthétique particulière et un scénario béton. Car sans scénario béton, pas de passion. Le problème, c’est que les scénaristes ne savent jamais si une série va marcher. On leur commande un pilote, puis on leur dit : « ok pour une saison, on verra après ». Alors ils pondent un scénario, et miracle la série cartonne. Du coup, la chaîne commande une deuxième saison. Et là les problèmes commencent : si les scénaristes étaient confiants en eux ou disposait d’une matière pouvant s’étaler sur plusieurs saisons (Desperate Housewives), il n’y avait pas de souci de rupture dans l’histoire. Mais pour des séries reposant sur un concept bien précis c’est une autre paire de manche.
C’est le cas de Lost, où les survivants finissaient par tourner en rond sur leur île ou Prison Break, où une fois les prisonniers évadés il devient difficile de garder le côté oppressant et l’atmosphère qui ont fait le succès de la série.

En conclusion, la capacité d’une série à nous rendre accros relève d’une véritable alchimie. Et paradoxalement, l’addiction est une des raisons qui motive le téléchargement (pour les plus impatients), et qui donc remet en cause le modèle économique sur lequel est basé l’industrie des séries…

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